Arthur Perole, un chorégraphe amoureux de la danse

C’est Le chorégraphe du moment, ou plutôt pour un certain moment ! Arthur Perole (Cie F) reçoit toutes les attentions de la profession et les nôtres. Rencontre avec cet amoureux de la danse.

Scarlett ©Nina Flore Hernandez

Scarlett ©Nina Flore Hernandez

Arthur Perole… si vous ne le connaissez pas encore, ça ne saurait tarder. Cette année, vous pourrez croiser sur les routes, Stimloss, reprise de sa création de 2014, Scarlett, en création les 1er et 2 décembre à Klap – Marseille, et l’année prochaine, Rock’n Chair à la Scène Nationale Le Merlan – Marseille.
Ces trois propositions, si différentes soient-elles les unes des autres, ont cependant un point commun, celui de l’écriture. En effet, pour Arthur Perole tout se retranscrit dans un carnet ou sur des feuillets. Il fait partie de ces chorégraphes qui écrivent la danse, dans un souci de transmission et d’héritage. Et c’est l’amoureux de la danse qui parle, lui qui est arrivé à cet art par le cirque, qu’il a pratiqué à partir de 3 ans ! Du cirque à la danse, il a fallut choisir à un moment donné. La danse a été une évidence.

Nous avons échangé autour de la question cruciale de la relation du public avec la danse, art souvent malmené par le leitmotiv « on ne comprend rien ! ». Arthur Perole a cette formulation pour accompagner à la découverte de cet art : celle de fabriquer le regard.
S’opposant à l’idée de livrer les clés d’une compréhension, qui serait la seule et unique, afin d’éduquer celui qui regarde, il souhaite laisser au public toute l’amplitude d’appréhender ce qu’il lui est donné à voir. Les différents ateliers et rencontres qu’il anime se fondent sur l’appropriation de codes et d’interprétation de la danse par le public lui-même. Ce n’est pas étonnant de l’entendre répondre à une question par ces mots : « C’est vous qui voyez cela. Pour moi, c’est autre chose et pour les danseurs, c’en est une autre ».
Fabriquer le regard, c’est donner la liberté à son public de voir ce qu’il souhaite car au final, rien ne semble vrai, rien ne semble faux puisque tout est son contraire.

Arthur Perole compte, parmi ses bonnes fées, comme il aime les nommer, Michel Kelemenis et Francesca Polomiato (il a rejoint La Ruche du Merlan – Scène Nationale). Il est un des nouveaux visages de la relève chorégraphique aux idées précises et bien définies. Ceci pourrait lui faire tourner la tête, mais il garde une certaine distance par rapport à l’attente qui se fait pressante autour de lui.
Le besoin de se protéger, il le puise, certainement, auprès de ses danseurs et amis du CNSMDP (conservatoire de Paris). L’idée d’une vraie compagnie, avec des fidèles, se fait jour. Ce qui peut expliquer la force créatrice de ce jeune chorégraphe qui, à n’en pas douter, explorera les multiples facettes du champ chorégraphique.

Arthur Perole, retenez bien ce nom et prénom, nous en reparlerons…

L’interview

C’est lors du Lundi au Soleil, du CDC Les Hivernales (Avignon), qu’a été présenté les quinze premières minutes de Scarlett. Quinze minutes énigmatiques, sensuelles et hypnotiques qui laissent entrevoir l’écriture dramaturgique de la création d’Arthur Perole. Interview.

00.03 : Autour de Scarlett : Beyoncé, Moreau, Marais… les muses selon Arthur Perole
02.03 : Les interprètes-muses et le don de soi
05.43 : Scarlett, le pourquoi du titre
07.34 : Rock’n Chair (création 2016)
10.22 : Stimmlos (reprise – création 2014)

Retrouver toutes les dates de la Cie F ici.

Laurent Bourbousson

Share

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *