Boudoir du Off#1bis – Nabil Hemaïzia – Prêt-à-penser

Le Boudoir du Off tire sa révérence en présence de Nabil Hemaïzia, du Collectif 2 Temps 3 Mouvements. Pourquoi appeler ce boudoir #1bis ? Parce que Nabil Hemaïzia avait ouvert cette rubrique le samedi 5 juillet. Après 23 jours de festival, il convenait de se revoir afin qu’il nous fasse part de ses impressions de ce mois de juillet. La rencontre s’est déroulée à l’ombre des platanes, le dimanche 27 juillet, et on parle festival, projets artistiques et vacances. Le Boudoir du Off #1bis, c’est maintenant et tout de suite :

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Boudoir du Off#14 – Sergi López – Jorge Picó – 30/40 Livingstone – Festival Off Avignon 2014

La rencontre s’est déroulée devant le Théâtre La Luna, à la nuit tombante. Sergi López et Jorge Picó, auteurs de 30/40 Livingstone, nous parlent leur écriture et de leur métier de comédien. Et pour mon plaisir personnel, je leur ai demandé un souvenir de cette pièce. Le Boudoir du Off #14, au clair des éclairages du Théâtre La Luna, avec Sergi López et Jorge Picó, c’est ici :

L’à-propos 30/40 Livingstone :

Vous avez le choix du regard de spectateur que vous allez poser sur cette proposition. Le premier choix étant de regarder uniquement ce qui se passe sur le plateau et de prendre ce que les deux compères vous donnent à voir, le second choix étant de relever les nombreux détails permettant la construction du discours de la pièce.
Une fois le discours reconstruit, je ne pourrais toujours pas vous décrire ce qu’il se passe réellement sur le plateau. 30/40 Livingstone est à la fois théâtre de l’absurde, théâtre de situations, critique de notre société du paraître, théâtre de l’improvisation, fable, conte, rêve éveillé… Ce que je peux en écrire est ceci : la pièce se construit comme un match de tennis (jeu, set et match) avec le prétexte de la recherche de soi à travers la figure paternelle.
Sergi López et Jorge Picó prennent un immense plaisir dans leur forêt dans laquelle ils sèment des cailloux pour mieux retrouver leur chemin. Plaisir partagé autour de ces performances de comédiens.

Laurent Bourbousson
ouvertauxpublics.fr

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Boudoir du Off#13 – Leïla Anis – Filiations ou Les enfants du silence – Off 2014

Leïla Anis, auteur du texte Filiations ou les enfants du silence, nous parle de la création de la compagnie l’œil brun, de son écriture dite du réel, du rapport fiction/réalité et de sa partition de comédienne de son propre texte, sous la direction de Karim Hammiche. Un Boudoir du Off tout en sensibilité…

L’à-propos Filiations ou les enfants du silence :

La proposition Filiations de la Compagnie de l’œil brun est une proposition courageuse et sensible. Courageuse par le fait de -ouvrir les cicatrices causées par l’exil forcé d’un pays, qui n’est plus tout à fait le sien, pour aller vers une terre, qui ne sera pas forcément sienne, et celui de faire parler ; et sensible par le sujet, celui la recherche identitaire, sujet oh combien épineux, tendance communautarisme, mais qui prend de l’ampleur et s’ouvre sur l’universel.
L’écriture de Leïla Anis et la mise-en-scène de Karim Hammiche font de Filiations un spectacle dans lequel peinture, musique, chant, stand-up, jeu théâtral, s’entremêlent pour donner une identité au spectacle, une identité plurielle.
La compagnie de l’œil brun nous lance alors dans une quête du « Qui suis-je ? » ou du « Qui sommes-nous ? », quête qui peut s’avérer longue mais bienfaitrice grâce à l’étonnement et à l’émerveillement qu’elle procure. Il n’est jamais trop tard pour en apprendre un peu plus sur soi, un peu plus sur nous…

Laurent Bourbousson
ouvertauxpublics.fr

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Boudoir du Off #12 – Quentin Defalt – Les Vibrants – Off 2014

Aujourd’hui, rencontre avec Quentin Defalt de la Compagnie Teknaï à l’occasion de la présentation de la pièce Les Vibrants. On retrouve tout cela à la page 35 du programme du Off. Quentin Defalt nous parle de son travail, de son rapport à l’écriture et de l’importance de faire le Off. Le Boudoir Du Off #12, c’est ci-dessous :

L’à-propos Les Vibrants :

Ce qui est merveilleux, avec le foisonnement de propositions que représente le Off, est qu’il existe des rencontres dont on se souviendra. Quentin Defalt en fait partie. Il a créé pour le Off Les Vibrants, d’après le texte d’Aïda Asgharzadeh.
Les Vibrants sont l’histoire de la reconstruction d’une identité perdue (celle d’Eugène, une gueule cassée de la guerre 14-18), des errances humaines (que devient-on lorsque nous ne sommes plus rien ?) et de la recherche perpétuelle d’un endroit meilleur où il fait bon d’être soi.
Avec les astuces trouvées pour donner de la profondeur de champ au plateau, les flash-backs et les voix off, Quentin Defalt emprunte au monde du cinéma bon nombre de codes. De vous écrire alors que les acteurs (Aïda Asgharzadeh, Benjamin Brenière, Matthieu Hornuss, Amélie Manet – extraordinaire Sarah Bernhardt) sont tous à la hauteur de l’enjeu, je peux le faire car j’ai assisté à mon premier film théâtral. L’écriture d’Aïda Asgharzadeh rythme les échanges entre les différents protagonistes de l’histoire qui sont bien plus que 4 au final. 
Quentin Defalt est un metteur en scène méritant toute notre attention car son travail est au début de tous ses possibles, et quels beaux possibles qu’il nous laisse entrevoir…

Laurent Bourbousson

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Boudoir du Off#11 – Luis de la Carrasca / Cie Flamenco Vivo – Off 2014

On retrouve la Compagnie Flamenco Vivo à la page 287 du programme du Off et au Théâtre de l’Oulle jusqu’au 27 juillet. La rencontre s’est déroulée à l’issue de la représentation de Lo esencial.

L’à-propos de Lo esencial :

Le nouveau spectacle de Luis de la Carrasca s’intitule Lo esencial et cela n’est pas anodin. Il nous donne, sur la scène du Théâtre de l’Oulle, une partie de lui-même, sans artifices, sans mensonges.
Accompagné de José Luis Dominguez (guitare) et de Kadú Gomez (cajón et percussions), ce trio formé fait résonner l’âme du flamenco.
La partie dansée est confiée à Ana Pérez et à Kuky Santiago. Si elle sublime le flamenco, lui l’enchante. Ils se livrent tour à tour dans une danse qui résonne comme une déclaration d’amour à cet art si particulier de par ses codes et de par l’interprétation que chacun en fait.
Luis de la Carrasca nous offre un voyage dans son Andalousie où le coeur du flamenco bat très fort. Le retour aux sources a parfois du bon, ici, il est signe de naissance.

Laurent Bourbousson

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Boudoir du Off #10 – Compagnie Les Têtes de Bois – Off 2014

Rencontre avec Valeria Emanuele et Mehdi Benabedlouhab de la Cie Les Têtes de Bois. Ils présentent tous les jours La Mégère apprivoisée à la Fabrik’Théâtre, à 16h00, jusqu’au 27 juillet. L’occasion de parler des 10 ans de la compagnie, de leurs journées marathon durant le Off et de ce festival aux allures si particulières.

L’à-propos La Mégère apprivoisée :

Ce que l’on retient de Shakespeare, le plus souvent, ceux sont ses tragédies et pièces historiques. On en oublierait que Shakespeare a écrit des comédies légères qui amènent le rire tout en égratignant la société dans laquelle il vivait.
Avec La Mégère apprivoisée, la compagnie Les têtes de bois fait sien, le tourbillonnement des comédies shakespeariennes.
Cette spirale entraîne comédiens et public dans une même énergie. C’est une folie qui gagne alors l’ensemble.
Le prologue ingénieux à la pièce, l’entrée en scène explosive de la mégère (excellente Valeria Emanuele dans ce rôle), le décor rappelant le théâtre de tréteaux sans cesse fait et défait, ainsi que les nécessaires respirations musicales à ce rythme effréné font de cette Mégère apprivoisée un divertissement habile et intelligent.
Les comédiens de la compagnie Les têtes de bois s’amusent sur scène et nous communiquent leur bonheur d’être devant nous afin de nous conter cette histoire, ce qu’ils font avec talent tout en prenant quelques libertés. Un savoir-faire rare qu’il convient de croiser.

Laurent Bourbousson

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Boudoir du Off #9 – Sophie Bocquet

Un Bourdoir du Off #9 version radio avec la chorégraphe et auteur Sophie Bocquet de la Compagnie SB.

Un échange dans lequel il est question d’Avignon et de son festival, de sa création Jungle Speed et de danse contemporaine.

Le Boudoir du Off #9, avec Sophie Bocquet, à écouter ci-dessous :


©Chris Kilip pour le visuel Jungle Speed

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Boudoir du Off #8 – Yourik Golovine – Off 2014

Shadowrama est un conte philosophique chorégraphié dans lequel Yourik Golovine interroge nos raisons d’être et bouscule notre perception de la nature humaine. L’émouvant Shadowrama se voit les jours pairs au Théâtre Golovine, jusqu’au 26 juillet. Entretien autour de la création et du Théâtre Golovine avec le chorégraphe et directeur Yourik Golovine :

L’à-propos de Shadowrama :

Vous pouvez ressortir émus de certaines propositions. Shadowrama de Yourik Golovine en fait partie. Accompagné de Ioulia Plotnikova, ce duo agit comme une méditation.
Tour à tour animale, douce et féroce, la composition chorégraphique nous plonge dans un état méditatif pour rechercher notre véritable nature humaine. La création vidéo de Johann Fournier apporte le prolongement aux mouvements dansés et trouve toute sa place dans cette proposition.
Yourik Golovine signe une partition dans laquelle il place l’être humain au centre de son propos et nous démontre à quel point nous sommes des êtres fragiles, composés de particules qui se font et se défont au gré du temps.
Un beau duo pour un moment émouvant.
A voir jusqu’au 26 juillet.

Laurent Bourbousson

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Boudoir du Off #7 – Christian Ubl – Off 2014

Jusqu’au 20 juillet, Christian Ubl présente Zoll au CDC Les Hivernales, tous les jours à 12h00. La rencontre s’est déroulée à la sortie d’une représentation. Questions autour de Zoll, de la visibilité durant le Off et coût de la création… Klap de début :

L’à-propos de Zoll :

Regroupés sous le titre Zoll, Christian Ubl présente I’m from Austria, like Wolfi ! suivi de Shake it out.
I’m from…, solo du chorégraphe, est un passeport dansé. À travers le prisme des images autrichiennes (les pâturages, Mozart…), Christian Ubl témoigne de son attachement à sa culture tout en la raillant. Au-delà de l’amusement que suscite ce solo, il pose la question de notre « né ici » et jusqu’où l’on danserait pour son pays. Jusqu’à la mastication de son drapeau, peut-être…
Avec Shake it out, Christian Ubl s’attaque à la question de L’Europe. L’écriture chorégraphique, portée par les 5 interprètes parfaits (Séverine Beauvais, Aniol Busquets, Marianne Descamps, Joachim Lorca, Joachim Maudet), illustre une Europe en mal de direction. La musique, jouée en live par Fabrice Cattalano et Stéphane Dunan-Battendier, enflamme le plateau sur lequel les drapeaux volent. Tous les interprètes de cet ensemble sont dans une énergie débordante et font de leur acte joué, un acte politique. Tout est millimétré et orchestré pour nous pousser dans la spirale des identités perdues. Du couple franco-allemand au chant européen Joie,joie,joie, Christian Ubl présente une danse engagée qui réveille nos consciences endormies.
Une telle proposition ne se refuse pas. Dépêchez-vous, il ne reste que 3 jours.

Laurent Bourbousson

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Boudoir du Off #6 – Compagnie Théâtre du Loup Blanc – Off 2014

Seul un festival peut nous permettre de voir différentes propositions d’une même compagnie sur la journée. Mon chemin a croisé celui de la Compagnie Théâtre du Loup blanc qui présente Palatine et Nous Tziganes, deux facettes de leur travail. Rencontre à l’issue de la représentation Palatine avec Jean-Claude Seguin et Marie Grudzinski pour parler pièces de théâtre, adaptation et festival off 2014.

L’à-propos de Palatine :

Marie Grudzinski est La Palatine, la belle-sœur de Louis XIV. C’est le portrait d’une femme combative que nous donne à voir la Compagnie Théâtre du loup blanc.
Seule en scène, Marie Grudzinski se livre à une véritable métamorphose. Tout le talent de cette comédienne est au service de cette princesse haute en couleurs. Le choix porté sur les mots dits et la mise en scène ingénieuse sont la force de cette proposition et l’on accompagne La Palatine dans son vieillissement imperceptible mais bien réel.
Jean-Claude Seguin et Marie Grudzinski présentent une Palatine qu’il serait bien dommage de rater.

L’à-propos de Nous Tziganes :

La proposition Nous Tziganes est bien plus qu’un acte théâtral, elle est un acte politique et citoyen. C’est le travail digne d’un ethnologue qu’a accompli Jean-Claude Seguin, en récoltant la parole des femmes tziganes, manouches et roms. Il en a créé une histoire de famille, contée par Maria (Marie Grudzinski, troublante de vérité dans son interprétation).
Elle se fait le passeur de cette culture, de l’histoire de ces voleurs de poules ainsi que celle des camps de concentration. Sur le plateau, la chanteuse Djaïma accompagnée du multi-instrumentiste Nicolas Bras illuminent le propos par leurs chants et musiques. Ce trio nous emporte alors bien loin de là et le camp qui se construit sous nos yeux, petit à petit, ouvre notre horizon.
Cette proposition n’est pas donneuse de leçon mais témoigne de cette culture méconnue de tous. Nous Tziganes vous donne l’occasion de voir ces citoyens de notre Europe.

Laurent Bourbousson

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