Impressions#4 : Les Idiots

Les Idiots. Festival d’Avignon. Cour du Lycée Saint Joseph.

Il y a sur scène des hommes et des femmes différents indisciplinés qui jouent aux Idiots ou qu’ils le sont. Il y a un point de départ : Le film de Lars von Trier.
Confusion des genres. Ils agissent en dehors et dans une société délimitée par des rouleaux de Scotch que les comédiens collent sur le sol. Qui jouent quoi, jeu de rôles multiples. Disciplinés ou révoltés sous les dogmes que l’on peut lire sur des écrans posés de part et d’autre de la scène avant que le spectacle ne commence. Chacun devra révéler en public sa vraie nature, en fait, ce qu’il est vraiment.
Un bordel sur scène avec, en direct, les coulisses. ..ils se déshabillent, s’habillent , fument ou se démaquillent.
Ils jouent à faire l’idiot pour dénoncer. Dénoncer Poutine, la politique, les agissements.
Être ou ne pas être son propre idiot ou le miroir de l’autre. ..Tutu, turlututu, chapeau pointu au son du Lac des Cygnes.

Dessin de Francis Braun

Dessin de Francis Braun

Dire que le Russe peut être un autre, peut être différent avant d’être jugé par le Tribunal.
C’est à la fois criant de vérité et une formidable mascarade débridée.
Constat sociologique et utopique. Les comédiens s’acharnent jusqu’à la limite de leur identité.
C’est un grand bordel où la dérision violente la réalité., mais soudain, à la fin, de vrais trisomiques montent sur scène, tous de TUTUS vêtus .. Une grande claque dans la gueule..et la réalité ne dépasse plus la fiction. On est dans le vrai et c’est terrible. L’utopie devient tangible. Tout est vrai. Ils ne sont plus Idiots. Ils deviennent. Ils sont.

Francis Braun

Les Idiots ©Francis Braun

Les Idiots ©Francis Braun

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