ITW-FEST’HIVER : Laurent Ziveri pour L’Humanité Plage

La compagnie Pop Up Théâtre, basée à Pierrefeu-du-Var, présentera L’Humanité Plage de l’auteur contemporain vivant Stanislas Cotton, au Théâtre du Balcon, les 27 et 28 janvier. Laurent Ziveri, metteur en scène, nous présente ce texte politiquement engagé. Interview.

Thierry Belnet et Aurélien Arnoux ©Georges Spennato

Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à mettre en scène ce texte ?
Laurent Ziveri : Avec Thierry Belnet, le comédien, nous étions à la recherche d’un monologue. Nous en avions trouvé plusieurs mais après les événements du 13 novembre 2015, nous nous sommes dit que notre choix devait se porter sur un texte plus engagé politiquement. Ce texte se devait de mettre au centre de son propos l’idée de la citoyenneté. Nous avons poursuivi nos recherches et lorsque nous avons lu L’Humanité Plage, nous nous sommes dit que nous avions trouvé le bon texte.

Sur le plateau, le public verra évoluer le comédien, Thierry Belnet et le musicien, Aurélien Arnoux. Le texte de Stanislas Cotton contenait-il des indications particulières de mise en scène ?
L. Z. : Non, pas du tout. Lorsque j’ai lu le texte, j’ai entendu la musicalité de son écriture. Il me semblait important de ne pas laisser le comédien seul sur le plateau. C’est pour cette raison que j’ai eu l’idée de ce duo, du comédien avec le musicien. Le rôle d’Aurélien Arnoux est de ramener toujours le public au texte, avec ses sons qui peuvent être parfois dérangeant, comme peut l’être le texte. Mais, il n’est pas uniquement là pour faire de la musique, il a du texte à dire. Ce duo fonctionne parfaitement.

Avez-vous rencontré Stanislas Cotton. Et si oui, a-t-il eu un regard sur votre mise en scène ?
L. Z. : Nous l’avons rencontré très vite et il est venu assister à la création du spectacle. Il suit notre travail et c’est intéressant d’avoir cette relation avec un auteur vivant. Maintenant, Stanislas Cotton est quelqu’un de très réservé. Il nous a laissé prendre entièrement possession du texte. Il nous a vraiment laissé une complète liberté.

Est-ce qu’il y avait une certaine urgence dans le fait de monter ce texte ?
L. Z. : Je ne sais pas si c’était une urgence, mais une nécessité, assurément. Il était nécessaire d’agir et de prendre une parole. Cette prise de parole est une arme contre la violence gratuite, et absurde en fait.

Quels retours avez-vous du public ?
L. Z. : C’est un spectacle qui laisse des traces. Le public en sort touché. Certains sont gênés par ce que le texte raconte car il remet en question notre rôle, celui d’être humain, d’être citoyen. Ça bouscule et c’était le choix.

Est-ce que c’est le genre de théâtre qui vous plaît, celui de bousculer le public ?
L. Z. : Oui, et ça m’a toujours plu. Ce qui m’intéresse avant tout, c’est l’humain qui est dans le déséquilibre, dans la fragilité. Une fois de plus, notre rôle d’artiste est de requestionner le monde. L’Humanité Plage parle de ce qu’il se passe aujourd’hui. Il faut que les théâtres le programment pour faire entendre ces mots là.

Est-ce que vous auriez une phrase pour résumer L’Humanité plage ?
L. Z. : Les mots de L’Humanité Plage sont nos balles à nous.

Vous êtes programmé au Théâtre du Balcon, à Avignon, durant le Fest’Hiver. Votre compagnie est basée dans le Var. Est-ce une opportunité importante ?
Déjà, je suis très content de retourner au Balcon. C’est l’histoire d’une grande amitié avec Serge Barbuscia. Je suis venu au premier Fest’Hiver avec Caligula de Camus. Je suis revenu plusieurs fois jouer au Balcon. Ensuite, pour nous, il est important de sortir du Var. Cela permet de mettre en lumière le travail de la compagnie et il faut le reconnaître, les diffuseurs viennent plus facilement sur Avignon que sur Pierrefeu-du-Var.

L’Humanité Plage de Stanislas Cotton.
Cie Pop Up Théâtre et Zoumaï productions
Mise en scène : Laurent Ziveri
Avec : Thierry Belnet (comédien) et Aurélien Arnoux (musicien)
Les 27 et 28 janvier 2017 au Théâtre du Balcon – 04 90 85 00 80

Laurent Bourbousson

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