Impressions#7 : Angelin Preljocal

ANGELIN PRELJOCAJ – RETOUR A BERRATHAM.

Retour à Berratham - ©FrancisBraun

Retour à Berratham – ©FrancisBraun

Encore une fois, il semble que le décorateur -cette fois c’est le passionnant Adel Abdessemed- a mis des barrières. Barrières métalliques transparentes certes, mais à nouveau le Mur du Palais a été occulté. Il y a eu cette palissade de bois peinte pour Le Roi Lear, il y avait ce mur métallique pour La Mouette de Arthur Nauziciel..
Le rétrécissement du plateau est aujourd’hui hui une habitude récurente. C’est dommage. Ce mur doit faire peur.
Vilar disait au peintre Mario Prassinos qu’il mettait toujours des drapeaux autour de la scène. C’était essentiellement pour retenir le son sur la scène.. jamais pour cacher le Mur.
Angelin Preljocaj, Laurent Mauvigner et Adel Abdessemed: trois pointures pour une reussite espérée.
On pense à ses précédents spectacles, on est obligés de penser à Marguerite Duras, aux Editions de Minuit. ..Laurent Mauvigner y est édité, nous sommes dans ce registre.. ..on pense au Musées ou Adel Abdessemed a exposé « ses Christs barbelerisés ».
Tout y est. Mais ici, dans la Cour, ces éléments sont dissonants, il n’y a qu’une juxtaposition de talents. Il n’y a pas d’intégration, il n’y a pas d’osmose. Il y a des disciplines qui ne s’épousent pas, il y a des chemins parallèles.
Chacun parcours son parcours sans pour autant se rejoindre.
Le texte lancinant ne semble n’être qu’une reprise satirique de M.D. Cet opéra tragique ne fait qu’osciller entre poème épique et tragédie grecque contemporaine. Une fausse intensité empruntée et éphémère.
Après la guerre, ne reste que l’après guerre…la guerre et ses après. Et ses paroles scandées… et des danses parfois magnifiques. Je dis parfois, et c’est toujours lorsqu’il n’y a plus de texte.
West side story, Duras dansée. ..
Des houhous, des sifflets, des spectateurs en colère et certains applaudissent.
Il n’y aura eu dans la Cour monopolisée que des tentatives sans succès.

Francis Braun

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