ITW : Isabelle Martin-Bridot pour la 39ème édition du festival Les Hivernales

Février et son mythique festival Les Hivernales à Avignon, c’est pour bientôt.
Isabelle Martin-Bridot, directrice du Centre de Développement Chorégraphique (CDC), présentera, avec son équipe, la programmation le jeudi 12 janvier. Elle nous en dit un peu plus.

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Boudoir du Off #5 : Bouziane Bouteldja

Bouziane Bouteldja présente Réversible au CDC-Les Hivernales jusqu’au 20 juillet (relâche le 15).

Réversible s’impose par sa force. Il est le spectacle à voir au Off.

Rencontre avec cet interprète touchant, drôle, engagé, en mode radio.

1. L’histoire du solo

2. L’apport de la vidéo

Et le teaser :

Teaser "REVERSIBLE" – Bouziane Bouteldja / Cie Dans6T création 2015 from Juan Luis – Chaîne pro on Vimeo.

Laurent Bourbousson

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CDC Les Hivernales : ouverture du festival et mobilisation

Aujourd’hui, le CDC Les Hivernales ouvre son festival.
On retiendra parmi les propositions Cortex de la compagnie 3637, spectacle pour jeune public quiparle autant aux enfants qu’aux adultes, Lowland du catalan Roser Lopez Espinoza, Réversible de Bouziane Bouteldja et Théorie des prodiges de Système Castafiore.

Aujourd’hui, le CDC Les Hivernales ouvre son festival, oui, mais la mobilisation ne doit pas faiblir et l’équipe nous invite à un rassemblement silencieux le 10 juillet 2015 à 15 h devant le CDC, 18 rue Guillaume Puy pour manifester l’attachement du public, des artistes et des professionnels à ce lieu.

Depuis quelques jours la situation a évolué (un rappel de la situation ici), elle reste toutefois alarmante. Vous pourrez lire ci-après le communiqué de presse du CDC et signer la pétition via un petit clic.

Le Président, le bureau du Conseil d’administration, son directeur et l’ensemble du personnel du CDC Les Hivernales ont pris connaissance des lettres adressées le 1er juillet par Mme la Maire d’Avignon et le 7 juillet par M le Président du Grand Avignon faisant état, l’une et l’autre, d’un soutien qui serait apporté au CDC, en qualité de simple caution, à hauteur de 25% de la somme empruntée pour chacune des deux tutelles.
Le CDC – Les Hivernales remercie Mme la Maire d’Avignon qui atteste ainsi d’un changement de position qui autoriserait dorénavant le CDC à devenir acquéreur du théâtre qu’il loue depuis 10 ans, ainsi que M. le Président du Grand Avignon qui témoigne du soutien qu’il nous porte alors qu’il n’est pas un partenaire institutionnel habituel du CDC.
Le CDC espère ainsi pouvoir sauver cet outil de travail pour la danse, ce lieu, véritable lien social dans le quartier et cet espace qui permet d’accueillir tous les artistes chorégraphiques qui comptent de par le monde.
Malheureusement, ceci est insuffisant et beaucoup reste à faire.
Le CDC doit trouver les 50% de cautionnement restant.
Il doit trouver un ou des établissements bancaires acceptant de lui prêter la totalité de la somme dans ces conditions et dans cette extrême urgence.
Tout ceci devant intervenir avant le vendredi 10 juillet prochain, date fixée par l’actuel propriétaire pour signer son compromis de vente avec un autre acheteur.
Le CDC doit par ailleurs respecter les ratios de son budget puisque, sans mesures d’accompagnement nouvelles, il ne saurait supporter plus de charges de fonctionnement sans entamer sa – faible – marge artistique actuelle.
TOUT CECI A MOINS QUE LES TUTELLES NE DEGAGENT DES SOMMES SUFFISANTES POUR REDUIRE LE MONTANT DE L’EMPRUNT A EFFECTUER, permettant ainsi au CDC d’avoir des charges de remboursement qui n’obèrent pas son action future.
Devant la mobilisation nationale et internationale qui a suivi notre pétition et dont l’ampleur nous a nous même surpris, le CDC attire l’attention de l’ensemble des pouvoirs publics sur l’importance qu’il y a à trouver de toute urgence les moyens financiers nécessaires dans les délais impartis, et ce afin de conserver à Avignon, hiver comme été, une vitrine internationale pour la danse.
POUR CELA NOUS DEMANDONS QU’UNE REUNION PLURIPARTITE RASSEMBLANT ETAT – REGION – DEPARTEMENT – VILLE – COMMUNAUTE d’AGGLOMERATION et les représentants du CDC, se tiennent dans les meilleurs délais, ce qui selon nous est le seul moyen d’élaborer une solution pérenne.
Le CDC rappelle qu’il est faux de croire que nous pourrions nous prévaloir de notre bail, dont l’échéance est hélas proche. Les acquéreurs des locaux ont bien fait savoir qu’ils souhaitaient y mettre fin dans les meilleurs délais…
Le couperet n’est pas loin de tomber.
Cette perspective d’achat des locaux par le CDC est un beau projet pour Avignon, un projet manifestement attendu par la communauté de la danse et surtout un projet auquel le public a le droit.
Plus que jamais, nous invitons les personnes qui partagent notre passion pour la danse de par le monde et notre engagement pour la culture à Avignon à se reporter à la pétition en ligne en la signant. C’est le meilleur moyen de témoigner publiquement de la pertinence de notre projet comme de notre combat pour une pluralité des expressions et des arts à Avignon.
LE CDC – LES HIVERNALES NE PEUT PAS – NE DOIT PAS – PERDRE SON OUTIL DE TRAVAIL

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Vu : Aux Hivernales, « Rien à déclarer du côté du ciel » déroute

Mathieu Heyraud et sa partenaire Céline Larrere ont embarqué le public dans une drôle de variation autour de l’errance des âmes et de la vacuité.

Imaginez vous mort. Drôle d’entrée en matière mais essentielle pour ce qui va suivre.
Les deux protagonistes sont déjà installés en lieu et place lorsque le public pénètre dans la salle : l’une est assise sur un des fauteuils avec son masque de chat et l’autre fait le guet sur le fond de la scène. Le public les remarque ou non, peu importe, ils font parti intégrante de la proposition et cet artifice du visible/invisible, bien que déjà vu, donne à Rien à déclarer du côté du ciel le début d’une réflexion sur l’être humain : Sommes-nous réellement visibles dans nos vies ?

© Cie R/Ô

© Cie R/Ô

Lorsque Céline, affublée de son masque de chat, commence à danser dans les gradins afin de regagner la scène, le silence ne se fait pas. La lumière allumée d’une salle signifie, certainement, que l’on peut continuer à bavarder. Depuis le fond de scène, Mathieu envoie des signaux de lumière grâce à la boîte qui recouvre sa tête. Il est tel le phare en pleine tempête.
La bascule dans le fantastique est certaine lorsque Céline grimpe sur scène. Elle est rejointe par cet autre, provenant du fond, et cherchant son chemin. Comme retenues dans cet entre-deux, ce lieu dans lequel rien n’est advenu et où tout peut arriver, ces deux âmes perdues prennent des allures de malheureux augustes.
Roi et reine en leur temps, que sont-ils une fois dépossédés de leur vie ? Que devient-on une fois que notre existence n’est plus ? Et si nous continuions notre existence une fois défunt, quel aspect aurait cette nouvelle vie ?
Les deux âmes perdues errent sur scène, se cherchent et finissent par se trouver. La fine écriture chorégraphique de Mathieu Heyraud convoque le dadaïsme pour mettre en exergue la vacuité de nos vies sur terre.

C’est avec les yeux recouverts d’un masque que le visage de Mathieu Heyraud apparaît. Il nous renvoie l’aveuglement dont nous sommes pleins et les gestes gauches, hésitants, perdent et laissent échapper toute rationalisation de pensée.
L’enfant que vous étiez ne s’embêtait-il pas quelque fois ? Pourquoi l’adulte devrait-il toujours donner un sens à des actions ? De l’ennui naît alors le véritable enjeu de cette proposition et questionne : mais que sommes nous venus voir ? Nous, tout simplement, nous répondent nos doubles.

Une détonation remet de l’ordre dans cette errance. Ils (nous) ne sont (sommes) plus perdus entre la vie sur terre et ce quelque part, lieu indéfini. Les gestes deviennent plus harmonieux et ce qui semblait être chaos n’est plus car, finalement, mettre un but à tout cela vient à redéfinir notre système de pensée et de faire.

La mise en espace de Rien à déclarer du côté du ciel dans la chapelle du Théâtre du Chêne Noir (Avignon) teinte cette proposition d’un ressenti particulier. En aurait été t-il autrement dans un autre lieu, certainement.
La fausse fin, les dialogues imaginés provenant du public (avec un superbe : « Mais pourquoi ai-je programmé cela ? »), et le lapin, témoin de notre passage vers, confèrent à la création de Mathieu Heyraud une force féconde en imaginaire. Certes, le public a été, globalement, dérouté et a trouvé dans cette proposition la justesse du titre…
Pour ma part, les anges de Win Wenders m’ont accompagné durant cette traversée poétique et Les Idiots de Lars Von Trier n’étaient pas très loin non plus.
Quel plaisir d’être là, uniquement là, pour profiter et laisser filer la pensée librement, sans contrainte.

Laurent Bourbousson

Rien à déclarer du côté du ciel a été vu dans le cadre du Festival CDC-Les Hivernales, le mercredi 25 février au Théâtre du Chêne Noir (Avignon).

Retrouvez Mathieu Heyraud dans Les rencontres

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