Des gestes blancs – 2

Sylvain Bouillet, de NaïF Production, partagera le plateau avec son fils Charlie, pour Des gestes blancs, proposition interrogeant le lien père-enfant en février 2018. Ouvert aux publics suit le processus de création.
Par Camille Vinatier

Des gestes blancs ©Thomas Bohl

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Des gestes blancs – 1

Sylvain Bouillet, de NaïF Production, partagera le plateau avec son fils Charlie, pour Des gestes blancs, proposition interrogeant le lien père-enfant. Ouvert aux publics suit le processus de création.

Atelier « Des gestes blancs » ©Thomas Bohl

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VU : « Au Cœur » de Thierry Thieû Niang

Avant les dates parisiennes de Au cœur (les 23 et 24 octobre au Théâtre Châtelet), Thierry Thieû Niang a ouvert les portes d’une des répétitions au public. Cela se passait au CDC les Hivernales, à Avignon. Camille a assisté à celle-ci. Elle en livre un retour touchant, à la hauteur de la proposition artistique. En ce dimanche après-midi, nous étions tous Au cœur de quelque chose.

Thierry Thieû Niang

Le chorégraphe Thierry Thieû Niang

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38e édition du Festival des Hivernales : la belle programmation de celui qui n’est pas nommé

Avec une extension du Festival les Hivernales Polder-colloque autour de la performance, des jeunes chorégraphes, des expositions, HiverÔmomes, HiverÔclites… l’équipe du Centre de Développement Chorégraphique d’Avignon (Les Hivernales) a présenté un programme riche sans nommer celui qui l’a pensé. Lire la suite

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Vu dans le Off 2015 : Réversible

Bouziane Bouteldja sera incontestablement le danseur-chorégraphe qu’il faudra avoir vu lors de ce Off. Réversible, son solo, est une charge, non pas seulement contre la religion islamique mais contre toutes les religions.

Bouziane Bouteldja apparaît derrière un rideau de fils. Caché, à l’abri du regard, le public le devine. Cette frontière imaginaire peut prendre des allures bien diverses : elle peut être celle qui sépare la sphère intime de la sphère publique, ou bien la Méditerranée, frontière naturelle entre le continent africain et la France, ou encore, être la signification d’un rite de passage, une mue. Il parle avec sa mère, lui dit qu’il sort et elle lui répond qu’elle prépare le repas pour le soir.
Il ouvre le rideau et avance vers nous, vêtu d’un sweat à capuche, et entame une danse mécanique, dans un rayon de lumière. Ses mouvements s’apparentent à une danse militaire. Il se baisse, s’accroupit, se relève. L’appel à la prière devient un appel à la résistance pour lui. Le mouvement se fait de plus en plus saccadé, comme si un grain de sable venait enrayer la parole d’un discours guidant vers une croyance aveugle.
De ces mouvements de prière répétés à l’infini s’enchaînent ceux des danseuses du ventre. Un érotisme certain se dégage de cette danse et met en lumière la friction existante entre cette image sexuée des femmes et la place du religieux dans la société du monde arabe.

Réversible - ©GillesRondot

Réversible – ©GillesRondot

Bouziane Bouteldja partage l’intime lorsqu’il entame ce dialogue, qui semble surréaliste, avec sa mère. Celle-ci lui demande si il est allé à la mosquée. Il lui répond qu’il ira plus tard. Elle lui dit qu’il faut qu’il se trouve un vrai métier, qu’il doit se marier avec une arabe. Les réponses fusent avec un tel humour que l’on se dit que ce dialogue est inventé, créé de toute pièce. Et pourtant, tout est vrai.
Son affranchissement du religieux bouscule. Il respecte celles et ceux qui le suivent, à l’image de sa famille, mais demande de faire le discernement entre les textes sacrés et la réalité.

Reprend alors une danse dans laquelle le chorégraphe a la sensation de se perdre. Avec l’apport de la vidéo, l’errance est réelle. Des images de corps, de médina, défilent sur ce rideau.
Il disparaît à nouveau. Les images éclairent ce corps à quatre pattes. Il avance, rampe, comme pour échapper à. Son apparition d’entre les fils est un moment intense, sulfureux, violent. L’image de cette mise en scène des violences sexuelles envers les femmes, et que lui même a subi étant jeune, reste incrustée sur la rétine. Au nom de quel Dieu peut-on arriver à abuser d’une personne, semble-t-il poser ?

La projection du visage d’un petit enfant (son neveu) le regardant dansé agit comme un jeu de miroir. Il est cet enfant serein et heureux de voir ce qu’il est aujourd’hui. Cette renaissance, symbolisée par une vidéo de corps en apesanteur dans la mer lui permet de reprendre une danse dans laquelle les mouvements de prière ont disparu.

Ce travail chorégraphique, intime, explose tous dogmatismes religieux, à l’heure où les crispations religieuses s’installent de façon omniprésente dans l’espace public. Bouziane Bouteldja mérite toute notre admiration pour danser sa liberté retrouvée.

Réversible, de Bouziane Bouteldja, au CDC-Les Hivernales. jusqu’au 20 juillet (relâche le 15) à 17h30.

Laurent Bourbousson

Retrouvez le Boudoir du Off de Bouziane Bouteldja ICI

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CDC Les Hivernales (Avignon) : Une pétition pour sauver la danse

Ceci est tombé avec un communiqué de presse : le CDC Les Hivernales (Avignon) n’aura bientôt plus de lieu pour exercer ses missions. Un sale temps pour la danse à Avignon s’annonce. Interview expresse d’Emmanuel Sérafini à propos de la situation urgente.

Retour sur l’histoire du lieu :

Si la Ville d’Avignon ne propose pas de plan d’actions pour l’instant, Jean-Marc Roubaud, Président de la Communauté d’agglomération du Grand Avignon, réfléchit à des solutions. Si une certaine mobilisation semble se profiler, il est normal de se poser la question suivante : si ce lieu n’abrite plus le CDC Les Hivernales, que deviendra-t-il ? Certainement, une structure fantôme qui hante Avignon l’année et n’ouvre qu’en juillet.

La pétition sur Change.org

Les actions entreprises par le CDC Les Hivernales

La pétition sur change.org ici

Interview enregistré le mardi 30 juin 2015
Laurent Bourbousson

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Avec Concordan(s)e, l’Homme en pièces détachées.

Invité par le CDC les Hivernales, le festival Concordan(s)e a pris place dans le hall et bibliothèque de l’université d’Avignon pour trois formes dont Jean-François Munnier, directeur du festival, a le secret : il invite un chorégraphe et un écrivain à se partager un espace de création.
Des mots, d’un côté ; des mouvements, de l’autre. Imbriquer le tout et cela vous donne des propositions qui font du bien tant à l’œil, qu’au corps, qu’aux oreilles. Concordan(s)e est une correspondance dansée qui pose au cœur de son propos la relation à l’autre dans différents espaces (intimes, collectif, entre-soi…), dans différentes langues (l’universalité de l’Homme existe bel et bien) et dans bien de diverses interprétations.

Avec Museum of nothing, Jonah Bokaer et Antoine Dufeu s’emparent de la performance de Joseph Beuys, I like America and America likes Me (1974) (il était resté, durant 3 jours, enfermé en cage avec un coyote sauvage pour dénoncer les massacres des peuples indiens par les américains), et en profitent pour mettre l’humain en cage.
Réinterpréter cette performance, la déplacer pour la réinventer dans un contexte différent de son origine, voici le pari risqué que se sont lancés les deux acolytes.
Un cri lancé par Jonah est l’entrée de cette proposition. Il lance un appel à la meute que le public compose.
Ils disent, durant 30 minutes, notre humanité, notre relation à l’autre, nos limites, énumèrent des événements. Les mots d’Antoine Dufeu déclamés dansent, virevoltent.
La cage, au centre de la rotonde pour l’occasion, permet aux interprètes d’entrer et sortir du terrain de jeu, d’inverser les rôles, pour mieux rendre audible la parole de l’universalité. Hier, le coyote urinait sur le Wall Street Journal, aujourd’hui, il en est fait la lecture pour mettre en lumière les drames humains portés à la connaissance des lecteurs. Jonah Bokaer se vêt d’un short de boxe. Il combat l’indifférence de l’humain pour l’humain dans une danse.
Le tout se termine par cet hurlement, lancé au début. L’homme est un loup pour l’homme, il devient son auto-destructeur. La meute ne bouge pas. Elle accuse le coup d’être un peu, voir beaucoup lâche.

J.Bokaer&A.Dufeu ©Delphine Micheli

J.Bokaer&A.Dufeu ©Delphine Micheli

Pour Seule à Seule, le duo Anne-Mareike Hess et Nathalie Ronvaux explorent la relation à l’autre sur un territoire en friche.
A l’aide de page blanche posée une à une sur le sol, toutes deux dessinent une carte, celle d’un territoire à conquérir. C’est la mappemonde de nos relations qui prend naissance.
Les mots de Nathalie Ronvaux sont beaux. La poésie de la relation à l’autre parcourt le corps en mouvement d’Anne-Mareike Hess. Danse spasmodique provoquée par la relation à cet autre. Les « silences qui observent l’autre », métaphore d’un rempart, mettent la distance afin de préserver son jardin, son espace de liberté. Oui, car ce duo questionne l’alchimie nécessaire dans le créer.
Le texte résonne sur les feuilles blanches, prêtes à être remplies de mots, qui témoigneront de leur histoire, de l’histoire de tout un chacun avec son double.

L’hippocampe mais l’hippocampe démontre que quoique l’on fasse, la mémoire court à sa perte.
Cécile Loyer et Violaine Schwarz divaguent sur cet échange autour de l’hippocampe, poisson marin rappelant le port et les plages marseillaises de l’auteur, et la structure corticale, située sous la surface du cortex, emmagasinant la mémoire, notre disque dur en quelque sorte.
Comme une sorte de défi, elles répètent et répètent sans cesse l’écriture chorégraphique, les gestes, et vient le tour des phrases. Il faut relever le dernier mot, répéter la phrase dite, redire le dernier mot de l’autre phrase et ajouter celui-ci. Le corps de Cécile Loyer ne rompt pas sous l’exercice. Il se plie à l’image de la mémoire qui peut flancher.
Violaine Schwarz assimile le mouvement au mot. Bien que l’un ne soit pas lié à l’autre, ils permettent une mémorisation simple et efficace. Ce duo s’amuse avec le public, prêt à leur venir en aide.
Sous ces airs d’amusements, cette proposition souligne à quel point la mémoire, tant convoitée, est fragile et montre la vulnérabilité de l’humain.

Laurent Bourbousson

Programme présenté le mardi 14 avril 2015.
L’ensemble des textes fait l’objet d’une édition chez L’œil d’Or.

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Josette Baïz

Josette Baïz et sa compagnie Grenade étaient à l’Auditorium Jean Moulin (Le Thor), à l’occasion d’HiverÔmomes en février dernier. Venus présenter Welcome, cela a été l’occasion de rencontrer cette grande professionnelle de la danse contemporaine et pédagogue hors pair.
C’est au détour de la question sur les 30 ans des CCN que Josette Baïz lève le voile sur l’ouverture prochaine de…, je vous laisse découvrir cela.

#1 : Welcome et la transmission

#2 : Le Groupe Grenade

#3 : Le projet 2016 et les 30 ans des CCN

Rencontre enregistrée le 20 février dans le hall de l’Auditorium Jean Moulin (Le Thor)

Laurent Bourbousson

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