Avec « On t’appelle Vénus », Chantal Loïal fait rimer danse et mémoire

C’est une soirée rare à laquelle nous convie le Café des sciences pour ses 10 ans, au Théâtre des Halles, le samedi 2 avril 2016. Au programme, une conférence d’André Langaney sur la génétique et le solo culte de Chantal Loïal, « On t’appelle Vénus ».

On t'appelle Vénus - Samedi 2 avril - Théâtre des  halles (Avignon) © Patrick Berger

On t’appelle Vénus – Samedi 2 avril – Théâtre des halles (Avignon) © Patrick Berger

Lire la suite

Share

Vu dans le OFF 2015 : Noir de boue et d’obus

Chantal Loïal retrace un pan d’histoire encore trop méconnu des manuels scolaires, celui des conscrits français, tirailleurs sénégalais, volontaires des Antilles-Guyane au sein de la première Guerre Mondiale.

Ils sont 4, 4 soldats jetés au milieu du marasme sanglant que représente la Guerre de 1914-1918. Ils rampent, se cachent, marchent en rythme. Ces 4 soldats nous livrent leur histoire intime. Histoires de camps, histoires de tranchées, pour une rencontre des cultures qui a pu, qui a peut-être, ou bien qui n’a pas existé.
Une fois dépassée l’idée de l’hommage peut rendre Noir de boue et d’obus à ces hommes, il faut bien prendre en compte tous les contours et enjeux de l’arrachement de ces hommes à leurs terres, pour servir les besoins de l’hexagone.
Leurs patries, quelle soit antillaise, guadeloupéenne ou encore d’Afrique du sud, colonies françaises, ont été un vivier de richesses et de mains d’œuvres (si l’on peut employer ce mot dans ce cas précis) pour combattre l’ennemi dont il n’était pas menacé directement.

NOIR DE BOUE ET D'OBUS, photo by Patrick Berger

NOIR DE BOUE ET D’OBUS, photo by Patrick Berger

C’est de façon brutale que tout se passe. Le froid, la faim, l’isolement, l’abnégation de l’autre (on parle le Moyadi) et la folie font parti du quotidien de ces soldats. Ceci n’est pas de tirer à boulets rouges sur l’état-major de l’époque que de souligner ceci, mais juste de dire, de montrer, de regarder en face la réalité. Oui, ces hommes ont été arrachés à leurs terres, oui, ces hommes ont combattus pour la France, oui, il est temps de se les rappeler à notre mémoire.
Les rares moments de joie vécus dans les tranchées sont la réception d’un courrier, les denrées, les danses, les chants, que l’on se partage pour faire vivre son chez-soi chez l’autre, comme une ouverture vers le monde et montrer l’absurdité de toute guerre.

Chantal Loïal fait ce travail de mémoire autour des cultures d’Outre-Mer, oubliées de notre hexagone, et ravive le vivre-ensemble qui nous échappe. Le public ne peut que vous en remercier.

Noir de boue et d’obus, ts les jours, à 14h30, au Théâtre Golovine.

Laurent Bourbousson

Share

Boudoir du Off #9 : Chantal Loïal

Sa compagnie vient de fêter ses 20 ans d’existence. C’est avec deux spectacles que nous la retrouvons dans le off : On t’appelle Vénus à la Chapelle du Verbe Incarné, et Noir de boue et d’obus, au Théâtre Golovine, que je vous recommande fortement.
Noir de boue et d’Obus braque son projecteur sur ces soldats français venus des Antilles-Guyane, sur les tirailleurs sénégalais, pan d’histoire encore trop méconnue dans la France hexagonale.
Chantal Loïal a été décorée de la Légion d’Honneur en mars 2015.

00:03 : Le solo On t’appelle Vénus
07:07 : A propos de Noir de boue et d’obus
11:29 : La représentation des français d’Outre-Mer dans les institutions

Interview enregistré au Théâtre Golovine
Laurent Bourbousson

Share