Impressions#9 : Samuel Achache

Fugue de Samuel Achache. Festival d’Avignon. Cloître très beau des Célestins.

©Francis Braun

©Francis Braun


Quand on arrive au Cloître très beau des Célestins, on se dit qu’il y a quelques années, un metteur en scène avait déjà posé un décor sur sol de neige. Quelqu’un du nom de Philippe Quesne qui nous parlait de La Mélancolie des Dragons.
Impossible de ne pas y penser dans le premier quart d’heure de la représentation. Décalage et absurdité font bon menage. Nous sommes dans le même registre avec en plus, la musique et les chants recurants.
Il fait très froid et les protagonistes cherchent… ils cherchent l’introuvable comme ceux qui cherchaient le parc d’attractions de Philippe.

Dans la diction et la façon de parler haut et fort, là aussi, on pense à quelqu’un d’autre. Vincent Macaigne bien sûr.
C’est un savant talent que de faire cohabiter ces deux mondes, mais Samuel Achache y arrive. Il y arrive pendant la majeure partie de la représentation, mais à un moment, l’intensité s’évanouit et nous nous évanouissons dans l’ennui avec lui.
C’est l’absurdité et l’impossibilité de trouver l’amour qui les guide. Il fait chaud au Pôle Nord et parfois nous éclatons de rire. Les larons sont hilarants. Leur humour à froid est décapant.
Dans ce Festival où le sérieux est de rigueur, c’est une bouffée d’air frais même si les références théâtrales nous laissent réticents.

Au Pôle nord, le rire est grinçant… peut être un peu gelé. En tout cas, il est décalé, cinglant.
Une baignoire sur la scène, lieu de tous les excès devient un espace de jeu incroyable et c’est un immense plaisir que d’y voir ce grand comédien l’utiliser ainsi… une baignoire qui est, devient le centre du monde.
Il faut bien avoir des parents… Maman Quesne, Papa Macaigne.
Ce sont des références que j’aime bien, mais bon…faudrait s’en détacher maintenant.

Francis Braun

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