Vu #OFF16 : le Maxi Monster Music Show réveille les monstres

Le groupe alternatif Le Maximum Kouette livre le truculent Maxi Monster Music Show, monstrueusement efficace. Retour.

Les Maxi Monster (de g. à d. : Geneviève Thomas, Benoît Delacoudre, Antoine Tiburce et Solange de Dianous) © Hervé Photograff

Les Maxi Monster (de g. à d. : Geneviève Thomas, Benoît Delacoudre, Antoine Tiburce et Solange de Dianous) © Hervé Photograff

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Boudoir du #OFF : François Chaffin

C’est LE spectacle qu’il faut avoir vu avant de quitter Avignon. Je suis contre la mort engage à une lutte pour la vie de tous les instants. Rencontre avec François Chaffin.

Je suis contre la mort © Ernesto Timor

Je suis contre la mort © Ernesto Timor

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Parce que

Apres cette semaine vertigineuse, tout le monde sait que rien ne sera plus comme avant, même si nous continuons à vivre droit, la tête haute, tout en faisant semblant de.

Parce que ça fait mal, les nuits sont plus courtes et la réponse au pourquoi des actes, s’il doit y en avoir une ou plusieurs face à l’irrationnel des ces attentats, ne contentera pas l’humain touché dans son plus profond sentiment de vie. Parce que nous savons aujourd’hui que cela peut se reproduire à nouveau, il est urgent d’interroger le citoyen que nous sommes dans ce monde.

Parce que ça fait mal, et qu’apparemment nous sommes sommes des êtres doués de raison, il est urgent de se mettre face à la complexité de notre monde. Car effectivement, la binarité tant voulue par certain, n’est plus à l’ordre du jour. Il n’est pas question ici de faire un cours de géopolitique, encore moins de partir en guerre afin de débusquer ceux qui ont laisser faire jusqu’ici, ceux qui ont commis ces crimes horribles.

Parce que ça fait mal, le monde, du moins la France ne sera plus comme avant car nous avons tous été atteints par cette vague d’une violence extrême. Les fonctions régaliennes de l’Etat Français ont été mises à mal au plus proche de ce en quoi notre vivre-ensemble repose.
Parce que cela fait mal, il est impensable de regarder sans une certaine nausée cette image prise à l’intérieur du Bataclan qui circulait le surlendemain des attentats sur les réseaux sociaux. L’ère de la communication, à vitesse grand V, ne laisse plus le temps à l’internaute de comprendre, d’analyser, les événements et encore moins à savoir si le partage de telles ou telles informations peut heurter. Tout ceci pour être à l’affût d’un clic ou d’un j’aime.
Parce que ça fait mal, il est indispensable de savoir comment nous voulons vivre. Le comment interroge même alors la complexité du monde politique, du monde social, du monde économique auquel nous prenons part.

Je pense à certains films vus, tel que Wadja, l’histoire de cette petite fille de 12 ans, vivant à Ryiad dans un milieu conservateur, tout en portant jean, baskets et écoutant du rock, avec pour seule envie d’acheter un vélo, moyen de locomotion réservé uniquement aux hommes dans le royaume wahhabite, ou encore aux Chats persans, qui raconte l’histoire de jeunes qui veulent monter un groupe de rock en Iran, où la musique est bannit.
Je pense au formidable concert de Ibrahim Maalouf, programmé début d’octobre à la scène nationale La Garance. Ce fut un moment de partage, d’écoute, durant lequel il a permis à un auditoire d’entendre, de découvrir, sa musique inspirée d’Oum Kalthoum mais aussi, du joueur syrien Samir Homsi.
Et surtout, parce que j’ai mal, je me raccroche au spectacle vivant qui questionne et apporte, par certaines propositions, des réflexions sur notre époque, sur notre vivre-ensemble. Certains textes me reviennent en tête, Froid de Lars Noren, Femme non-rééducable de Stefano Massimi, Afropéennes d’après Blues pour Elise et Femme in the city de Léonora Miano, Discours à la nation de Ascanio Celestini (dont vous pouvez écouter le spectacle ici), La Menzogna de Pippo Delbono, certaines propositions chorégraphiques aussi, telles que Sac au dos de Florent Mahoukou et Andréya Ouamba, ou encore Soit le puits était profond, soit ils tombaient très lentement, car ils eurent le temps de regarder tout autour de Christian Rizzo… la liste pourrait être longue…

Je pense alors aux metteurs en scène, chorégraphes, performeurs, musiciens…, à tous ceux pour qui le verbe créer va prendre automatiquement une autre couleur, un autre goût à partir d’aujourd’hui.
Et aussi, parce que, pour ne plus avoir mal, il va falloir se redresser, cher citoyen, mais se redresser avec justesse, en ne pas cédant à la facilité, mais faire montre que oui, nous sommes des êtres doués de raison, ne pas faire l’amalgame de tout et réfléchir, penser et complexifier le Je que nous sommes dans notre universalité pour continuer à vivre-ensemble.

Alors oui, ceci ne sont que des mots qui me permettront peut-être de mieux dormir demain, de dire qu’il est bon d’écouter encore et toujours de la musique, de sortir, de vivre et de dire fuck (seul mot vulgaire que je me fais plaisir d’écrire) à l’obscurantisme de tous bords.

Laurent Bourbousson

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