ITW : Alain Timár : « Lorsque je m’empare d’un texte, je ne fais pas dans la demi-mesure car je n’aime pas être dans la demi-mesure. »

Alain Timár présentera, la semaine prochaine, sa nouvelle mise en scène, Dans la solitude des champs de coton de Bernard-Marie Koltès. Si l’évocation de Bernard-Marie Koltès suggère aux amateurs de théâtre des images, des sensations, pour le metteur en scène, c’est tout un univers qui se met en place, dans lequel il invite le spectateur à pénétrer. Interview.

Paul Camus et Robert Bouvier pour « Dans la solitude des champs de coton » ©David Mignerat

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Boudoir du #OFF16 : Robert Bouvier

Robert Bouvier présente jusqu’au 28 juillet, au Théâtre des Halles (Avignon), François d’Assise d’après Joseph Delteil, dans une mise en scène de Adel Hakim. Rencontre.

Robert Bouvier dans François d'Assise ©Camille Lamy

Robert Bouvier dans François d’Assise ©Camille Lamy

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Vu dans le OFF 2015 : Le Poisson combattant de F. Melquiot

Robert Bouvier descend des gradins. Il entre dans son cube blanc, lieu de la représentation. Il prend possession de cet espace, le transforme au gré des mots de Fabrice Melquiot. Le poisson combattant décrit les états, les questionnements et les errances après une séparation.

Il décide de tout lui laisser à elle. Parce que sa fille. Il lui laisse la maison, mais ne supporte pas sa main compatissante qui se pose sur son épaule comme pour lui signifier qu’il lui faut du courage.
Du courage de partir, alors qu’ils ne s’aimaient plus, mais ils auraient pu faire semblant pour la petite.
La petite, le dernier soir, lui dire au revoir. Lui expliquer. Rien ne lui dire. Regarder le poisson combattant. Son poisson qui nage à l’horizontal. Puis le matin au réveil, le retrouver sur le sol. La maison dort. Prendre ses affaires, prendre le poisson pour ne pas faire souffrir la petite de cette absence et partir.
De la maison familiale, à la chambre d’hôtel, en passant par la maison de sa mère, on suit cet homme dans son périple, celui qui l’amène jusqu’à trouver le bon endroit pour l’enterrement du poisson combattant, qui n’a pas survécu à la séparation des parents.

Le poisson combattant

Le poisson combattant

Dans une mise en scène qui place le comédien au centre du dispositif, Fabrice Melquiot illumine le talent de Robert Bouvier qui porte l’histoire de cet homme déchu par sa femme. Déchu de son rôle d’amant, déchu de son rôle de père, déchu de sa vie.
Vers quoi alors s’achemine le corps aimant si ce n’est vers la rupture ? L’idée qu’un corps amoureux soit un terroriste des corps laisse envisager une réponse à notre homme qui recherche dans sa solitude, une ligne de vie.
Afin de trouver des éléments de réponse, il convoque l’adolescent et le petit enfant qu’il a été. L’utilisation de la vidéo, qui peut devenir envahissante, illustre la profusion de mots qui pose la question existentielle qui l’anime : qu’est-ce que vivre en somme ?, et permet, cependant, une ouverture pour mieux avancer vers l’horizon. Mais se pose la question de son utilisation quasi permanente.

Robert Bouvier traverse les différents états qui animent ce personnage d’un bout à l’autre de la pièce. Il incarne à merveille l’image du comédien. Que ce doit être jubilatoire pour lui que de nous raconter la vie de cet homme pour redevenir, en fin de pièce, Robert Bouvier, comédien de son état.

Le Poisson combattant de Fabrice Melquiot. Ts les jours au Girasole, à 19h15.

Laurent Bourbousson

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