ITW : Damien Baillet pour le Festival Prenez Place(s)

Du 2 au 5 juin 2017, Avignon découvrira son premier festival de rue des arts vivants et visuels, le prénommé Prenez Place(s). Interview de l’énergique Damien Baillet, directeur de Surikat Production et porteur du projet.

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VU : Avec la « Superésidence », qui est In ? , qui est Out ?

Alain Cofino Gomez (Théâtre des Doms) et Sylvie Baillon (Le Tas de Sable – Ches Panses Vertes) ont rêvé d’une Superésidence. Celle-ci a réuni 6 comédiens d’univers artistiques différents pour la représentation unique de In/Out, au Théâtre de l’Entrepôt à Avignon. Retour.

Superésidence ©Serge Gutwirth

Superésidence ©Serge Gutwirth

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Émergence(s)#6 – La jeune création artistique se porte bien

Émergence(s)#6, le festival de la jeune creation artistique, s’est déroulé à Avignon du 6 au 15 mai 2016. Surikat production a proposé un festival durant lequel la jeune création artistique a montré sa grande vitalité. C’est le Choix instantané de Delphine Michelangeli. Lire la suite

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Vu dans le OFF 2015 : Hansel et Gretel, Chienne de vie, King du Ring, Pirogue

La Plateforme-Spectacles by Surikat prod est présente au Festival Off d’Avignon avec 4 spectacles. Tour d’horizon des compagnies émergentes défendues par Damien Baillet.

Hansel et Gretel (ou pourquoi j’ai arrêté de manger des enfants.). Compagnie La Grande Horloge

©SupaKriss

©SupaKriss


Ce spectacle est le premier One-Woman Show du genre pour enfants auquel on peut assister. Fani Carenco manie le style avec aisance. Elle est la sorcière du conte Hansel et Gretel et nous raconte l’histoire vue et réécrite par celle qu’elle incarne, la sorcière. Elle s’est certainement amusé à revisiter cette histoire car cela donne des répliques truculentes et des rencontres improbables (celle, notamment, lorsque Hansel échange des conseils avec le petit de la famille Poucet). Elle dévoile même le vrai prénom des enfants (l’allusion sur le fait de préserver leur anonymat est formidable).
La réussite de ce Hansel et Gretel tient en l’écriture de Fani Carenco qui place le conte au XXIe siècle, à ce que son public, jeune et moins jeune, rient et s’amusent, et surtout à son jeu de sorcière déchue, une réelle réussite pour conclure.

Chienne de vie/Life is a bitch. Collectif Le Bleu d’Armand

©Carla Neff

©Carla Neff


Le Collectif Le Bleu d’Armand s’amuse avec les dérives de la violence quotidienne, celles qui s’insinuent dans les dires, dans les agissements, sans que l’on s’en rende vraiment compte. On pourrait dire juste ceci, mais il y a autre chose dans cette proposition qui provoque bien des malaises au sein du public.
Les 4 comédiens du Collectif portent cette comédie acide et manient l’art du funambule, à savoir être toujours sur le fil. Ils démontrent à quel point les violences, quelles soient d’ordre verbale ou physique, sont partout et deviennent omniprésentes. On fini par croire qu’être doué de méchanceté est une qualité intrinsèque à notre société.
Anna Pabst (le bouc-émissaire de la représentation à laquelle j’ai assisté – en début de spectacle, une personne du public tire au sort un nom (on remarquera ici qu’involontairement une personne neutre devient complice de ce qui va se passer sur le plateau)), Nolwenn Doth, Zoé Agez-Lohr et Julien Perrier forment ce quartet qui n’a pas froid aux yeux et aux oreilles. Ils vont démonter, à travers différents tableaux, tous les mécanismes qui font de notre société, une société individualiste qui conduit à tous les excès.
Entendre rire le public sur certaines blagues fait froid dans le dos et d’espérer que tout ceci n’est pas pris pour argent comptant, car nos 4 amis jouent pour montrer le côté obscur de nos âmes.

King du ring. Cie Corps de Passage

©Estelle Monnier

©Estelle Monnier


Majestueuse Adeline Walter pour ce monologue écrit par Rémi Checchetto et mis en scène par Alexia Vidal. King du Ring traite de l’Amérique de Muhammad Ali, de ses combats contre son pays, de ce qu’il est devenu (à savoir ce monstre sacré de la boxe), de sa propre reconnaissance, de ses colères.
Adeline Walter nous fait oublier sa corpulence fluette et incarne Muhammad Ali avec rage et force, celles identiques que le boxeur a pu connaître sur un ring. C’est un véritable match de boxe qu’elle entreprend durant 1h30. Elle égraine les années de la vie de ce champion de boxe. Elle fait croiser l’histoire des victoires du boxeur avec l’histoire des Etats-Unis, celle de l’apartheid, de la guerre du Vietnam, de la période trouble, avec notamment l’assassinat de Martin Luther King…
Les rounds défilent, elle est toujours droite sur son ring, tire sur le fil d’une vie jusqu’à incarner l’image du héros rattrapé par la maladie de Parkinson. La vidéo donne du souffle au propos, une vision interne de son état d’Homme.
Le texte est riche, voir, par certains endroits, un peu trop ce qui fait que l’écoute est moins attentive à certains moments. Il serait peut-être utile de resserrer le tout car ce King du Ring est un bijou.

Pirogue. Collectif Le Bleu d’Armand

©Anne Julien

©Anne Julien


Le Collectif Bleu d’Armand présente Pirogue, une fable autour de la fracture masculin/féminin. Les imaginer descendre le Niger et ne faire cas que de leur petites préoccupations, à savoir : est-ce que les hommes peuvent vivre sans les femmes ?, que peuvent faire les femmes pour faire enrager les hommes ? et autres questionnements futiles, montrent à quel point les occidentaux sont auto-centrés sur des questions récurrentes que nous ne sommes pas prêts à évacuer.
Cette fable est une invitation au voyage qui peut vous faire voyager ou vous laisser sur la rive du Niger. Que vous soyez d’un côté ou de l’autre, vous verrez des occidentaux sur une pirogue et vous rirez d’eux, et un peu de vous.

Hansel et Gretel (ou pourquoi j’ai arrêté de manger des enfants.). Compagnie La Grande Horloge. Théâtre l’Alibi. Jusqu’au 26 juillet à 11h15
Chienne de vie/Life is a bitch. Collectif Le Bleu d’Armand. Théâtre des Carmes. Jusqu’au 26 juillet à 12h00
King du ring. Cie Corps de Passage. Artéphile. Jusqu’au 26 juillet à 17h15
Pirogue. Collectif Le Bleu d’Armand. Théâtre de la Rotonde. Jusqu’au 26 juillet à 18h00

Laurent Bourbousson

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