VU : Nuit du Collectif Petit Travers

Avec Nuit, le collectif Petit Travers poétise l’imaginaire et invite petits et grands à rêver les yeux ouverts. Retour.

Nuit ©Ian Grandjean

Le mot nuit est un terrain fertile pour l’imagination. Il peut être synonyme de repos ou, à l’inverse, ce moment de tous les possibles. Les 3 personnages de Nuit explore toutes les nuances de ce mot dans une explosion de numéros de jonglage. C’est avec virtuosité et une maîtrise parfaite de leur art que Nicolas Mathis, Julien Clément et Rémi Darbois évoluent dans leur espace de jeu.

Si l’espace représente une pièce, avec des portes de part et d’autre, le spectateur est vite pris dans une spirale de mouvements posant la question si l’intérieur n’est pas extérieur comme à l’image de ce luminaire dans le coin de la scène, provenant de derrière le panneau, qui n’est pas sans rappeler les réverbères des rues.
C’est dans un jeu d’apparition et de disparitions que les 3 compagnons conditionnent l’attention et la tension chez le spectateur. Seul, en duo ou en trio, les combinaisons s’enchaînent tout en laissant des moments de respiration permettant au fil de l’histoire que chacun se raconte de se dérouler car ici, tout un chacun a le droit de se raconter sa propre histoire avec ces énergumènes qui pourraient très bien être échappés d’un film muet, lorgnant du côté de Jacques Tati.
Les situations ubuesques, auxquelles se plient ces dompteurs de balles, amusent, épatent et interrogent le public. Par quels moyens magiques arrivent-ils à faire cela ? Sont-ils uniquement 3 sur le plateau ? Et que se passe-t-il réellement à l’extérieur de leur espace de jeu ?
De la magie, il y en a et elle a la force d’entraîner le spectateur dans un monde léger où plus rien n’a de sens, mais où tout devient possible et extraordinairement réel. Entre les pluies de balles de toutes dimensions et de matières, les lumières qui volent à travers la pièce et des tableaux vivants, le magique flirtent aussi bien avec le rêve que la peur procurée par le noir et les bruitages sonores. Ce maelström transforme ainsi le petit plateau en un hall de gare, dans lequel fourmilleraient des centaines de personnes.

Ceci pose la question suivante : est-ce que ce trio en est vraiment un ? Lorsque le rythme devient soutenu, les gestes, réalisés avec avec rapidité et grâce, et la multiplication des balles se jouent des regards. Ce sont sur de véritables écritures chorégraphique des mouvements et géométrique de l’espace que se construisent tous les échanges, lancers et réceptions de balles.
Si tout cela pose les actions à l’intérieur du cadre, il n’en demeure pas moins que les balles, qui affluent autant de cour, de jardin, voir du fond de scène, proviennent toutes de l’extérieur. Il y a donc de la vie derrière ces parois. Une vie dense, organique, une vie qui respire à vivre, à s’amuser et à profiter. Une vie qui invite à la poésie du moment et qui permet une envolée lyrique des imaginaires.

Nuit replace, ainsi, le spectacle dans l’acte créatif et inventif pour un moment aux mille et un émerveillements. Et pour preuve, le teaser du spectacle :

Nuit est une création collective de : Nicolas MATHIS, Julien CLÉMENT, Remi DARBOIS, avec la participation de Gustaf ROSELL – Conception/réalisation scénographique : Olivier FILIPUCCI – Direction technique/régie : Olivier FILIPUCCI et Martin BARRÉ – Développement numérique : ekito, sous la direction de Benjamin BÖHLE-ROITELET

Nuit en tournée : du 18 au 20 janvier 2017 à La Fabrique à Dole – Les Scènes du Jura (39) ; le 7 mars à Théâtre de Roanne (42) ; le 19 et 20 mars au Festival SPRING – La Renaissance à Mondeville (14)…. Retrouvez toutes les dates sur le site du Collectif

Laurent Bourbousson

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