Vu #OFF16 : le Maxi Monster Music Show réveille les monstres

Le groupe alternatif Le Maximum Kouette livre le truculent Maxi Monster Music Show, monstrueusement efficace. Retour.

Les Maxi Monster (de g. à d. : Geneviève Thomas, Benoît Delacoudre, Antoine Tiburce et Solange de Dianous) © Hervé Photograff

Les Maxi Monster (de g. à d. : Geneviève Thomas, Benoît Delacoudre, Antoine Tiburce et Solange de Dianous) © Hervé Photograff

Bienvenue dans le cabaret forain des Maxi Monster. Véritable voyage spatio-temporel, vous voici en l’espace de deux secondes dans les chapiteaux des foires de la fin XIXe ou du début XXe siècle, ceux où le public payait pour voir l’étrangeté, le fantastique, l’extraordinaire afin de se faire peur.

C’est lors de l’attente dans la rue que le spectacle débute. Elle passe à proximité, sans rien dire, avec sa lampe et une mantille sur la tête, lui couvrant le visage. Cette apparition mystérieuse met en appétit pour la suite. Le public ne vient-il pas pour se faire peur ou voir l’étrangeté, comme au temps des foires ?
En entrant dans la salle, les premiers éléments de décors s’offrent à lui. Guirlandes de fêtes foraines, rideau rouge, piano, batterie et autres instruments de musique attendent pour s’animer.
Et c’est ainsi que de sacrés personnages apparaissent. La femme tronc à la voix mélodieuse, la danseuse macabre venue du Bolchoï avec son costume en haillon, l’homme fort le plus petit du Monde à la batterie et autres instruments divers et variés, le fakir assomniaque nommé 666 et son white world, l’homme-femme au piano, et la Poupée Barbue meneuse de revue composent cette troupe. La bascule est sans appel, vous voici, dans un autre temps, dans le cabaret le plus freaks qu’il soit !

La Poupée Barbue (Solange de Dianous) va dérouler le fil de sa vie en chansons. Elle devient ainsi M. Loyal, raconte les petites vexations et mesquineries entre les artistes, l’amour qui rend fou ; chante leurs et ses malheurs, la mort et surtout la solitude humaine des monstres que sont les hommes. En toile de fond, les références cinématographiques tirent du côté de Tim Burton, David Lynch et son famuex Elephant Man, Tod Browning ou encore le Rocky Horror Picture Show.

Si l’histoire peut sembler légère, les Maxi Monster enchantent avec leurs morceaux de musique. Leur partition musicale se révèle d’une efficacité implacable. Le jazz manouche, à portée de main, laisse la place au rock ou aux morceaux de piano et de batterie faisant la démonstration de leurs talents monstrueux et créant la surprise de morceaux en morceaux.

Les Maxi Monster déplacent, ainsi, le curseur de mesure de la monstruosité pour faire éclater la vérité au grand jour : tout un chacun est un monstre pour l’autre. Monstrueusement vrai.

Maxi Monster Music Show, à 22h35, Jusqu’au 30 juillet au Théâtre des Béliers.

Laurent Bourbousson

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