Vu #OFF16 : Un Bourgeois gentilhomme, entre Deschiens et Splendid

La compagnie Le Homard Bleu a ce quelque de chose de l’idée de troupe. Elle présente un Bourgeois Gentilhomme survolté. Retour.

Le Bourgeois Gentilhomme -  Victor Calcine (M. Jourdain) et  Bertrand Mounier (MMme Jourdain)

Le Bourgeois Gentilhomme – Bertrand Mounier , Victor Calcine et Anne-Sophie Liban (de g. à d.)

Matthias Fortune Droulers est le metteur en scène de cette version atypique du Bourgeois Gentilhomme de Molière. Il signe une mise en scène qui oscille entre l’humour des Deschiens et l’idée de la troupe, façon Splendid.
Ils sont 7 à se partager le plateau, sortant à cour, entrant par la salle ou par le fond du plateau. Ils courent, rient, jouent la comédie sans demi-mesure.

Le Bourgeois Gentilhomme est effectivement une comédie sociale. Matthias Droulers Fortune a su trouver, dans chaque personnage, la part à exploiter pour mieux en croquer les travers. Si certains peuvent paraître un peu trop grossi (on peut ici penser au maître de philosophie), l’effet loupe renvoie souvent à l’humour des Deschiens, celui de pousser la caricature pour faire surgir la fragilité des personnages.

Le Bourgeois Gentilhomme -  Matthias Fortune Droulers (Dorante) et Victor Calcine (M. Jourdain)

Le Bourgeois Gentilhomme – Matthias Fortune Droulers et Victor Calcine


Cette version joue sur le fil, faisant éclater les codes de la représentation et l’image du fameux 4ème mur au théâtre. L’ensemble des comédiens (Victor Calcine, Matthias Fortune Droulers, Ivan Herbez, Anne-Sophie Liban, Bertrand Mounier, Pierre-Etienne Royer, Salomé Villiers) incarnent les personnages dans un joyeux maelström délirant. Si tous sont à la hauteur de l’enjeu, Bertrand Mounier excelle dans son rôle de Mme Jourdain.

Cette proposition décalée prend à contre pied ce que le public peut attendre d’un classique. Ici, il se retrouve mixé avec les codes et la culture d’aujourd’hui et devient un classique débridé et dépoussiéré fort réjouissant. Si Molière était de ce monde, peut-être créerait-il un Bourgeois semblable à celui-ci, faisant la démonstration de la ridicule question du paraître, qui reste encore très actuelle.

Le Bourgeois Gentilhomme, de Molière, mes de Matthias Fortune Droulers, jusqu’au 30 juillet, au Théâtre du roi René, à 21h30.

Laurent Bourbousson

Share

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *