Au Théâtre Transversal, focus Jeunes Compagnies : La Compagnie (T)RÊVES

4 juillet 2018 /// Les interviews
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Avec sa programmation, Laetitia Mazzoleni, directrice du Théâtre Transversal, a ouvert les portes de son lieu a des jeunes compagnies. Cela donne lieu à un focus Jeunes Compagnie. Aujourd’hui, Marlène Génissel et Thibaut Lescanne, les metteurs en scène de Love and Money, et Inès Latorrela, comédienne, de la compagnie (T)RÊVES.

La Compagnie (T)RÊVES

Dans la présentation de la compagnie, vous écrivez que la création de cette dernière est le fruit de la rencontre de jeunes comédiens désireux de jouer ensemble. Au-delà de cette envie, quelle est la motivation de constituer une compagnie aujourd’hui avec toutes les difficultés liées au spectacle vivant que m’on peut rencontrer ?
À la tête de la compagnie, il y a 1 metteuse en scène et 2 comédiennes, qui sont Marlène Génissel, Inès Latorre et Chloé Riols.
Il est vrai qu’il est très dur pour des comédiens sortis d’écoles de trouver du travail tout de suite. Nombre de comédiens, et c’est le cas chez nous, ont des travaux alimentaires pour subvenir à leur besoin en attendant de pouvoir vivre de leur métiers.
La motivation au-delà de l’envie de jouer se trouve dans le désir de créer sa famille de théâtre, de rassembler dans une même maison les personnes avec qui l’on veut travailler, de réunir les personnes qui ont le même univers et qui porteront au mieux les thématiques que l’on a envie de transmettre.
Pour Love and Money, le projet est porté par les metteurs en scène Marlène Génissel et Thibaut Lescanne, mais les comédiens ont une part active dans la création du spectacle. Nous essayons de marier nos idées et leurs propositions.

Vous avez créé votre festival (T)RÊVES en fin d’année passée. Ce festival mêle différentes pratiques artistiques. Est-il à l’image de l’identité de la compagnie ?
À notre création, nous voulions surtout faire du théâtre. Ce n’est qu’après, quand nous avons commencé le travail, que nous nous sommes rendus compte des compétences de chacun. Certains pratiquent la danse depuis de nombreuses années, d’autres sont cinéastes, musiciens ou même circassiens. Quelques comédiens de la compagnie se sont même glissés dans la programmation du festival ce qui n’était pas attendu au début. Nous souhaitons, dans nos créations, mélanger les arts et que nos pièces touchent un public plus large. Ce festival proposait un accès à la culture à prix libre avec plusieurs pratiques artistiques au programme et c’est pour ça que l’on peut dire que oui, ce festival, qui aura une édition 2 l’année prochaine, est à l’image de la compagnie.

Vous avez, pour certains, la pratique du Festival Off. Vous arrivez pour défendre votre projet Love and Money de Dennis Kelly. Comment se sent-on à quelques jours du début ?
Nous sommes 3 à avoir participé au Festival OFF d’Avignon. Cela ne représente même pas la moitié de la distribution. Cependant, les personnes qui ont déjà l’expérience de ce festival, n’ont pas hésité à prendre la parole et de témoigner à quel point venir à Avignon était dur et exigeant moralement mais aussi physiquement. En revanche, Ils n’ont pas manqué de dire que c’est une expérience très formatrice et enrichissante. Ainsi, il y a un peu d’appréhension, nous abordons tous sereinement l’aventure car nous sommes fiers et confiants du travail que nous avons accompli.

Comment avez-vous appréhendé le travail (direction, scénographie…) de ce texte ?
Les deux metteurs en scène, Marlène et Thibaut, avaient déjà une expérience dans la mise en scène avant de monter Love and Money. D’ailleurs ils étaient présents à l’édition Avignon OFF 2017 avec leurs deux précédentes créations.
Au début du travail, même s’ils ne se connaissaient pas, ils ont appris à travailler et collaborer. Étant donné que c’était la première fois que le groupe travaillait ensemble, il a fallu que l’on apprenne à se connaître par le biais d’exercices avant de commencer le travail avec le texte. Il a aussi fallu gagner la confiance des comédiens et essayer de leur expliquer le travail de création que nous voulions mettre en place.
Ensuite, même si nous avions une idée précise de la direction à prendre, nous nous sommes aussi beaucoup inspiré de l’univers des acteurs. Il était important que chaque acteur soit juste et très sincère dans son personnage, et donc que son travail commence d’abord par une interprétation très personnelle avant de commencer la direction.

Qu’attendez-vous de votre festival Off ?
Nous espérons, dans un premier temps, que le spectacle plaira au public. Nous avons eu d’excellents retours lors de nos précédentes représentations et l’on espère que le public avignonnais sera au rendez-vous. La réussite de notre venue au festival dépend en grande partie du public. En effet, si spectacle plaît au public, le bouche à oreille pourra s’installer et, je l’espère, nous aurons du monde.
Dans un deuxième temps, nous espérons que des programmateurs de théâtre viendront. Participer au festival d’Avignon OFF coute très très cher et il est presque impossible de rembourser l’investissement de base avec les recettes de la billetterie.  Aussi, nous espérons que des programmateurs seront séduis par notre travail afin d’acheter notre spectacle pour le programmer dans leurs salles. C’est donc avec la vente de nos spectacles que nous pourrons rembourser ce que nous avons investi et aussi vivre de notre métier.

Vous avez participé à 48h en scène. Comment avez-vous vécu cette expérience ?
Il n’y a pas de préparation à cet exercice, là est le principe des 48h. Simplement être totalement disponible pour la création et donc mettre de côté tout le reste, le temps d’un week end.
Nous sommes arrivés le vendredi matin sans avoir aucune idée de ce qui nous attendait. Puis le thème et la contrainte sont tombés et nous avons commencé à créer ensemble dans un dispositif complètement collectif et sans hiérarchie. Nous sommes passés par beaucoup d’improvisations collectives, sans trop savoir où nous allions mais en ayant seulement pour consigne d’être sincère et d’arriver à exprimer ce qui nous importait au plateau.
Notre forme mélangeait encore une fois les arts, il y avait un peu de texte, du corps et même de la peinture. Elle nous représentait beaucoup aussi bien dans la forme que dans le fond, encore une fois très « In-Yer-Face » (forme de théâtre née dansles années 1990 au Royaume Uni). Ce week end a été très important pour nous, et nous a permis de confirmer la ferme envie de travailler ensemble et de préciser et confirmer l’identité que nous voulions donner à cette compagnie.

Propos recueillis par Laurent Bourbousson

Love and Money de Dennis Kelly | Metteuse en scène Marlène Génissel Metteur en scène Thibaut Lescanne | Interprètes Sydney Gybely, Marlène Génissel, Inès Latorre, Roman Touminet, Raphaëlle Simon, Baptiste Philippe, Chloé Riols | Régisseur Clément Recher
Du 6 au 29 juillet -relâche les mercredis- à 21h45, au Théâtre Transversal (ex Ateliers d’Amphoux). Renseignements ici.

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