[VU] Dividus de la compagnie Ayaghma, le vivant à l’état pur

4 mars 2022 /// Les retours
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Nacim Battou (Cie Ayaghma) met en scène 7 êtres dansants dans une dystopie célébrant le vivant, histoire d’être ensemble, une dernière fois. Retour.

Le chorégraphe Nacim Battou a le chic pour réveiller les morts. Avec Dividus, ses 7 danseurs reviennent d’outre-tombe pour réveiller le public venu assister à la représentation. Sur un grand écran, sont projetées des images de visages et de corps en gros plan qui inondent l’auditoire. Sur un fonds musical sourd rappelant les pulsations du cœur, il y a cette voix qui pose la question cruciale à toute existence : que restera-t-il après nous ?

Nacim Battou célèbre le vivant

En se saisissant de cette question philosophique, le chorégraphe met en scène et en danse une société de 7 individus, chiffre au sens sacré qui dispense la vie et le mouvement. Et du mouvement, il va y en avoir.

Le groupe s’éveille lentement. Chacun donne forme à son corps inerte d’être resté trop longtemps immobile. Tout va crescendo dans ce premier tableau. Les groupes se font et se défont au grès de duos, de trios, quatuors et d’un ensemble qui connectent le public dans l’ici et maintenant. Celui de ressentir la vie.

Dans une succession habile de tableaux, Nacim Battou raconte la vie, la fête, la liberté d’être au monde et célèbre l’amour de la scène. Si le postulat de départ de sa fiction est de questionner la disparition du spectacle vivant de toute scène (sa réflexion date d’avant la crise sanitaire ! – écouter l’interview ici), il s’en échappe au fur et à mesure pour raconter ce qui anime l’être humain.

Dividus, l’amour et la liberté d’être au monde

Les tableaux sont autant d’histoires racontées d’où de fortes images se dégagent. Le public pourra être marquée par cette belle photo de famille mouvante qui derrière sa façade bien lisse cache une histoire de violence conjugale sur les paroles d’Histoire d’un amour chantées par Charlotte Louvel, l’une des danseuses ; ou bien par des pétales tombées du ciel, bénissant un jeune couple découvrant leur amour ; ou encore les souvenirs des danseurs en un temps passé, présent ou futur. Gagnant peu à peu une certaine liberté et autonomie, les danseurs laissent échapper leur personnalité, leur être sur scène, en communion totale avec le public acquis à sa cause.

La musique de Matthieu Pernaud et la scénographie et création lumière de Caillou Michael Varlet sont à saluer. Les créateurs confirment que sans spectacle vivant, nous serions pauvres d’images et d’évasion.

Dividus, une renaissance à la vie

Noé Chapsal, Emmanuel de Almeida, Clotaire Fouchereau, Julien Gros, Charlotte Louvel, Andréa Mondoloni et Juliette Valerio composent cette communauté. Ils célèbrent la liberté du mouvement dans ce qui est une grande fête, une célébration de l’humain.

Toutes et tous maîtrisent à merveille leur danse et Dividus est un vrai régal pour les yeux. Les corps en mouvement racontent bien plus aujourd’hui qu’hier, comme si nous avions été empêchés de trop bouger. Pina Bausch disait Dansez, dansez, sinon nous sommes perdus. Nacim Battou semble avoir bien entendu et compris le message.

Laurent Bourbousson
Crédit photo : ©BLASCO

Dividus a été (re)vu au Théâtre des Salins – Martigues le 16 février 2022.

Générique

Direction artistique / Chorégraphie : Nacim BATTOU – Créé et dansé par : Noé CHAPSAL, Emmanuel DE ALMEIDA, Clotaire FOUCHEREAU, Julien GROS, Charlotte LOUVEL Andréa MONDOLONI, Juliette VALERIO – Scénographie/création lumière : Caillou Michael VARLET –
Régisseur général/création lumière : Denis RATEAU – Création musicale : Matthieu PERNAUD – Création costume : Sandra MORDENTI – Fabrication et design costume : Rosalinda NOCERA – Regard complice : Mathieu DESSEIGNE RAVEL – Oreille attentive : Agnès HOURTANÉ – Aide à la voix : Sophia JOHNSON – Chargée de production : Camille TROTABAS

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