ITW – Festival Les Hivernales : Myriam Gourfink pour Gris

22 février 2017 /// Les interviews
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Myriam Gourfink présente Gris, à la Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon, dans le cadre du festival Les Hivernales. Un appel à lâcher-prise avec le temps. Interview.

©Laurent Paillier / photosdedanse.com

Vous allez présenter, lors du festival Les Hivernales, la création Gris. La technique du yoga, base de votre travail, est particulièrement poussée dans cette proposition.
Myriam Gourfink :
Pour Gris, tout le travail repose sur le souffle. C’est le mouvement de la respiration qui conditionne les mouvements des danseuses, au moment de l’expiration et de l’inspiration. Le mouvement du diaphragme, du sternum et la force des poumons sont autant de leviers pour les mouvements des bras, des jambes, des extensions et des enroulements. De plus, le gris est une couleur purificatrice dans la technique du yoga.

Le souffle conditionne donc le temps et le phrasé de la chorégraphie.
M. G. :
Pas uniquement le souffle. Il y a aussi la sensation de la gravité qui est intensifiée par l’observation faite sur le souffle. Le souffle et la gravité vont permettre une exploration de l’espace dans tous les sens. Les interprètes exploreront également les espaces du corps, le tout très finement, méticuleusement.

Effectivement, les interprètes (Carole Garriga, Margot Dorléans, Deborah Lary et Véronique Weil) développent une danse qui semble d’étirer dans le temps.
M. G. :
Ce n’est pas une danse que j’ai souhaité ralentie au départ, mais elle est apparue ainsi, suite au processus mis en place.

Gris est la continuité de votre recherche autour du mouvement.
M. G. :
En effet, c’est une grande aventure qui a déjà commencé avec des créations anciennes, mais celle-ci est particulière car Carole Garriga, Margot Dorléans, Deborah Lary et Véronique Weil sont les danseuses piliers de la compagnie qui ont une maîtrise assez poussée de cette technique de respiration. Chacune va danser avec l’autre, explorer l’espace de l’autre. Nous arrivons à une partition de Laban sur des rapports inattendus comme le ventre-à-ventre, le dos-à-dos ou encore le côte-à-côte. Ce sont ces rapports que nous étudions dans Gris.

Parlons maintenant de la composition musicale de Kasper T.Toeplitz, fidèle de la compagnie.
M. G. :
Oui, Kasper a participé à l’ensemble de mes créations. Sa musique est composée à partir d’histoires de résonnance, de vibration. Le rythme arrive par la mise en phase de fréquences. Le son est organique. Sa musique m’a fait réfléchir sur mon rapport au temps. Pour Gris, il travaille avec Philippe Foch, joueur de litophone. Nous avons une matière calcaire qui nous ramène aux origines.

Vous invitez à la redécouverte de son corps, alors que nous vivons dans un rythme soutenu.
M. G. :
Vous parlez de rythme et effectivement, ce sont des rythmes régulés par la montre que nous sommes amenés à vire. Dans le yoga, le rythme est une absorption, et il faut s’abandonner à cela. En dansant on va se laisser absorbé par ce que l’on vit sur le moment du geste. Ensuite, on va se connecter avec la musique, la partenaire et revenir dans un temps placé dans la durée du spectacle. Il y a une composition interne sur la notion de rythme à l’intérieur du spectacle. Cette composition est vécue différemment selon les représentations, par chacune des interprètes. Leurs techniques rendront claires ce discours.

Laurent Bourbousson

Gris, le jeudi 23 février 2017 à 20h30 à la Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon. Renseignements : 04 90 89 41 70.
Chorégraphie | Myriam Gourfink
Composition | Kasper T. Toeplitz
Interprétation | Carole Garriga, Margot Dorléans, Deborah Lary et Véronique Weil
Musique | Kasper T. Toeplitz et Philippe Foch
Régie technique, mise en réseau et en espace sonore | Zakariyya Cammoun
Costumes | Laurence Alquier

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