ITW-FESTH’HIVER : Marc Pistolesi pour Léonard

23 janvier 2017 /// Les interviews

Marc Pistolesi est l’auteur, metteur en scène et interprète de Léonard, pièce programmée dans le cadre du Fest’Hiver-Scènes d’Avignon au Théâtre des Carmes. Interview.

Pouvez-vous nous présenter Léonard ?
Marc Pistolesi : Léonard est un homme qui, par devoir de mémoire, est resté dans sa ville natale pour tenir le bar de ses parents. Ce bar est un lieu où il va rencontrer toutes les pensées. Il s’enferme peu à peu dans son histoire et se retrouve face à lui-même. Ce spectacle est un long poème sur le fait de vivre ses envies, sa vie, et non celle de ses parents. Il répond à la question : “Qu’est-ce que sont nos parents pour nous ?”

Quelle a été la source d’inspiration principale pour son écriture ?
M. P. : C’est l’histoire que j’aurais pu avoir, mais que je n’ai pas eu. Ce n’est donc pas autobiographique, mais je suis parti de l’idée que j’aurais pu reprendre la boulangerie de mes parents dans ma ville natale, Gardanne. C’est assez marrant de se servir des choses qui auraient pu se passer dans sa propre vie.

Pourquoi avoir co-écrit le texte avec Ali Bougheraba ?
M. P. : Le texte de Léonard a son histoire. Je l’ai écrit en 2007, et j’en ai fait une réécriture en 2013. Mais je n’étais pas encore totalement satisfait du rendu. Je ne voulais pas d’une pièce ni trop légère, ni trop sombre, ni trop violente. J’ai fait alors appel à Ali Bougheraba, que j’avais mis en scène pour son Odyssée de la moustache. Nous nous connaissons depuis un certain temps et notre binôme fonctionne plutôt bien.

Jean-Baptiste Bruckner et Marc Pistolesi dans « Léonard » ©Yann Pelegrino

Vous partagez le plateau avec Edwige Pellissier et Jean-Baptiste Brucker. Quels sont leurs rôles ?
M. P. : J’avais besoin d’un comédien qui sache jouer d’un instrument pour jouer le rôle de la musique. Mon choix s’est porté sur Jean-Baptiste. Il joue autant du piano que la comédie. Pour Edwige, j’avais au départ besoin d’une manipulatrice invisible. Au fur et à mesure de la création, je me suis dit que ce serait bien de la voir. Elle apparaît comme la sœur de la musique et s’appelle Elle est là.

Vous avez rencontré, à la rentrée dernière, un énorme succès avec votre pièce Ivo Livi, à Paris. Vous la reprenez au Théâtre Tristan Bernard, dès le 24 janvier. Qu’est-ce qui différencie les deux pièces ?
M. P. : Léonard est une autre proposition plus compliquée qu’Ivo Livi. C’est un long poème où il ne faut pas tout chercher à comprendre. Ce sont des allégories, des métaphores. Je fais le pari que les spectateurs se laissent porter, mais je vais essayer d’injecter un peu plus de compréhension tout en laissant le public fonctionner avec sa tête. Ça ne me dérange pas que le public interprète à sa façon ce qui se passe sur le plateau.
À l’inverse, Ivo Livi est très écrit, très minutieux, c’est autobiographique, voir cinématographique. C’est autre chose.
Mais Léonard doit encore grandir et c’est une proposition qui n’a pas encore rencontré les programmateurs.

Vous êtes programmé dans le cadre du Fest’hiver au Théâtre des Carmes. Que vous inspire le lieu ?
M. P. : C’est un lieu qui m’inspire fortement par rapport à son histoire, par rapport à son créateur, André Benedetto. Je garde aussi le souvenir de Caubère sur scène. Ensuite, le mur de pierre et la structure même du plateau sont assez évocatrices. Il y a une vraie âme dans ce théâtre. Je suis très heureux de jouer sur cette scène par rapport à tout cela. Et surtout de revenir à Avignon, hors festival, c’est assez plaisant.

Léonard
Texte Ali Bougheraba et Marc Pistolesi
Mise en scène Marc Pistolesi
Avec Edwige Pellissier et Marc Pistolesi Pianiste Jean-Baptiste Bruker
Conspiration artistique Ali Bougheraba

Théâtre des Carmes, 31 janvier à 19h et 1er février à 21h.
Renseignements : 04 90 82 20 47
€ : de 5 à 14 euros.

Laurent Bourbousson

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