[ITW] Hugo “lazy” mango, un gourmet de musique
Le chanteur breton a sorti son premier LP au printemps dernier. Il porte le titre de “Le silence n’est pas d’or” et souffle, avec lui, un vent de liberté. Hugo « lazy » mango nous parle de son parcours, de son appétence pour les différents styles de musique, de ce que signifie d’autoproduire un album en 2025. Faites la connaissance avec ce gourmet de musique.
Bonjour Hugo “lazy” mango. Tu as sorti ton premier album cette année, “Le silence n’est pas d’or”. Avant d’en parler, peux-tu nous parler de ton parcours ?
Mon parcours… Depuis tout petit, je fais de la musique. J’ai eu la chance d’avoir un enseignement musical très jeune, jusqu’au conservatoire qui ne m’a pas du tout convenu. C’était trop bridant pour moi. J’ai donc arrêté la musique, je suis parti en voyage tout en continuant à jouer en dilettante.
Au fil des rencontres, c’était une évidence que la musique est la chose qui m’animait le plus. Je m’y suis remis lorsque je suis arrivé en Bretagne car je ne pouvais pas continuer à faire des boulots qui ne me convenaient pas. J’ai commencé à me produire sur scène en 2012, en tant que professionnel, même si j’en ai fait pas mal avant. Puis de fil en aiguille, j’ai pas mal de projets qui se sont montés un peu partout.
Le silence n’est pas d’or, un album à textes

Lorsque les pistes s’enchaînent, à l’écoute de l’album, il y a un mot qui revient sans cesse en tête, c’est liberté, et j’avoue que c’est un sentiment qui fait du bien à ressentir.
Tant mieux parce que c’était un peu l’idée lorsque j’ai composé cet album qui est pour moi une libération de plein de choses. Si ce ressenti est partagé, c’est qu’il est réussi alors !
Comment as-tu composé cet album justement ?
L”écriture s’est faite au long cours, sur trois-quatre années, au fil de choses qui m’arrivaient dans ma vie. Certains textes ont été écrits en parallèle d’autres projets que je menais.
Au départ, il n’y a donc que des textes. Ils n’existent pas en tant que chansons. Je me suis retrouvé avec une vingtaine de chansons écrites au final et j’ai fait un choix, sinon l’album contiendrait 20 titres.
Quelle couleur donnerais-tu à “Le silence n’est pas d’or” ?
Cet album représente un panel d’émotions, des moments de vie. Certains textes sont un peu plus lourds de sens avec une musique un peu plus légère et d’autres ont un côté beaucoup plus libérateur, parlent du plaisir de prendre son temps, d’apprécier les choses.
C’est un album que l’on prend en effet d’écouter. Chaque mot fait sens. On découvre au fur et à mesure des pistes le parolier que tu es.
Merci. Auparavant, j’écrivais beaucoup de textes fleuves, un peu comme dans le rap, dans lesquels on a de l’espace pour dire des choses. Ici, j’avais envie de concire les choses. Forcément, le poids de chaque mot était important. Même s’ils ne font pas sens au premier abord, il faut dans tous les cas, amener l’auditeur quelque part.
C’est tout un film qui se met en marche à l’écoute des chansons. Il y a une chanson qui m’a particulièrement touché. Son titre est “Dans l’atelier”.
C’est une chanson très très lourde de sens pour moi puisqu’elle parle du décès de mon père. Bizarrement, je l’ai écrite très rapidement, en un après-midi, avec le souhait de la léguer à mes enfants pour plus tard. J’avais besoin d’écrire cela et je n’avais pas eu l’idée de l’enregistrer.
Pour l’histoire, j’ai fait une petite vidéo avec cette chanson et je me suis aperçu qu’elle touchait pas mal de monde. C’est pour cela qu’elle se retrouve sur l’album.
Un album marqué orienté folk
Si tu devais définir ton style musical, quel serait-il ?
Alors ça, c’est difficile… Je suis un gourmet de musique. Si c’est bien fait, je peux en apprécier tous les styles et je prendrais plaisir à tous les faire, dans la mesure de mes capacités.Je n’arriverais pas réellement à définir mon style car dans ma carrière musicale, j’ai fait du rock, du hip-hop, mais aujourd’hui, c’est la chanson folk au sens large du terme. C’est très difficile de me caser.
Mais il ne faut pas ! C’est cela la liberté en fait.
Oui, tout à fait.
Je suis curieux de savoir ce que tu écoutes comme style musical alors ?
Mes premières cassettes étaient de Georges Brassens et de Public Enemy. J’ai toujours aimé les mélanges de genres.
En ce moment, j’écoute beaucoup de la chicha péruvienne par exemple, qui est la cumbia psychédélique du Pérou, ce qui n’a rien avoir avec la chanson française – rires (pour en savoir plus sur ce style musicial, c’est par ici).
Premier album solo
Aujourd’hui, lorsque l’on décide de sortir son premier projet, comment cela se passe concrètement ?
Je suis en autoproduction totale. Les fonds sont propres, j’ai tout enregistré chez moi en home studio. J’ai fait tous les instruments, tous les enregistrements. et après, on fait appel aux copains parce qu’en autoprod, faire un album coûte très cher et on a pas les moyens, donc on appelle des copains pour faire le mastering et puis c’est tout, tout seul : graphisme, photo. C’est un premier album sans moyen financier, on met un maximum de moyens propres et on fait au mieux et avec ce qu’on a.
En 2025, les productions musicales sont compliquées. On vend les albums sur les concerts. Les gens streament, le plus souvent. Ceci ne nous rapporte rien. L’album est là pour être vendu dans les concerts. Moi, c’était pour mettre à plat ces chansons et passer à autre chose. rires.

Passer à autre chose, mais à quoi ?
Je mène d’autres projets en parallèle.
Je compose pour Bastringue Général qui est mon autre projet. On se situe plus du côté du rap avec une forte influence musiques du monde. Je collabore avec Les Saumons Fumés où je suis instrumentiste. Je fais de la trompette, du saxophone et de l’harmonica. Là, c’est un autre style puisque c’est de la chanson punk de marin d’eau douce.
J’ai des envies musicales que je vais pouvoir fouiller sans contraintes étant seul. Je vais chercher dans la folk américaine, dans la pop latine.
Peut-être que j’aurais pu poser cette question en intro d’interview, mais elle sera la dernière : d’où vient ton nom Hugo « lazy » mango ?
Au départ, j’ai choisi ce nom pour avoir un nom de scène, pour jouer un personnage. J’ai choisi un pseudo parce que je pense que je ne voulais pas me mettre trop en avant. J’assume mon côté solo sur scène sans problème, à l’inverse je me cache pour la partie communication. Mon métier est d’écrire, de composer et de monter sur scène. Donc, pour mon prochain projet solo, peut-être que je changerai de nom. Tout est ouvert !
Découvrir Hugo « lazy » mango en concert : 23/08 au Micho Fest (Romillé – 35) / 03/10 à Au Boulot ! (Romillé – 35) / 17/10 à Le CAP (Pancé – 35)
Propos recueillis par Laurent Bourbousson
Crédit photo : Hugues Appert, Alain Epaillard.