Vu dans le Off 2015 : Gros

24 juillet 2015 /// Les retours - VU #OFF

Il y a des rencontres qui marquent. Francky Corcoy fait partie de celles-ci. Il était d’une très belle présence dans le spectacle Le Boxeur, il est lumineux dans GROS.

GROS - ©Ghostographic

GROS – ©Ghostographic

GROS raconte l’histoire de notre société, celle qui met en marge toute personne qui ne rentrerait pas dans des cadres pré-établis. Pré-établis par qui ? Par les diktats du bien-être, de la mode et de l’uniformisation, certainement. Et Francky Corcoy se bat avec ce cadre bien trop étroit pour que l’universalité y trouve sa place.
Il se bat donc, avec sa gestuelle hip-hop, contre lui et contre la société.
Contre lui car il faut bien s’accepter tel que l’on est (ou naît !), tel que l’on devient. Comment se faire accepter des autres lorsque l’on ne s’accepte pas soi ? Francky Corcoy se joue de son ventre avec une sincérité désarmante. Il nous montre son corps, cette enveloppe charnelle qui fait de lui ce danseur. Tout commence par l’apprentissage de ses contours, semble-t-il nous induire. Et, il a bien raison.

D’un coup d’un seul, le regard du public se modifie. Ceux qui riaient en début de proposition, prennent conscience de ce qui se joue sur le plateau : accepter l’autre, tel qu’il est. Peu importe qu’il soit maigre, beau, laid, gros, handicapé, etc.., l’autre est tout autant humain que soi.
L’apport de la vidéo permet de mettre des images sur l’intérieur d’un corps qui demande à se nourrir et sur les fameuses cases dans lesquelles les gens sont classifiés (genre, poids, taille, sexualité, culture…). Francky Corcoy se retrouve assailli des mots qui reviennent sans cesse dans son esprit car entendu par la société. Une pression de l’extérieur est certaine, et sans nul doute, nous participons à celle-ci.
C’est avec beaucoup d’humour, qu’il se montre en pleine lumière, comme étonnée de ce qu’il vient de réaliser : danser comme John Travolta sous une boule à facettes. Le voir danser en pleine lumière lui rend justice. Il est lumineux, radieux et sa beauté est bien réelle.

GROS ne donne aucune leçon, si ce n’est celle de faire un travail sur notre perception de l’autre, celui que nous croisons tous les jours, à savoir notre semblable.

Gros, ts les jours jusqu’au 26 juillet, à 16h20, Théâtre du centre.

Laurent Bourbousson