[ITW] Keren Ann : « La première date d’une tournée est un peu un dévoilement »

3 mars 2026 /// Les interviews
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Paris Amour, solaire et mélancolique

Votre dernier album, Paris Amour, est salué par la presse. Il est le 10e album d’une discographie féconde. Comment avez-vous procédé à sa composition ? 

Keren Ann : Lorsque je me mets à écrire et à travailler sur un projet, entre le moment où j’imagine quelque chose, un son, des sujets et le moment où je l’enregistre, le processus, les envies et les désirs évoluent. Donc, bien évidemment, quand je me mets à écrire, je vais beaucoup me raconter comme pas mal d’ailleurs d’auteurs, de poètes et de compositeurs. 

« Paris Amour » est à un équilibre parfait. Il est à la fois mélancolique et très solaire. 

Keren Ann : Oui, et c’est le mélange des deux qui est intéressant dans la vie. C’est ce que j’explore à travers mes textes. C’est-à-dire que c’est toujours un équilibre, que ce soit dans la composition, dans le choix des mots, dans l’écriture, dans les sonorités. C’est toujours un mélange de lumière et puis d’une certaine forme de mélancolie qui est aussi une observation de la vie. Ce sont des choses dans lesquelles on peut trouver un confort, puisque ça veut dire aussi vivre. C’est vraiment l’équilibre des deux qui m’intéresse dans l’écriture. 

Il n’y a pas de titres en anglais dans votre dernier album. Est-ce que le français vous offre une façon différente, une liberté différente, pour dire l’intime ? 

Keren Ann : Je pense qu’en général, ce n’est pas une question de langue. L’écriture ou la narration intime m’intéresse parce que, que ce soit en anglais ou en français, quand je suis sincère et authentique dans mon écriture, c’est là que je ressemble le plus aux autres et que les autres me ressemblent le plus. Dans l’absolu, ce sont les mots, les joies, les sensations fortes que nous avons tous en commun. Tout le reste peut être traversé d’une manière peut être personnelle. Mais finalement, les choses qui nous touchent, les choses qui nous illuminent, les choses qui nous font mal sont les mêmes. 

Lorsque l’on réécoute votre discographie, on se rend compte de l’évolution de votre voix. Vous offrez une palette de timbre et on a l’impression que vous jouez avec.

Keren Ann : Je dirais que la voix, c’est comme la peau. Plus il y a du vécu, plus elle est intéressante, plus elle porte en elle la vie. Plus il y a de l’expérience, plus on ressent de la sagesse.

De l’album studio à la scène

Vous êtes en pleine préparation de votre tournée de l’Amour Tour. Paloma sera la première date à Nîmes le 19 mars. Comment abordez-vous le passage à la scène ? 

Keren Ann : J’adore le passage à la scène. Je n’essaie pas forcément de faire ce que je fais sur l’album, ce qui peut m’arriver pour une émission de radio, pour un titre en live, ou autre. Mais quand je me prépare pour une tournée, j’essaye de trouver des musiciens qui vont me permettre d’accéder aux envies sonores que j’ai. Il faut que l’on fasse de la musique ensemble. Je souhaite que l’on s’écoute et que l’on fasse les chansons avec des arrangements qui ressemblent à ce qu’on a envie d’entendre à ce moment-là. Ça ne m’intéresse pas d’aller faire l’album sur scène. C’est assez rock’n’roll comme méthode, finalement. Pour Paris Amour, j’ai beaucoup composé au piano. Donc, le son sera plutôt basse, batterie, piano et puis moi, à la guitare et au chant, même si je passe au piano de temps en temps. Mais c’est vrai que ce qui m’intéresse en live, c’est de monter sur scène et de vivre une expérience avec le public où je raconte les chansons, où je raconte le son. Les musiciens sont expressifs avec aussi dans leur jeu, leur musicalité. C’est ce qui m’intéresse, ce lien entre moi et les musiciens pour faire vivre une expérience et vivre une expérience avec le public pendant une soirée.

Qui sera à vos côtés ?

Keren Ann : À la batterie, Vincent Taeger ; à la basse, Sylvain Daniel qui a joué aussi sur l’album, et au piano, Johan Dalgaard.

Lorsque vous parlez du passage à la scène de Paris Amour, on voit très bien que cela va être un moment de partage.

Keren Ann : Je pense que l’on ne va pas au théâtre ou voir un concert si cela ne représente pas un moment de partage. En fait, je pense que quand on va dans une foule, c’est qu’on est d’accord pour partager. Pour nous qui sommes sur scène, c’est la même chose.

Quand on prépare une tournée, après 20 ans de carrière, est-ce que vous pensez à inclure vos chansons incontournables ? 

Keren Ann : Oui, il y a des chansons dont on a envie et que je suis contente de retrouver avec un autre son, avec une autre ambiance, oui.

Sans nous dévoiler la trackslist du concert, de quoi sera composé votre concert ?

Keren Ann : On va retrouver des chansons du dernier album. Il y aura aussi des chansons de tout mon répertoire, bien évidemment, des golds, des chansons qui ont vécu, qui ont une identité, d’autres qui étaient un peu moins connues et qu’on a envie de jouer parce qu’elles vont bien avec le son de cette tournée. 

Vous allez débuter votre tournée à Paloma, le 19 mars prochain. Connaissez-vous cette salle ? 

Keren Ann : Je crois que j’ai déjà joué il y a très, très longtemps à son ouverture. J’ai beaucoup d’amis qui, à chaque fois qu’ils sont en tournée, ont hâte d’aller jouer dans cette salle. J’ai vraiment envie d’être là pour ouvrir la tournée. J’ai envie de retrouver le public de Nîmes, j’ai envie que ce soit comme une espèce de blind date qui va être le début de quelque chose. Vraiment, je suis très touchée de commencer la tournée à Paloma.

Vivre des moments uniques en tournée

Que représente pour vous une première date d’une tournée ? 

Keren Ann : La première date d’une tournée est un peu un dévoilement. C’est comme si on allait devenir partenaires de quelque chose dans lequel nous, sur scène, sommes encore un peu fragiles, un peu émotionnels. On n’a pas encore la confiance de quand on est en fin de tournée. Il y a une vraie fragilité. On n’a pas totalement confiance en nous mais on a envie aussi de se dire qu’il y a quelque chose de fort qui est en train de se créer. Voilà, j’ai envie de ça.

Cette tournée va vous emmener jusqu’à la fin de l’année et du côté de la salle Pleyel à Paris. Qu’attendez-vous du public ?  

Keren Ann : J’espère que le public et moi allons vivre toutes ces dates de manière unique… C’est ce que j’aime pour les concerts sur scène. Ce n’est pas un truc qu’on enregistre, ce n’est pas un album, ni un live à la télé. Seuls les gens qui y étaient, peuvent vivre ce moment-là. Et j’adore me dire que là, je vais vivre une série de moments comme ça. J’ai hâte de venir à Nîmes et de commencer cette tournée là-bas. J’espère que le public sera au rendez-vous pour vivre ce moment.

L’invitation est donc lancée.

Tous les renseignement sur paloma-nimes.fr

Propos recueillis par Laurent Bourbousson
Questions : Laurent Bourbousson, Muriel Degret
Crédit photos : ©Amit Israeli

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