Sarah Adjou, la magnifique interprète de Revue à découvrir de toute urgence

19 juillet 2026 /// Les retours
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Il y a des spectacles que l’on regrette de ne pas avoir vus en début de festival. Revue de Sarah Adjou fait partie de ceux-là, tant la créativité, l’ambiance sonore, la lumière et l’interprétation qui en émanent font de ce spectacle un bijou.

Tout n’est que suggestion

En suspension, on retrouve les accessoires chers aux meneuses de revue : gants longs rouge vif et chaussures pailletées argentées sont à cour et à jardin, et attendent patiemment de s’animer. En fond de scène, une jupe de cancan noire aux frou-frous intérieurs d’un rose vif, que l’on découvrira plus tard.

Les deux premiers éléments placent directement le public dans l’image que l’on se fait du cabaret. Nous avons toutes et tous en tête les danseuses du Moulin Rouge et autres cabarets, assignant alors cet art au ringardisme le plus total.

Prendre forme

Tout débute par un souffle, celui d’une renaissance, celle de la réappropriation du corps de Sarah Adjou. Allongée, de dos face au public, c’est un corps totalement désarticulé qui reprend vie. Telle une marionnette à laquelle on aurait coupé les fils, l’interprète se livre à une variation totalement bluffante de virtuosité. Et cela ne va pas s’arrêter là.

Elle va jouer ainsi avec sa cage aux barreaux faits d’acier. Elle va la faire tourner pour mieux s’en extirper et faire vivre sa danse au grand jour, à la vue de tous.

Entre désarticulation du corps, mouvements issus des danses de revue, à la maîtrise parfaite, et danse contemporaine, Adjou brille par son interprétation, sa prestance et son audace.

Dynamiter l’image éculée de le revue

Avec son solo, Sarah Adjou affirme et transcende son parcours dans l’art de la revue. Car oui, il existe bel et bien un art des danses qui font cabaret. Que ce soit la danse langoureuse, voire aguicheuse — on ne vient au cabaret que pour la frivolité, non ? — ou la batucada teintée d’un rouge vif, il en faut de la maîtrise pour traverser tous ces courants dansés.

Sarah Adjou combine ainsi ses identités d’interprète dans ce solo percutant à plus d’un titre, qui invite à changer notre regard sur l’art de la revue. Combinée à une ambiance sonore d’où s’échappent quelques notes d’un New York, New York très minnellien ou d’un French Cancan assumé, Revue porte bien son nom et entre dans les théâtres par la grande porte. Bravo.

Laurent Bourbousson
Crédit photo : ©Isshogai et ©Laurent Philippe

Revue, jusqu’au 22 juillet – jours pairs – , à 11h00 au Théâtre du Train Bleu

Générique

Direction artistique et interprétation Sarah Adjou / Musique Romain Vasset (Compositeur) et Marianne Orlowski (Chanteuse) / Regard extérieur et dramaturgie Xuân-Lan Bui Khac / Création lumière Emmanuelle Stäuble / Costumes Caroline Denquin, Christophe Barre, Bas et Haut / Scénographie société.vide / Régie Justine Gérard

Production Yasaman – Coproduction Théâtre Jean Vilar (Suresnes) – Partenaires et soutiens Théâtre Jean Vilar (Suresnes), Atelier de Paris CDCN dans le cadre de StudioD Émergence, La Marensine Centre d’Arts Chorégraphiques (Soustons), Le 100ecs (Paris) et La Poèterie (Saint-Sauveur-en- Puisaye).

Ce spectacle est présenté dans le cadre du Pavillon de la Région Île-de-France.

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