[VU] Avec Masonn (Murs), Max Diakok joue avec l’altérité

25 septembre 2021 /// Les retours - OFF
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L’énergie des jeunes interprètes de Masonn (Murs), la nouvelle création de Max Diakok, démontrent que l’altérité est belle. Retour.

Max Diakok fait partie des chorégraphes que l’on aime rencontrer. Peut-être que cela vient du fait de la sagesse qui émane de ses paroles lorsque vous échangez avec lui, à moins que ce ne soit, et de cela nous en sommes certains, de la qualité de ses propositions.

Pour sa nouvelle création Masonn (Murs), le chorégraphe s’est entourée d’une jeune équipe d’interprètes. Esther Trusendi, Eva Julliere, Omar Cretella et Jérémie Polin Razanaparany sont pleins de fougue. Ils explorent avec justesse, et ce durant une heure, le thème central de la pièce, celui de l’altérité.

En construisant sa pièce autour de ce propos, Max Diakok entraîne le spectateur dans une réflexion dynamique questionnant le rapport à l’autre, à soi, au monde et aux frontières qui se dressent ou bien que nous dressons nous-mêmes par la force des choses.

Une énergie communicative

Le chorégraphe s’appuie sur l’énergie débordante de ses interprètes venus de différents horizons. C’est alors une danse métissée qui s’écrit au fur et à mesure. La danse gwoka et la danse contemporaine afro-caribéenne viennent se frotter au hip-hop et la house dance, accompagnant ainsi le décloisonnement de la pensée, sur la musique originale de Rico Toto.

Cette proposition tout public, à partir de 6 ans, se lit comme un livre. Depuis son propre territoire, matérialisé par des lumières (le travail de Claudio Cavallari est à saluer ici), chaque interprète s’exprime. Il suffit d’une fissure pour que l’énergie commence à circuler, entraînant des duos, des trios et quatuors. Tout s’enchaîne avec la même constance, celle du travail précis des danseu·r·se·s, dans une énergie qui finit par rejaillir dans la salle.

Des murs s’érigent face à eux mais leur volonté de tout bousculer, bien plus forte que tout, fait son œuvre. Leur singularité éclabousse le commun et la démonstration de l’importance de ne pas effacer l’identité de l’autre au profit de la sienne est sans appel.

L’altérité est plus que nécessaire à l’humanité nous raconte Masonn (Murs). Une altérité dont il faut prendre soin, afin de ne pas céder, trop facilement, à un enfermement collectif.

Laurent Bourbousson
Visuel : ©Annie Sorrel

Générique

Masonn (Murs) a été vu lors du festival off d’Avignon au Théâtre Golovine.

Chorégraphie : Max Diakok | Vidéo & scénographie : Claudio Cavallari | Interprètes : Eva Julliere, Esther Trusendi, Jérémie Polin dit Raza et Omar Cretella | Lumière : Anthony Valentin & Jérôme Bertin | Costumes : Peggy Housset | Musique originale : Rico Toto | Musiciens : Jaklin Etienne, Nathalie Jeanlys, Franck Nicolas, Olivier Juste et Rico Toto.

Dates : 30 sept. et 1er oct. à La Belle Étoile (93), 19 et 20 nov. au Centre Culturel Le Moustier, du 24 nov. au 1er déc. en Guadeloupe… Retrouvez l’ensemble des dates sur le site de la compagnie.

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