Vu dans le OFF2015 : MU – Saisons 1 et 2 – Marinette Dozeville

4 juillet 2016 /// Les retours - VU #OFF

Vu à la Condition des soies durant le #OFF15, Mu – Saisons 1 et 2 de Marinette Dozeville est à découvrir à La Caserne des Pompiers durant le #OFF16. Attention danseuse talentueuse.

MU – Saison 1 / La Femme manteau

MU-Saison1 ©Alain Julien

MU-Saison1 ©Alain Julien

Cachée sous un manteau de fourrure, Marinette Dozeville est la chose. Elle se mouve, éclairée par un faible rai de lumière. La lenteur, dans l’exécution de ses gestes, engourdit la perception. Les poils du manteau se hérissent, un à un, appelant à la fantasmagorie.
Capter à ce point le regard et l’attention sont assez rares dans un monde qui ne demande qu’à aller encore plus vite. Et si pour une fois, nous étions stopper dans notre course et convier à revisiter des images de notre inconscient collectif, afin de nous muer, à notre tour, en des créatures hybrides.
C’est le pari que fait Marinette Dozeville à travers sa danse. On pense effectivement à la mutation génétique, aux images des dessins animés des Studios Ghibli, à Nijinski aussi. Tout ceci paraît sans fil conducteur et pourtant. L’écriture chorégraphique est savante. De son manteau-carapace, elle devient cette danseuse qui expérimente, joue, avec les possibilités que le manteau offre. Une seconde peau pour mieux se cacher ou réapparaître au gré du temps. Elle convoque les images de la danse et invente son langage.
Son solo se termine comme il a commencé, au sol, sous son manteau-carapace. Elle revient à la terre, lieu de toutes les naissances et de toutes les morts.

Mu – Saison 2 / Vénus Anatomique

Nue mais habillée par un mapping vidéo, elle revisite les Vénus anatomiques de Clemente Susini du Musée d’histoire naturelle de Florence.
Marinette Dozeville nous raconte leurs histoires personnelles, leurs beautés, leurs forces, leurs luttes. Les images projetées sur son corps et les rapides coups de stroboscope font passer du réel au rêve. Un rire éclate, raconte la folie du monde. Et sa danse se dévoile. Elle se jette à corps perdu dans ces Vénus, elle les représente toutes.
Bestiale, féroce, sa danse est tout cela. Une véritable fureur l’anime, celle de vivre, de faire exploser les interdits.

Marinette Dozeville dévoile son talent à travers ces deux soli organiques. Une danse qui cherche au plus profond de ses racines pour mieux expier les fautes humaines.

Mu – Saison 1 & 2, jusqu’au 25 juillet, à 10h, à la Condition des soies.

Laurent Bourbousson
Photo : Mu, saison 2 ©Alain Julien