Vu #OFF16 : Une soirée au Théâtre du Passage – Avignon

2 août 2016 /// Les retours - VU #OFF

Le Théâtre du Passage (Avignon) a fait de son lieu un endroit reconnu des amateurs du théâtre physique, du clown, du mime et du burlesque. Retour sur une soirée durant laquelle le public est convier à croiser deux genres de théâtre physique, Only Bones de Thom Monckton et Betún de la compagnie Teatro Strappato. Entre rires et émotions.

Only Bones

Only Bones avec Thom Monckton (photo) © Kallo Collective

Only Bones avec Thom Monckton (photo) © Kallo Collective

Thom Monckton livre une série de numéros physiques et visuels dans son espace de jeu, un rond de 1 mètre de diamètre, avec fantaisie et drôlerie. Ses instruments de scène, une lampe, son corps, une figure modulable à souhait, et l’aide précieuse de Gemma Tweedie.

C’est en 50 minutes qu’il va livrer sa version de l’évolution humaine pour en arriver à sa naissance. Tout commence avec ses jambes, éclairées par un abat-jour, devenues pour l’occasion un monstre né du bing-bang. Le corps apparaît petit à petit, sans tête d’abord, puis avec. Thom Monckton finira sa démonstration en physicien génétique fou, mêlant des cellules, semblables ou différentes, pour créer le vivant.
Only Bones est une réussite dans le théâtre physique. La maîtrise de la gestuelle se fait garante d’images poétiques offrant au public une ouverture sur un imaginaire sans cesse renouvelé (magnifique scène des méduses se propulsant dans l’eau, notamment).

Betún
Dans le genre théâtre physique, différentes registres existent. Avec Betún, la compagnie Teatro Strappato livre un conte des temps modernes, sous forme de pantomime.
Partis en Bolivie, Cecilia Scrittore et Vene Vieitez ont récoltés la parole des enfants des rues pour témoigner de ces vies. Le travail d’écriture leur permet d’aborder sur scène les thèmes sensibles de l’abandon, de la drogue, du viol, de la prostitution et de la mort. Les rêves de l’enfant deviennent autant de respirations nécessaires pour rendre la quotidien plus viable. L’effroyable côtoie ainsi la poésie de l’âme même du personnage.

Betun de la Cie Teatro Strappato

Betún de la Cie Teatro Strappato

Le plateau se transforme en un immense dédale de rues, où tout se voit rien ne se cache, et où tout est affaire de pouvoir. Les propos, d’une dureté réelle, questionnent le rapport et l’engagement du soi pour des causes.
Betún de la compagnie Teatro Strappato collabore au projet de construction d’un foyer à Cochabamba (Bolivie) pour les enfants qui ont vécu dans la rue et donne ainsi au théâtre social tout son sens.

Laurent Bourbousson

Only Bones de Thom Monckton, jusqu’au 30 juillet, à 21h00 au Théâtre du Passage – Avignon
Betún de la compagnie Teatro Strappato, jusqu’au 30 juillet, à 22h15 au Théâtre du Passage – Avignon