Les gestes d’après de Coralie Émilion-Languille : renaître au désir

26 août 2026 /// Les retours
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Comment parler de renaître au désir après l’inceste et autres abus ? Comment se réparer pour continuer à avancer sans s’effondrer ?
Coralie Émilion-Languille met son écriture au service d’une renaissance, la sienne, pour retrouver le chemin vers l’autre.
Dans une mise en scène épurée et organique, signée Laure Montagné, elle dévoile par touches sensibles son joyeux retour à la vie, au désir, à la joie de redécouvrir le corps de l’autre pour se réapproprier le sien et dire toute la jouissance qui en découle. Cachée derrière un bouquet de fleurs flottant, elle apparaît en Dame Nature et entraîne le public dans une ronde de mots menée dans un seul et même mouvement. Par séquences, l’autrice avance ses pensées et déroule un fil invisible mais bien tenu.

L’organicité du texte (à l’orée de la forêt, les racines, la mer, l’iode) inonde le plateau. La comédienne replonge dans les fracas de sa vie avec une charge poétique qui dit autrement les souffrances inscrites dans sa chair. Les mots deviennent une véritable source de jouissance. Ils s’écoutent avec avidité et résonnent parfois comme des prières. La lumière de Gaspard Gauthier, du bleu au rouge puis vers des teintes plus douces, enveloppe la comédienne comme un cocon dont elle finira par sortir.

Elle devient chamane, brassant les feuilles de ses mains à même le plateau. Elle se fait déesse de son désir et renaît à elle.
« Je ne suis plus une victime maintenant ! Je suis une femme heureuse et dans la joie ! » dit-elle tout en se confrontant à ses ressacs intérieurs.

Dire le NON pour dire le OUI, explorant tous les recoins de son être à la recherche de l’étincelle qui finit par l’illuminer tout entière, Coralie Émilion-Languille transcende l’acte théâtral en une forme poétique. Le public assiste à sa renaissance, les yeux embués, et salue l’audace de sa poésie contemporaine. Puissant.

Laurent Bourbousson
crédit photo : Sophie Le Strat

Les gestes d’après a été vu au Théâtre Artéphile durant le Festival Off d’Avignon.
À voir à Paris, Théâtre Manufacture des Abbesses, un lundi par mois, d’octobre 2026 à février 2027. Programmation détaillée à venir sur le site du théâtre

Générique

Cette pièce est adaptée du livre éponyme de Coralie Emilion-Languille, publié aux éditions Unicité mêlant ses textes et dessins.

Texte et interprétation Coralie EMILION-LANGUILLE Editions Unicité | Mise en scène Benjamin GEORJON & Coralie EMILION-LANGUILLE | Interprétation Coralie EMILION-LANGUILLE | Création univers sonore Arnaud VERNET LE NAUN | Création lumières Gaspard GAUTHIER | Scénographie Laure MONTAGNÉ | Création costumes Gwendoline GRANDJEAN

Par Honorine Productions & 1977 | Soutiens : Le musée de la Halle Saint Pierre, La Fabrique Artistique de la Compagnie Dans6T à Tarbes, La Factory à Avignon, TDI paris 20ème, Le festival Toutes nos voix, La maison de la Jeunesse et de la culture des Terrasses à Conflans Sainte Honorine, Le théâtre de La Girandole à Montreuil, Le théâtre de La Chélidoine à Saint-Angel, La Tournée des ateliers à Libourne, Le festival Matrimoines à Montreuil, La Maison Des Femmes à Nancy, Le Centre d’Art Contemporain Polaris à Istres.

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