FDA26 : Forced Entertainment invente le Fake Show avec Everything Must Go

18 juillet 2026 /// Les retours
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15 minutes aura été le temps tenu avant de regarder l’heure depuis l’entrée en scène de Robin Arthur, Seke Chimutengwende, Richard Lowdon, Claire Marshall, Cathy Naden et Terry O’Connor, affublés de perruques et de déguisements sonnant faux. Arrivés depuis le fond de la Cour du Lycée Saint-Joseph, les joyeux drilles de Forced Entertainment vont, durant 1h40, faire du lip sync leur terrain de jeu.

Quand Tim Etchells invente le fake show

Les phrases extraites de textes de Tim Etchells, générées par des voix artificielles, sont interprétées par les acteurs dans ce que l’on peut qualifier désormais de fake show.
Car oui, tout sonne faux dans ce Everything Must Go, de leur entrée en scène jusqu’à la phrase finale (oui, nous avons tenu, tout en enviant le public qui quittait la salle, ou en pensant au lendemain, au titre de cette critique que je suis en train d’écrire).
Tim Etchells voulait faire de ce troisième volet de sa trilogie consacrée aux voix générées par intelligence artificielle et au lip sync une critique de la relation entre les êtres humains et les présences fantomatiques, ainsi que des désirs générés par la machine capitaliste (phrase extraite du site du collectif). Sauf qu’ici, le but est loin d’être atteint : le procédé rate-t-il son but affiché, ou est-ce le but lui-même qui est stérile ? À l’usure du spectacle, c’est la seconde hypothèse qui s’impose.

Everything must go à l’usure

Pris entre deux deep deep water (mot que l’on entend à l’envi) ; des applause de séries télévisuelles lancées à chaque fin de scènes ou en plein milieu ; des costumes cheap qui donnent un goût suranné de ce que l’on regarde ; des perruques à n’en plus pouvoir (cheveux hirsutes, coupes au bol, cheveux bouclés…) ; des scènes qui se rejouent avec différentes voix et différents personnages ; la présence d’écrans sur lesquels défilent des images de catastrophes, d’émissions ou de desins animés en accélérées, anecdotique ; Tim Etchells épuise et fait naître le désinterêt total de ce qui se passe au plateau.
Une lueur sur les dernières minutes de ce fake show lorsque Don’t Give Up est répétée par les voix, car c’est ensemble que tout pourra continuer. Mais cela arrive trop tard. la démonstration aura trop duré.
Épuisant en fin de compte.

Laurent Bourbousson
Crédit photo : ©Chritophe Raynaud De Lage / Festival d’Avignon

Everything must go a été vu le 16 juillet 2026 dans le cadre du Festival d’Avignon

Générique

Avec Robin Arthur, Seke Chimutengwende, Richard Lowdon, Claire Marshal, Cathy Naden et Terry O’Connor / Création collective
Mise en scène Tim Etchells / Texte, composition musicale et création sonore Tim Etchells / Lumière Nigel Edwards / Scénographie Richard Lowdon / Vidéo Tim Etchells & Hugo Glendinning / Régie générale Alex Fernandes / Administration de production Jim Harrison / Production Eileen Evans / Traduction française pour le surtitrage Aurélie Cotillart

Coproduction Factory International (Manchester), Festival d’Avignon, HAU Hebbel am Ufer (Berlin), Künstler*innenhaus Mousonturm (Francfort-sur-le-Main), PACT Zollverein (Essen), SPRING Performing Arts Festival (Utrecht)
Soutien pour le 80e Festival d’Avignon : British council
Forced Entertainment est une compagnie soutenue au titre du National Portfolio de l’Arts Council England. 
Représentations en partenariat avec France Médias Monde 

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2 Commentaires
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Marie
27 jours plus tôt

Bien on va donc éviter à tout prix !

Francis Braun
26 jours plus tôt

Ce qui est dangereux c’est l’utilisation de ces voix IA. L’avenir est inquiétant si cette pratique devient récurent. Elle est tellement antinomique et va à l’encontre du Théâtre vivant. Elle peut être intégrée mais surtout pas devenir l’élément essentiel d’une création.
C’est long, monotone dans la réalisation mais pas vraiment ennuyeux.
A déconseiller quand même !

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