3 questions à Frédéric Richaud pour Mon Pays étranger

7 février 2019 /// Les interviews

Parler avec lui, c’est déjà rencontrer un passionné, un raconteur d’histoires. Pas un bonimenteur, non, mais une personne sincère et juste. Vous pouvez lui poser n’importe quelle question, le metteur en scène, comédien et professeur qu’il est, vous répondra toujours avec bienveillance et dans une transparence rare. Il est à la direction de la compagnie Éclats de Scènes, structure porteuse des Conviviales. Frédéric Richaud est à la une du numéro 4 de webrevue, qui sera à découvrir à partir de samedi 9 février 2019, dans la rubrique revue. Propos recueillis par Laurent Bourbousson.

Ce sera une interview fleuve que vous découvrirez dans les pages de la webrevue. Mais pour l’instant, on revient sur Mon pays étranger, qui sera présenté ce soir, au Théâtre des Carmes à 21h, dans le cadre du Festival Fest’Hiver – Scènes d’Avignon.

La saison 2018-2019 est chargée pour la compagnie…
Nous avons repris Des bras comme des ailes. Ce texte a été écrit par Michel Bellier alors qu’il travaillait sur Les filles aux mains jaunes. Il a découvert l’histoire du soldat Trébuchon, tué 5 minutes avant l’Armistice. Il m’en a parlé et je lui ai demandé de m’envoyer ce qu’il avait écrit. À sa lecture, je me suis dit que c’était pour moi. J’en ai fait une lecture sous son autorisation. Ce texte résonnait tellement fortement… Je me suis demandé comment nous allions nous inscrire dans les commémorations du Centenaire 14-18. C’est ce texte que j’ai décidé de monter. Joëlle Cattino, qui avait travaillé sur Bidoch’Market, le met en scène. La représentation dure 30 minutes et invite à 20 minutes de discussion. J’ai souhaité être seul, sans accessoire. Je mets tout dans ma voiture et je pars le jouer partout. C’est ce que j’ai envie de faire avec ce rapport direct avec le public : “Vous ne venez pas au théâtre ? Je viens à vous”.

Aïni Iften dasn Mon Pays étranger ©Mathieu Castelli

Vous créez également Mon Pays étranger.
Oui. Ce texte relève d’une réelle démarche. Avec la directrice du Pied à l’étrier, nous avons travaillé sur une récolte de paroles avec l’accord d’un groupe de FLE (Français Langue Étrangère). Nous l’avons fait avec Michel Bellier sur la première année. Pour la seconde, j’ai demandé à Catherine Verlaguet d’intervenir. On a mis en place ces ateliers. À chaque fin de séance, Catherine écoutait ce qui avait été dit et retravaillait le questionnaire de la semaine suivante. Elle a tout récupéré et a écrit Mon Pays étranger. Au départ, je ne voulais pas le monter et lorsque je l’ai lu, j’ai tout de suite pensé à la comédienne Aïni Iften pour le rôle. Catherine pensait également à elle. Nous lui avons donc demandé d’interprèter le rôle et Aïni a dit oui.

Y-aura-t-il une autre création ?
J’ai un projet de spectacle jeune public. Ce sera un conte et il fera partie de la collection Contes cocasses. Nous retravaillons des contes connus, et on va s’attaquer au Petit Poucet car la violence qui s’en dégage m’interpelle.
Et enfin, Sarah Nedjoum et moi allons jouer dans une production du festival Les Nuits de L’enclave : Antigone de Sophocle.

Mon Pays étranger de Catherine Verlaguet
Mise en scène Frédéric Richaud | Interprétation Aïni Iften
Dans le cadre du Fest’Hiver – Scènes d’Avignon, le jeudi 7 février 2019 à 21h. Renseignements ici.

Retrouvez l’intégralité de l’interview samedi dans le numéro 4 de la webrevue (photographie de couverture Marl’n B Photographie).