Festival d’Avignon : une présentation de programme tel un manifeste

14 avril 2026 /// Les retours
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Lorsque le public entre dans La FabricA, en ce mercredi après-midi, il devine des présences sur scène plongées dans la pénombre. Des femmes et des hommes, assis sur leur chaise, attendent patiemment. Ils et elles sont nombreux. Après les discours d’usage, la lumière se fait enfin sur eux. Elle éclaire tous les visages qui représentent ce qu’est le public du Festival d’Avignon. Ce sont près de 80 visages qui nous regardent. Ce sont 76 personnes, pour être exact, qui représentent une micro-société vivant au rythme des créations artistiques des artistes invité·e·s durant un mois d’été. Toutes et tous prendront la parole tour à tour, égrainant ainsi la programmation et les divers rendez-vous qui attendent les festivaliers durant ce mois de juillet prochain. L’exercice périlleux de la conférence se voit renouvelé et hautement réussi.

Tiago Rodrigues, directeur du Festival d’Avignon, s’efface derrière celles et ceux qui font la force et la renommée du festival : le public. L’équipe du Festival, elle aussi absente de la scène, est bien présente dans la salle assise sur les sièges. Toutes et tous regardent le spectacle que leur réserve ce public hétéroclite, à l’image de notre société.

Un point d’interrogation en guise d’invitation

Présent à leur côté, Tiago Rodrigues ne prendra la parole qu’en fin de présentation. Le metteur en scène vient d’orchestrer alors l’une des plus innovantes présentations de programmation durant laquelle les sourires, les émotions, les envies, l’enthousiasme et la curiosité se sont fait ressentir. Il a réussi à faire de ces visages un chœur vibrant à l’unisson du rythme des titres des spectacles qui feront le succès de la prochaine éditon.

En mettant en avant les paroles des publics du Festival, Tiago Rodrigues signe une présentation de programmation tel un manifeste, celui de faire entendre des voix qui s’élèveront durant le mois de juillet. Il est vrai que la passion du spectacle vivant donne lieu à des discussions animées autour des spectacles.

L’affiche, que l’on doit à l’agence marseillaise Perméable, invite à se laisser aller à la discussion et à nos interrogations que peuvent susciter les spectacles qui seront vus du 4 au 25 juillet durant la 80e édition du Festival d’Avignon. Une véritable invitation pour voir notre monde autrement afin de mieux le comprendre ou du moins d’en saisir tous les contours.

Côté programmation

Ouverte depuis le samedi 11 avril, la billetterie est prise d’assaut depuis. Cette semaine, cela se fait sur le site du festival mais pour cela, il faut avoir réservé son créneau horaire (jusqu’au 18, puis ouvert à tous à partir du 18 avril). En attendant, il ne reste plus qu’à faire ses choix dans cette programmation enthousiasmante pour vibrer durant ce mois de juillet parmi les 47 créations.

Les festivalières et festivaliers auront le loisir de découvrir la culture coréenne qui rayonne par le monde à travers sa littérature, son cinéma, sa gastronomie et mondialisation oblige par ses séries et sa musique (K-pop). La danse pulsative de Sung Im Her (1 Degree Celsius – du 5 au 11 juillet) sera une belle entrée en matière. Le metteur en scène, compositeur et vidéaste sud-coréen lauréat du prix de l’International Ibsen Award 2026, Jaha Koo, illustrera les dérives de l’impérialisme économique en Corée du Sud (Cuckoo – du 5 au 8/07), invitera le public au comptoir d’une pojangmacha (Haribo Kimchi – du 11 au 15/07) et examinera l’impact du canon occidental sur l’identité culturelle coréenne (The History of Korean Western Theatre – du 6 au 9/07) à travers ses performances. Il sera question du massacre de Jeju (Corée, 1948) avec Kyung-Sung Lee (Island Story – du 4 au 6/07) (voir toute la porgrammation de la langue invitéeici).

On ne présente plus le metteur en scène et directeur du Théâtre de l’Odéon, Julien Gosselin. Ce dernier présentera Maldoror dans la Cour d’Honneur du Palais des Papes (du 4 au 12 juillet). Lui succéderont dans la mythique cour du palais, Isabelle Huppert et Hyeyoung Lee pour la lecture performance mise en espace par Julie Deliquet de Oiseau de Han Kang (les 15 et 16/07), Benjamin Clementine pour un concert exceptionnel (le 19/07) et le cirque contemporain de la Compagnie XY avec Le Pas Du Monde (du 23 au 25/07).

À La FabricA, Thipahine Raffier et L’hors-présence ouvriront la 80e édition (du 4 au 10/07), la danse de Katerina Andreou & Cara de Cavalo lui emboiteront le pas (du 13 au 16/07) et Marion Siéfert y présentera Bunker (du 19 au 25/07).

Théâtre d’une seule proposition, la Carrière de Boulbon verra cette année se succéder Silence du duo Lucie Antunes & Mathilde Monnier (du 5 au 8/07) et le collectif tg STAN pour 1,2,3 Poquelin (du 13 au 25/07).

Enfin, la 80e édition se clôturera dans la Cour d’Honneur avec L’Aube des questions, le 26 juillet à 5 heures du matin, moment propice pour poser 80 questions au monde et à l’avenir.

Les choix d’Ouvert aux publics

Rébecca Chaillon, La Parabole du Seum – Julien Gosselin, Maldoror – Lucie Antunes & Mathilde Monnier, Silence – Thibault Perrenoud, Hamlet – Madeleine Fournier, Growing Piece – Caroline Bianchi & Cara de Cavalo, Trilogia Cadela Força – Katerina Andreou & Carte Blanche, HOW ROMANTIC – tg Stan, 1,2,3 Poquelin – Vanasay Khamphommala, Je chante une chanson toute nue en échange d’un verre – Forced Entertainement, Everything Must Go – Boris Charmatz, Muette – Marion Siéfert, Bunker – Benjamin Clementine, Concert – Collectif XY, Le Pas du Monde – Trajal Harrel, Music, Music

Laurent Bourbousson

Toute la programmation sur festival-avignon.com

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Francis Braun
1 mois plus tôt

Bravo Laurent. C’est d’une extrême exactitude. Tu as tout dit et tellement bien. Tu as tout analysé comme il se devait d’être. C’est precis, indicatif et tout a fait explicite. Bravo pour cette belle analyse.

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