[ITW] À la rencontre d’Adam Naas

19 janvier 2019 /// Les interviews

Le 22 janvier, son concert au Café de la Danse à Paris affiche complet. Le 26 janvier, il se produira sur la scène du Cargo de Nuit à Arles, et à Saint Jean Védas, le 29 mars. Voici deux occasions de découvrir cet artiste sur scène dans la moitié Sud de la France. En attendant, on a échangé avec Adam Naas.

De son premier titre Fading away, qui nous a fait chaviré, en passant par son EP éponyme, et maintement son LP The Love Album, Adam Naas a imposé sa voix et son style dans l’univers musical.
Si vous suivez les playlists du blog, vous avez forcément déjà entendu ses chansons. Son titre I want to get you close to me figurait parmi les 100 titres de l’année 2018 et son album parmi les 10 albums 2018 à détenir.

Ses chansons sont de véritables pépites soul, pop, et peuvent à certains moments sonner un peu rock. Il a l’ADN des chanteurs avec lesquels l’avenir va s’écrire, et c’est plutôt cool, dirait-il. Adam Naas est en interview.

De l’EP au LP

OAP : Vous partez, ces jours-ci, sur les routes pour une tournée afin de défendre votre premier album. Comment vous sentez-vous ?
Adam Naas : Avec mon premier EP, j’ai eu une chance inouïe de voyager aussi bien en France qu’à l’étranger. Et là, de partir en tournée avec un album, qui est plus fort et beaucoup plus important pour moi finalement, ça fait du bien et c’est cool. J’aime bien l’idée de rencontrer de nouvelles personnes et de découvrir un nouveau public.

Il est vrai que vous êtes connu à l’International. Etait-ce une volonté ?
Je suis effectivement allé jouer au Brésil pour l’EP. Ce n’était pas nécessairement une envie. Ma seule ambition est que je voulais jouer là où je pouvais jouer. Si on me demande d’aller jouer dans les chiottes, j’irai jouer dans les chiottes.

The Love Album

Avec votre premier album The Love Album, on a l’impression que vous nous racontez une histoire ?
Mais est-ce que tous les albums ne racontent pas une histoire finalement ?

Pour les premiers albums, souvent on retrouve certains titres des premiers EP. Pour vous, il en est autrement.
Effectivement, je n’ai pas mis des titres de l’EP sur l’album. Je ne sais pas pourquoi on les ressortirait sur un album. Je pense que c’est juste une histoire de marketing pour réalimenter un buzz, peut-être… et je ne voulais absolument pas ça. Pour moi, l’EP était fini. The Love Album était un nouvel enfant. Il a d’autres histoires, d’autres sources d’inspiration.

Dans la presse, on vous compare assez souvent à Prince. Est-ce que vous vous êtes posé la question de savoir pourquoi ?
Merci de me poser cette question. Je n’ai jamais vraiment voulu faire des chansons comme Prince. Il faut savoir que les seules chansons que je connaissais de ses albums étaient Kiss et Little red corvette. Je n’ai vraiment pas l’idée d’une influence quelconque. Si j’étais blanc aux yeux bleus, je pense que l’on aurait pas fait le rapprochement avec lui. Mais c’est cool d’être comparé à Prince.

La musique d’Adam Naas

Si l’on écoute votre EP et l’album, on sent une évolution. Lors d’une interview pour l’émission Acoustic, vous avez dit : « Je ne pense pas avoir trouvé mon style musical ». Est-ce toujours le cas ?
Toute personne, qui se regarde dans le miroir et qui se demande Qui est-ce que je suis ?, Qu’est-ce que je veux devenir ?, ne trouvera jamais de réponse définitive. C’est pour ça que c’est cool d’être vivant. On vit des expériences, on rencontre plein de gens et tout ça nous rapproche de la réponse à trouver, avec des chemins très différents. C’est cela l’objectif, d’aller le plus loin possible dans la recherche de sa propre existence.
Du coup, l’évolution de ma musique prend ce chemin là, et je pense que, jusqu’à ce que je finisse incinéré ou sous-terre, ce sera comme ça. En même temps, ça fait partie de mon comportement, je suis assez changeant et instable, c’est un joyeux bordel quoi.

Comment définiriez-vous votre musique ?
Dans mes sons, je recherche cette rythmique qui claque. Ce son est propre à la pop. Ensuite, le fait d’être nourri par tellement de styles différents fait que ma musique est un peu désarticulée.

Quels genres musicaux écoutez-vous ?
Là, je vais appeler Chris (Christelle Cannot), ma musicienne. Chris, tu peux répondre pour moi, qu’est-ce que j’écoute comme genre musical ?
Chris : En ce moment c’est très rock années 70 ou plus tard, les classiques en fait.
Adam Naas : J’écoute pas mal de Glam rock, mais de manière générale, j’écoute tout ce qui tourne autour des voix. La Soul, le R’N’B, le rap des années 90. Il y a toute cette influence communauté afro qui est là. Je suis passé par différents styles, la Pop Indé, le Rock Indé, le Glam et j’ai même eu ma période Garage. Il y a vraiment de tout. Dès qu’il y a quelque chose qui me plaît, j’écoute et j’essaie d’en tirer le meilleur pour en injecter dans ma musique.

En concert

Vous allez vous produire au Café de la Danse, à Paris, le 22 janvier. Ce concert affiche complet. Vous avez un beau planning de tournée. Comment avez-vous pensé les arrangements pour le passage de l’album studio à la scène ?
C’est drôle que tu poses cette question parce que côté technique marche complètement. Mais là, ça va être différent. Mon meilleur pote (Louis Guego), qui est musicien, a un problème de santé et va devoir s’absenter un petit peu. On va revoir avec Chris tous les arrangements scéniques. On bosse sur une autre façon de faire la scène car il y a une autre personne qui nous rejoint. J’aurai bien aimé répondre à cette question demain car on sera en répét une bonne partie de la journée.
C’est un travail tellement cool de travailler le son sur la scène avec des personnes à qui tu tiens, tu leur permets de mettre une partie de leur âme dans la musique, c’est vraiment un sentiment indicible. C’est comme si tu ouvrais les portes de chez toi et que les laissaient pénétrer.

Propos recueillis par Laurent Bourbousson
Crédit photo : Olivier Gandrille

Adam Naas en concert au Cargo de Nuit (Arles) le 26 janvier 2018. Renseignements : ici.