[RDV] Les rencontres de la SABAM au Théâtre Tranversal

29 septembre 2021 /// Les interviews - Les retours
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Certains rendez-vous marquent le début des saisons théâtrales. Les rencontres de la Sabam en font partie. Et ça se passe du 30 septembre au 3 octobre 2021 au Théâtre Transversal.

Pour celles et ceux qui méconnaissent la Sabam, c’est la société belge des auteurs compositeurs et éditeurs vivants. Et c’est au Théâtre Transversal qu’auront lieu, pour la seconde année, ces rencontres.

Laetitia Mazzoleni, directrice de la structure, en est la cheffe d’orchestre. Elle choisit les textes parmi les manuscrits envoyés par la société, et invitent musiciens et comédien·ne·s à s’en emparer.

Et c’est en une semaine au plateau, en 3 fois 4 heures pour chaque lecture ! , que musique et voix s’accordent. Les duos se succèdent durant 5 petits jours. Housses de guitares, escabeau et pendrillons noirs se partagent l’espace laissant assez de place pour les pupitres, chaises et tabourets qui seront utilisés par chacun des comédien·ne·s et musiciens.

Ainsi court le chemin en répétition

Laetitia nous a ouvert les portes de la répétition de la lecture de Ainsi court le chemin de Nathalie Boutiau, avec Barbara Ferraggioli (lectrice) et Sébastien Piron (musique).

Ils vont tenter de donner corps à ce texte. Véritable saut dans l’inconnu, chacun d’eux trouve sa place dans cette lecture. Pour Barbara, la bonne tonalité dans la voix, et pour Sébastien, la bonne mélodie. Lui n’a pas répété ce qu’il va jouer mais certains moments du texte sont déjà repérés. Elle, n’en a lu et relu que la première partie. Pour la suite, elle la fera sienne au moment de la répétition.

Laetitia Mazzoleni, carnet à la main, écoute attentivement et note scrupuleusement le moindre détail. Le retour se fait une fois la lecture terminée. Il ne reste plus que quelques jours pour trouver le bon équilibre et le détail qui fait que tout fonctionne.

On peut vous dire que l’harmonie qui se dégage de cette alchimie tient à beaucoup d’éléments. La sensibilité de chacun apporte un cadre au très beau texte de l’autrice qui a pour sujet la relation fille-père et de la place que l’on accorde à cette relation lorsque le père est placé en maison de retraite. La voix posée de Barbara Ferraggioli raconte cette histoire d’amour filial où faits et pensées se nourrissent. La musique de Sébastien Piron donne des envolées aux paroles et sont des respirations précieuses bien pensées. Quant aux notes, elles apportent encore plus de profondeur au propos et Barbara cueille son auditoire tout simplement.

Préparez-vous donc à vivre de beaux moments durant ce week-end au Théâtre Transversal où le vivant retrouve sa place sur un plateau de théâtre.

Interview : 3 question à…

Laetitia Mazzoleni

Combien avez-reçu de textes cette année ?

J’ai reçu 37 textes, ce qui est nettement moins qu’en 2019 ! J’en avais reçu plus de 70 ! C’est malgré tout un sacré challenge et une sacrée responsabilité de réduire le choix à 6 textes à lire…

Quels sont les sujets des textes que vous avez retenu ?

Nous allons parler de migrants, du Petit Poucet, du rapport fille-père dans l’accompagnement dans la vieillesse, un hommage au duo comique « Les Frères Ennemis » des années 70, d’amour et d’absurde. Mais ce ne sont pas les thèmes qui guident mes choix, je suis toujours plus touchée par une écriture que par un thème. Nous parlons d’auteurs de théâtre, nous sommes dans l’écriture.

Comment avez-vous constitué votre équipe de musiciens et comédien·ne·s ?

Comme pour les textes, c’est très dur de faire un choix ! Il y a tant d’extraordinaires artistes à Avignon ! Je choisis surtout des gens de confiance, à qui je peux demander de travailler en équipe et en bienveillance, parce que nos propositions vont au-delà de la lecture, il y a un véritable engagement artistique, une proposition pour chaque texte.

Barbara Ferraggioli

Lorsque Laetitia vous a proposé l’exercice de la lecture, comment avez-vous réagi et qu’est-ce qui vous a décidé à le faire ?

J’ai été surprise et en même temps très heureuse à l’idée que nous nous retrouvions autour d’un travail au plateau. Nous avions déjà travaillé ensemble il y a longtemps, et avions très envie de remettre ça. On en parlait depuis un moment. Et puis j’aime l’idée de donner à entendre des textes d’auteurs belges, j’ai fait mes études à Bruxelles ; tout cela à du sens pour moi.

Pourquoi avoir choisi ce texte précisément ?

Le choix des textes pour Les rencontres de la Sabam s’est fait de façon chorale, avec toute l’équipe, autour de la table. Nous avons lu les textes ensemble et nos choix respectifs se sont faits naturellement. Mais sans mauvais jeu de mot, je crois que c’est ce texte qui m’a choisie…

Vous allez lire votre devant l’autrice, Nathalie Boutiau. Avez-vous une appréhension ?

Je ne sais pas si on peut parler d’appréhension. J’espère surtout donner à entendre et à savourer son texte.
J’essaie de tenir à l’écart toute forme d’appréhension, pour laisser la place au sensible, au vibrant. C’est un texte très intime. Alors j’imagine que l’autrice doit faire un chemin pour accepter que quelqu’un d’autre s’en empare. Et en lisant, j’essaie de faire le chemin pour entrer dans ses mots.

Sébastien Piron

Nous venons d’assister à la répétition. Vous n’aviez aucune partition devant vous. Qu’est ce qui a déclenché le fait de jouer à partir d’un moment et non d’un autre ? 

Nous avions décidé que je jouerais en intro, et sur les petits textes qui entrecoupent les grands. À un autre moment (ou plus, je ne sais plus) j’ai joué parce que je le sentais, et pour casser le systématisme de jouer seulement sur les petits textes.

Chaque morceau de musique donnait de la profondeur au propos. Est-ce que l’idée était de traduire en musique l’émotion que pouvait procurer les mots ?  

Oui, c’est l’idée, en toute subjectivité et relativité…

Vous avez joué de la mandoline. Est-ce cet instrument que l’on retrouvera le soir la représentation ?

Plus précisément, c’est une mandole (un peu plus grand qu’une mandoline et moins qu’un bouzouki). Oui, je jouerai de cet instrument.

Propos recueillis par Laurent Bourbousson

Générique

Les lectures rencontres de la SABAM du 30 septembre au 3 octobre avec Kristof Lorion, Thierry Otin, Barbara Ferragioli, Laetitia Mazzoleni, Lambert Angeli et Sébastien Piron.

Au programme:

La jauge réduite, réservations au 04 90 86 17 12.

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