[VU] Au nom du rêve #2 : liberté chérie

11 juillet 2024 /// Festival d'Avignon - Les retours - OFF
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Au début, était l’électro

Installés parmi le public, les danseurs Luc Bénard et Pierre Theoleyre attendent l’entrée de la musicienne Sarah Procissi au plateau pour prendre place. Lorsque les sons électro acoustiques s’échappent des machines de la musicienne, ils se présentent face au public, le regard fixe comme perdus.
Débute alors, un phrasé chorégraphique que l’on est peu habitué à voir chez Eric Oberdoff. Les mouvements fragmentés et nerveux, les soubresauts et les gestes angulaires exécutés avec précision par les interprètes bousculent et interpellent.
Nos deux danseurs semblent être prisonniers de leur condition. La musique ne leur laisse pas une once de respiration. Tout s’enchaîne à vive allure. Tout lien semble réduit à néant dans cette première partie. Les danseurs échangent seulement des regards sans passer par le contact jusqu’à ce qu’un nouvel horizon illumine le plateau.

Rendre la place au vivant

La musicienne Sarah Procissi se saisit de son oud et vient s’installer à cour, face public. Les premières notes remettent du vivant et de la chaleur qui étaient jusqu’ici absentes.
Les deux danseurs semblent se laisser bercer par le doux son du oud. Leurs gestes deviennent plus ronds, plus tendres l’un envers l’autre.
La présence incandescente de la musicienne saisit le public. Son écriture musicale est forte. Elle insuffle l’énergie aux corps des interprètes qui reprennent possession de leurs corps petit à petit. Ils se libèrent de leurs chaînes et ne sont plus dans des mouvements robotisés et conditionnés par un quotidien sans horizon. Ils sont, à l’inverse, dans une béatitude qui se manifeste par une danse empruntée au soufie.

Eric Oberdoff surprend avec cette nouvelle création. Il poursuit son travail autour de la notion d’enfermement et s’inspire des états de corps observés chez les personnes aux parcours de vie accidentés, notamment des tensions musculaires et articulaires inscrites sur les corps en prison. Au nom du rêve #2 s’inscrit dans la mémoire et renvoie à l’image de notre robotisation forcée. Il est temps de remettre du vivant dans nos corps afin de les rendre plus libres.

Laurent Bourbousson
Crédit photo : ©Eric Oberdoff

Générique

Au nom du rêve #2 a été vu au Théâtre Golovine. Jusqu’au 21 juillet, à 14h (relâche les lundis). Tous les renseignements ICI.

Chorégraphie Éric Oberdorff / Musique originale, composition & interprétation Sarah Procissi / Lumière Jean-Gabriel Valot / Interprétation Luc Bénard, Pierre Theoleyre, Elie Tremblay (en alternance)

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