VU #OFF18 : L’ombre de la baleine, quand la tendresse et la délicatesse portent le capitaine

20 juillet 2018 /// Les retours - VU #OFF

Quand Moby Dick réveille les ombres de l’enfance… Retour.

Entrée salle, Mikaël Chirinian est assis à jardin et nous accueille avec regards chaleureux et doux sourires.

À le regarder, l’observer, je me dis que sa présence, sa générosité et sa beauté… viennent/reviennent de loin.

Je ne sais « presque rien » de lui, j’ai loupé, à regret, ses deux solos précédents. Je n’ai lu que les mots que son travail avait « inspirés » et
ceux qu’il avait partagés à ces occasions.

J’ai donc multiplement envie de le « croiser »… « D’apercevoir » cet humain là, du moins dans ce qu’il porte en scène.

Alors, quoi de mieux, comme première rencontre, que ce texte personnel co-écrit avec Océan.

Aparté : J’ai trouvé superbe ce qu’il livre de son travail sur ce projet, je ne l’ai jamais fait, mais là, copié collé, envie de partager :
« En plongeant dans Moby Dick, c’est l’ombre de mon enfance qui m’est apparue. »
« Je me suis lancé dans l’adaptation de ce morceau de la littérature américaine comme on part en mer. Quelque chose de surprenant s’est alors produit : plus j’avançais dans l’histoire, plus le regard d’Ismaël m’apparaissait familier ; plus je travaillais, plus je reconnaissais l’obsession et la rage du capitaine Achab à s’évader de sa propre muraille… La monstrueuse baleine blanche, je la connaissais bien, elle me menaçait depuis des années.
Ce combat s’avérait beaucoup plus personnel que je ne l’avais prévu.
C’était mon histoire qui se jouait sur ce bateau. » Mikaël Chirinian

Je m’installais donc au théâtre des carmes avec des mots et des images… Risqué, car, dans ces cas-là le voyage n’est que durement
gagné.

Mais là, je dois dire que la qualité du jeu, du récit et de la scénographie tiennent « haut la barre ».

C’est beau, très beau ; inventif, sans esbroufe, poétique, humain et talentueux. Ça rend heureux d’être là.
Petit clin d’oeil, si j’étais plus doué en origami, je ferai mille grues « pop up » pour escortes à ce « spectacle ».

… Bon, vous l’aurez compris, ne manquez pas cette heure généreuse.

Bernard Gaurier
Crédit photos : WilliamK

L’ombre de la baleine de Mikaël Chirinian et Ocean, du 6 au 25 juillet, à 13h15 (relâche les jeudis) au Théâtre des Carmes
Mise en scène Anne Bouvier (assistée de Pierre Hélie) | Interprète Mikaël Chirinian | Musique Pierre Antoine Durand | Décor Natacha Markoff | Lumières Denis Koransky

PS : Ce projet, collectif, à inspiré d’autres beaux mots, je vous en livre quelques un en partage.
« Ce texte, dont j’ai eu la chance d’accompagner l’écriture, est tout autant une histoire intime qu’un questionnement collectif, qui interroge notre capacité à transformer le négatif en positif, le réel en fiction, la violence en amour. Il est aussi une métaphore de ce qu’est le théâtre lui même: une catharsis, un lieu ultime de rencontre avec la beauté, et l’endroit où la rencontre avec l’Autre est à la fois puissante et extrêmement ténue. » Océan.
« C’est un voyage que je vais tâcher de construire, une sorte d’odyssée de la mémoire et de l’illusion à travers lequel Mikael va apprendre à affronter ses démons pour les faire siens, nôtres…» Anne Bouvier

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cattino

Ce spectacle est une joie de tous les instants. Un reel éblouissement. Des histoires qui portent l’humain très loin, très haut. On se dit cette interaction entre l’ ombre de la baleine et celle qui cogne de plein fouet, le coeur d’un jeune garçon. Il y a celle du père qui regarde les westerns parce qu on sait qui est le bon qui est le méchant…. Des identités de théâtre, des personnages réels, et la grand mere (qui explique pourquoi tout chavire)…. tout se mélange, jusqu à ce que Moby Dick revienne tel un rêve dans l’espace mental d’ un enfant…. Incroyable narration et poésie qui tiennent la dragée haute et nous entrainent dans la vie et une histoire finalement des migrations contemporaines…. Marie Pierre Cattino