Feu sur la 15e édition du festival Constellations

17 septembre 2025 /// Les interviews
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Aujourd’hui débute la 15ème édition du festival Constellations. 5 jours où la danse se regarde, se danse et crée des espaces propices aux discussions. On fait le tour de cette réjouissante édition avec Frank Micheletti, fondateur du festival.

15 ans déjà pour le festival. C’est assez fou, non ?
Oui, en effet. Les premières éditons étaient plus chargées en propositions, ce qui fait que nous avons eu depuis le début du festival plus de 400 artistes chorégraphes invités.

Est-ce que le festival Constellations à la volonté de s’étendre sur le territoire ?
Nous comptons depuis le début sur nos partenaires toulonnais qui nous sont très précieux. Ensuite, depuis 3 ans, nous faisons un warm up sur le toit de la Friche Belle de mai à Marseille, ce qui nous permet une fenêtre de visibilité. Ce qui est bien avec cette invitation est qu’elle rentre en totale cohésion avec ce que je développe avec le festival de manière très nette aujourd’hui : nous avons une programmation le jour mais également la nuit. Et pour la nuit, c’est une invitation à des Djs ou à des lives sur une ligne musicale très identifiée : la musique afrodescendante caraïbèenne, latino, afro…

Il est vrai qu’aujourd’hui, on assisté à un essor de la musique afro. On découvre son héritage. 
Et Marseille se réinvente dans ces genres de musique. Il y a un gros courant de collectifs sur ces scènes afro descendantes. Elles le font dans la mesure des communautés dansantes. Elles s’interessent à l’ensemble des courants musicaux. Avec Constellations,, je tiens à lier les scènes musicales au collectif. Les nuits sont dansantes et « ça danse à la hanche » comme dirait Lova Lova (invité sur l’édition 2024). Le rapport est plus net à l’énergie collective de la danse.

Le public va assister à 5 jours de festival du mercredi 17 au dimanche 21 septembre.
L’ADN du festival repose sur une triple facette :  danse, musique avec la notion de dancefloor, et la nouvelle, apparue depuis 3 édition, le témoignage dans le sens de conversation. Nous proposons 2 événements principaux : un format inédit qui s’intitule Un café, svp avec un ou une chorégraphe au Mellow Coffee Spot, nouveau lieu à Toulon. Pendant 3 matinées, il y aura des conversations dans une dimension de proximité pour permettre un échange en toute simplicité. Il y a également Bancs de sables. On replace le festival dans sa topographie et son identité côtière. Le festival est situé sur la frontière mer-terre et avec ce rendez-vous, nous questionnons ce que l’on fait de cette réalité ?, Comment on joue avec ça ou pas ? Nous avons une scène face à la mer. C’est une table ronde où j’invite des chercheurs, des sportifs, des chorégraphes, des artistes. Il y a plus de ms chercheurs en invités toustes plus remarquables dans leurs pratiques. J’invite le plus grand nombre à découvrir cette table ronde. Le festival s’inscrit dans cette dynamique, il est un espace qui croise les sciences et l’artistique. Ce sont des espaces citoyens où nous parlons de nos problématiques environnementales.Toutefois, le médium principal de Constellations reste et est la danse. Elle est un lieu d’expression particulière qui embrasse des dynamiques de société dans son ensemble. Les plus grands chorégraphes ont toujours été des puissances invitantes avec d’autres. J’ai envie de parler à des nouveaux visages, constamment. Je suis persuadé que la danse peut faire des passerelles avec les questions de société.

Justement, parlons danse. Que nous réserve cette édition ?
En premier lieu, la programmation ne se fait que sur des coups de cœur. J’ai toujours aimé les artistes chorégraphiques qui jouent avec des musiciens en live.

On retrouve donc Melissa Guex avec son duo Down single – version courte. Elle est dans une danse hybride. Le dialogue qu’elle entretient avec Clément Grin à la batterie est hypnotisant. Elle a une liberté folle. Il y aura une version Constellations car Melissa est dans le temps présent. Elle travaille sa relation au public avec une vraie acuité.
Dans la relation batteur-interpere, il y a Solal Mariotte avec Ravages. Justine Berthillot avec Desorden est également dans cette veine-là. 

Le Festival brasse des jeunes artistiques et des noms plus connus. 
Oui, on retrouve la Cie Ex-Nihilo, La Zouze – Christophe Haleb, Amala Dianor. J’aime défendre les nouvelles écritures et les générations des chorégraphes qui œuvrent depuis les années 80 et qui sont encore actives.

On note également la présence de la formation Coline. 
Oui, et je suis très heureux d’accueillir Arno Schuitemaker à cette occasion. La formation Coline est une très belle formation et c’est beau d’avoir ces interprètes en devenir dans des écritures chorégraphiques exigentes.

Cette édition fait écho à la toute première il me semble ? 
En effet, la première édition avait pour sous-titre Toulon-Tokyo-Maputo. Pour cette edition, j’invite deux jeunes artistes, l’une mozambicaine Mai-Júli Machado Nhapulo avec AMELLE. Elle est une incroyable interprète. Il y a également Naoko Tozawa avec sa compagnie, pour Kinetic Art. Elle offre une vraie réflexion sur la danse urbaine avec une écriture très précise. Les détails sont absolument étonnants.

J’ai été également assez attentif sur cette édition aux premières fois. Il y a une dizaine de chorégraphe dont ce sera la première au festival et pour d’autres, ce sera même la première fois qu’ils seront sur la région.
Je suis très heureux d’accueillir Iaonnis Mandafounis avec un solo Scarbo, avec l’interprète Manon Parent, qui n’a fait que 2 dates en France. Il est directeur du Dresden Frankfurt Dance Company. 
J’ai un petit coup de cœur, mais tous le sont en fait, sur Bryan Campbell… Il a une fantaisie incroyable avec des sujets qui feraient peur à beaucoup de programmateurs. Dans ses propositions on retrouve des chansons grivoises. Il traite de la sexualité homosexuelle. C’est un interprète à suivre avec un univers très singulier.
J’ai également un attachement pour les écritures très ciselées et je pense à Pierre Pontviane avec son solo hypnotique, JIMMY
Ordella by water de Anna Chirescu et Grégoire Schaller sera, je pense, un très très beau moment, une belle expérience à vivre. 

Mais finalement, est-ce que chaque spectacle ne représente pas une expérience en soi ? 
C’est ma feuille de route pour Constellations. Je ne voulais pas d’un festival lisse. Je laisse toujours la porte ouverte aux artistes pour produire la spacialité dans les espaces non conventionnels que nous leur proposons.
Les pièces sont faites in situ, elles rejouent quelque chose dans le moment présent. Les places habituelles, autant celles des artistes que des spectateurs, se déplacent dans ces espaces.

On pourrait dire que c’est ce qui fait la singularité du festival Constellations. Une pensée pour l’année prochaine avec les élections municipales. Est-ce que l’on se donne rendez-vous pour une 16ème édition ? 
L’année prochaine le festival aura lieu quoi qu’il en soit. Il s’inscrit sur la métropole. 

Donc, rendez-vous en 2026 !

Propos recueillis par Laurent Bourbousson

Toutes les infos du festival ici.
Le festival Constellations a lieu à Toulon du 17 au 21 septembre 2025.

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