[ITW] Leandre clown pour N’imPORTE quoi : « Je découvre avec cette création, un monde dans lequel j’aimerais habiter »

22 octobre 2021 /// Les interviews
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Leandre clown débarque à Avignon avec 4 autres compères et pose sa porte sur la scène du Théâtre de l’Oulle – La Factory pour les avant-premières de N’imPORTE quoi, à découvrir le samedi 23 et dimanche 24 octobre 2021. Interview.

Vous allez présenter, au Théâtre de l’Oulle – La Factory, votre nouvelle création N’imPORTE quoi durant ce week-end. Ce sera la troisième fois que vous venez dans ce lieu. Est-ce que l’on peut dire que c’est un peu votre maison avignonnaise ?

Je suis arrivé à Avignon dans ce lieu, pour la représentation de Rien à dire en 2017. Ensuite, il y a eu Démodés en 2019. L’équipe de La Factory est une équipe tellement chouette. Pour moi, c’est l’endroit parfait. J’ai découvert Avignon et son public durant le festival. La ville est magique à ce moment-là, elle est totalement prise par le théâtre, avec une forte envie de découverte pour le public. C’est la première fois que je viens hors festival.

On va pouvoir découvrir votre nouvelle création N’imPORTE quoi. Lorsqu’on lit les pitchs de ce spectacle et du précédent, le mot « trou » revient. Ce mot revêt une existence particulière dans votre univers. Est-ce l’endroit de tous les possibles ? 

Moi, j’adore le clown et tout commence par-là. Et quand je vois les clowns, ce que je vois chez eux ce n’est pas leur l’humour, ni leurs histoires, leurs mots, ou ce qu’ils font. Je vois l’espace qu’ils me révèlent derrière eux. Ils m’emmènent quelque part que je connais mais je n’ai pas les mots pour le décrire. Pour moi, c’est comme un trou par lequel je suis aspiré.

La porte est importante dans votre création. Qui dit porte, dit trou de serrure, regarder par le trou de la serrure… Quand on lit le propos de l’histoire, on a l’impression que tout va partir à 360°.

C’est un peu ça (rires). Dans ce spectacle, je suis un clown plutôt poétique et doux. Mais là, je suis avec plusieurs clowns. Il y a toutes les couleurs du clown : du moins sauvage au plus sauvage, le plus affiné, le plus direct. Je découvre avec cette création, dont nous présentons les avant-premières à Avignon, un monde dans lequel j’aimerais habiter. J’espère que le public percevra cela : un monde aimable, créatif et surprenant dans lequel il aimerait rester.

On peut lire dans le dossier de présentation “l’humour et la poésie se retrouvent au seuil de la porte”. Est-ce que vous pensez que ce sont deux éléments qui manquent cruellement à notre monde aujourd’hui ? Est-ce le clown qui peut les ramener dans nos vies ? 

Je ne sais pas si ça manque… En tout cas, je crois que l’humour est une clé de réussite dans une communication entre deux personnes. Lorsque j’ai été programmé en Irlande dans un festival d’humour, son directeur me disait ceci : « lorsque les personnes du public rigolent les unes à côté des autres, après c’est plus difficile de se taper dessus » (rires).
L’humour est très important, il amène au partage et lorsque l’on partage sans barrière, sans défense, c’est la simplicité de la vie. Même si j’emploie le mot poésie, je pense que l’humour permet d’amener vers le haut la beauté des choses.

Est-ce que vous pourriez nous définir le clown ?

Je me souviens que mon père me racontait des histoires de Chaplin avec des larmes aux yeux. Chaplin est un clown. Le clown s’inscrit dans plein d’endroits, mais on ne le nomme pas ainsi. Il y a plein de clowns différents et ils sont tous magnifiques, ils viennent de mondes différents. C’est très difficile de définir le clown. On le définit plus pour ce qu’il est. 

La première de N’imPORTE quoi aura lieu le 12 novembre durant le Festival Temporada Alta à Gérone. Vous vous sentez comment pour ces avant-premières ? 

Ça va être le chaos, on va mourir sur scène, le public ne va pas rire, ça va être terrible (rires).
C’est comme ça pour les avant-premières, mais c’est toujours comme ça après avoir joué 200 fois un spectacle. À chaque fois que tu montes sur scène, c’est une épreuve. Cette appréhension est de pire en pire. Cela peut venir de la responsabilité de porter un spectacle.

Propos recueillis par Laurent Bourbousson
Visuel ©LEANDRE

Avant-premières de N’imPORTE quoi samedi 23 octobre à 20h30 et dimanche 24 octobre à 17h au Théâtre de l’Oulle – La Factory.

Générique

Directeur artistique : Leandre Ribera / Interprètes : Andreu Sans, Cristina Solé, Laura Miralbés, Leandre Ribera, Pere hosta / Composition musicale : Victor Morató / Scénographie : Txesca Salvà / Construction de décors : El Taller de Lagarto / Production technique et création de lumières : Marco Rubio

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