Avec La Brèche, la chorégraphe Anne Lopez signe son beau retour

15 mai 2022 /// Les retours
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Anne Lopez et son frère François nous ont ouvert leur studio pour leur travail en cours. La Brèche, nom de leur nouvelle création, verra le jour en février 2023 au Kiasma à Castelneau-le-Lez.

Dans son studio, situé au 27 quai Laurens à Montpellier, la Compagnie Les Gens du Quai est à l’œuvre. Anne Lopez et son frère François travaillent chacun de leur côté dans ce qu’ils savent faire de mieux : la chorégraphie pour elle et la musique pour lui.

Ils reviennent donc sur le devant de la scène après un passage un peu loin des réseaux conventionnels. Anne Lopez prend le temps et poursuit sa recherche chorégraphique, loin de l’agitation que nécessite une nouvelle porduction.

La compagnie se donne un an de travail pour sa nouvelle création. « On a commencé à travailler sur La Brèche, souligne Anne Lopez, avant de trouver des partenaires. Je tiens à saluer l’équipe qui m’a fait confiance car au départ, il n’y avait aucune garantie d’enveloppe. On savait que nous démarrions un nouveau cycle pour la compagnie. Nous avons débuté ce travail sans certitude, sans assurance d’aller jusqu’au bout. Sans notre lieu (situé au 27 Quai Laurens à Montpellier ndlr), nous n’aurions pas pu avoir ce confort et nous lancer dans l’aventure. »  

Ce travail en cours, donné à voir à quelques professionnels et amis proches, signe donc le beau retour de la Compagnie, et nous en sommes plus que ravis. Tout est déjà là. Le matériau chorégraphique est présent. Reste à affiner des transitions, à expliciter certaines intentions, et La brèche sera bel et bien la pièce du renouveau de la compagnie.

La brèche, une danse chorale

Avec cette pièce, la chorégraphe s’intéresse à l’autre, à l’énergie qui peut circuler entre des personnes.

« J’avais envie de revenir à une pièce plus abstraite, nous raconte en guise d’introduction Anne Lopez. J’ai délaissé mon côté un peu danse théâtre et mes idioties d’adolescentes, on va dire [rires]. C’est la première grande pièce au plateau que je fais depuis le départ de mes parents. J’ai vraiment envie de revenir à l’écriture de la danse et montrer à mes partenaires que j’ai toujours écrit mes pièces, sauf qu’ici je ne la cache plus derrière tout un tas de choses qui font que 80% des gens passent à côté de mon écriture. Ici, je questionne la chorégraphie, en tant que telle, et le mouvement, qu’est-ce qui fait que l’on passe de l’un à l’autre ? Je reviens à quelque chose d’abstrait, de pur, avec l’énergie et la puissance.
La notion chorale, parce que nous sommes un chœur, est importante et en même temps les différences sont bien visibles. Nous ne nous copions pas. »

Pour ce faire, elle s’entoure de deux danseuses venues du hip-hop. Laura Serran et Eileen Pilutti sont les pépites à découvrir sur le plateau. Et l’on ne peut que vous conseiller de bien retenir ces deux noms car ce sont des interprètes dont on entendra parler !

La brèche sur fond électro

La brèche est donc ce moment où les énergies communiquent entre elles pour mener à bien un objectif désigné. Ici, il est question de la co-construction de notre monde sur fond de musique electro signée François Lopez.

Le musicien délaisse le côté rock et se lance dans l’écriture de sons plus expérimentaux. « L’idée de départ est de prendre l’histoire de la musique électronique, de partir de sons bruts pour arriver à une écriture harmonisée. Pour ce faire, j’ai ressorti mes vieux synthés pour les premières pistes de recherche, ce qui fait que j’ai beaucoup de pistes créées. Je confronte mes sons avec son rapport à la danse. Je garde certaines choses, j’en élimine d’autres » et ajoute : « Comme il y a le temps de la création, je me permets de créer plusieurs pistes. Le but est qu’il y ait du live. En même temps, je ne veux pas partir en tournée avec une usine à gaz. Étant seul, ce serait compliqué ! Je n’ai pas envie de me retrouver avec une multitude de synthés. Aujourd’hui, j’enlève des machines, j’écris des boucles et j’ajoute du live. Ce que vous allez entendre aujourd’hui, ce ne sont que le résultat des recherches à cet instant. »

Présent sur le plateau, François Lopez anime ce trio qui devient quatuor. Même si les pistes que nous avons pu entendre ce jour-là sont appelées à évoluer et pour certaines à disparaître, la musique jouée en live se mue, au fil de la pièce, en un set électro d’une énergie communicative et sonne comme une invitation à rejoindre le plateau.

La brèche, ce vent de liberté

Anne Lopez a une écriture chorégraphique reconnaissable, il en est certain. Mais avec La brèche, elle déplace toutefois le regard du public, l’invite à voir le mouvement avec la qualité et la précision qui leur sont intrinsèques.

En délaissant son côté théâtral, la chorégraphe enrichit son écriture chorégraphique et revisite son savoir-faire avec une distance et une conscience accrues.

« Aujourd’hui, je me sens beaucoup plus calme. J’ai pris deux-trois claques dans la tête qui font réfléchir. L’envie de revenir m’a fait prendre conscience de tout ce que j’ai en boutique, que tout mon matériau chorégraphique est bien là. Mais il y a un truc en plus que je n’avais pas, c’est le recul. Et ce recul, il est génial parce que je travaille mieux. J’ai compris que nous choisissions notre manière de fonctionner.« 

Et avec La brèche, cela éclate au grand jour. Vivement 2023 pour découvrir cette création finalisée !

Laurent Bourbousson
Visuel : Les Gens du Quai

Générique

Chorégraphie : Anne Lopez avec la complicité des interprètes : Eileen Pilutti et Laura Serran.
Musique : François Lopez

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