Interview : Franck Etenna & François Brett pour Lettre à Monsieur le futur Président de la République

7 avril 2018 /// Les interviews

Aujourd’hui et demain, sera créée au Théâtre du Chêne Noir, la pièce Lettre à Monsieur le futur Président de la République, mise en scène de François Brett (Arthaly Compagnie) avec Franck Etenna, d’après le texte de Grard Gélas. Rencontre.

Lorsque l’on lit le titre de la pièce, on découvre le sous-titre, Conte de Noël. Que signifie-t-il ?

François Brett : Il est important. Gérard Gélas a écrit ce texte en 2007, juste avant l’élection qui allait opposer Ségolène Royal à Nicolas Sarkozy. Il a imaginé une sorte d’interpellation indirecte du pouvoir, des ordres de la République, en se disant « Et si le futur président de la République décidait d’installer son Palais de l’Elysée, dans le 9-3, à Montfermeil, dans une cité hlm » . C’est pour ça que le sous-titre est Conte de noël, car on a du mal à y croire, mais cependant, je trouve que c’est une vraie fraîcheur d’avoir imaginé ça. Et si ça nous permettait d’interpeller le gouvernement d’une autre façon : « Soyez humbles et allez voir ceux qui n’ont jamais l’occasion d’avoir la parole ». C’est le cas puisque cette situation permet à ce président de rencontrer des personnes qu’il n’aurait jamais rencontrées en restant dans son Palais. Le sous-titre a pour moi une importance capitale et a un peu nourri la symbolique de la mise en scène de ce que l’on veut montrer avec Franck. 

Comment avez-vous rencontré le texte ?

François Brett : Je connais Gérard depuis plus de 10 ans maintenant. Il a eu la gentillesse de venir voir des spectacles que j’avais monté avec des compagnies d’amateurs au départ. Un jour, il m’a donné le texte en me demandant de lui donner mon avis. Au départ, ce texte devait être mis en lecture avec Eric Cantonna, et cela n’a pu se faire suite aux problèmes de santé que Gérard a rencontré. J’ai été immédiatement séduit par cette écriture poétique. Je lui ai fait part assez vite de mon désir de vouloir monter ce texte. Il m’a donné les droits et les choses ont commencé de cette manière. J’ai alors travaillé avec un comédien amateur avignonnais, Christophe Vic, qui est un ami également, et avec lequel nous avons fait une seule représentation en février 2010, à laquelle Gérard Gélas a assisté. Il fallait un comédien disponible pour porter cette création, ce que Christophe n’était pas.

Franck comment arrivez-vous dans cette aventure ?

Franck Etenna : Nous nous connaissons depuis de nombreuses années avec François, sauf qu’il me connaissait bien avant que je ne le connaisse puiqu’il m’avait repéré à travers un spectacle jeune-public dans lequel je jouais. Puis, il m’a contacté pour un rôle pour une comédie musicale que lui-même mettait en scène. À partir de là, un lien amical s’est tissé et l’idée idée de travailler en duo est née. J’avais envie depuis quelques années de monter un seul en scène, mais pas dans le type du one-man-show. J’avais envie de quelque chose d’un peu plus corpeux, épais, poétique et plus écrit. Et lorsqu’il m’a présenté cette œuvre, je me suis dit « C’est ce que j’ai envie de dire aujourd’hui à travers ce que l’on vit ». Je suis très bien servi avec cette pièce.

Comment avez-vous travaillé l’incarnation des 8 personnages ?

Franck Etenna : Au-delà de l’aspect onirique et poétique du conte de Noël, il y a un conteur. Il est celui qui va introduire chaque personnage, chaque situation. Il va amener ces personnages à exister. En tant que comédien, ce rôle est intéressant car cela demande à imaginer des modulations nécessaires, qu’elles soient vocales ou physiques, mais techniques également, avec les lumières, qui sont importantes. Chaque personnage a sa façon de parler et de présenter les choses, ce qui fait que l’écriture est assez rythmée.

François, dans le dossier de presse, vous dites que vous avez été séduit par l’écriture remplie de spontanéité. N’y-a-t-il pas un côté naïf  ?

François Brett : Oui, totalement. Et je dirais même que cette naïveté est totalement assumée par l’auteur. Et c’est pour cela, qu’avec Franck, nous nous sommes dit qu’il fallait la suggérer et non l’illustrer. Beaucoup de choses sont symbolisées, mais je ne peux pas révéler la scénographie du spectacle.
Franck Etenna : C’est le travail du conteur d’installer un climat, un décor ou de susciter l’imaginaire au spectateur pour que celui-ci puisse voyager. Il était essentiel pour nous de ne pas stabyloter cette naïveté afin que le public puisse se dire : « Et c’est peut-être possible après tout. »

Qu’est-ce que vous attendez de cette création ?

François Brett : Tout d’abord, c’est un vrai bonheur d’avoir monté ce texte. Nous allons essayer d’éveiller un peu les consciences et faire résonner un texte qui a une profondeur. Puis c’est un plaisir artistique partagé. Franck est très investit dans ce texte. Il croit dans la possibilité de réussite. C’est un spectacle qui interpelle.
Franck Etenna : On souhaite parler de l’aspect engagé de la chose et révèler, également, la part citoyenne de chacun.
François Brett : Et peut être le reprendre l’année prochaine durant le Festival Off. 

Cette année, Franck, vous revenez à Avignon, en juillet, avec Le Comte de Monte-Cristo.

Franck Etenna : Cela fera 4 ans cette année. Avec la compagnie Des Âmes Libres nou savons trouvé une belle forme de montrer ce roman. Ce spectacle a été et est bien accueilli par les directeurs de salle. Cette année nous réiterons l’expérience au Théâtre du Roi René.

Arthaly Compagnie en dates

2012 – À Montmartre cette année là de François Brett
2014 – La compagnie devient professionnelle
2017 – Jeux de scène de Victor Haïm
2018 – Lettre à Monsieur le furtur Président de la République – Conte de Noël de Gérard Gélas

Lettre à Monsieur le futur Président de la République, les 7 et 8 avril 2018 au Théâtre du Chêne Noir. Renseignements ici.
Texte : Gérard Gelas / Mise en scène : François Brett / Interprétation : Franck Etenna
Propos reccueillis par Laurent Bourbousson

 

 

 

Poster un Commentaire