[ITW] Avec Lisbone, partez pour une virée cinématographique

10 avril 2021 /// Les interviews
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La cover du titre Voyage Voyage par Lisbone remonte à un an. On avoue être passés totalement à côté de cet artiste jusqu’au mois dernier, date de la sortie du EP éponyme. Aujourd’hui, on fait la connaissance de ce chanteur venu de Montpellier, avec lequel on parle sources d’inspirations, du Sud, des plateformes et vinyles.

Avant de s’intéresser à la sortie du EP de Lisbone, on revient sur son passé en mode fiche bio, parce que nous allons nous intéresser à aujourd’hui et à demain. Après l’apprentissage du saxophone, alto et ténor, Benoît aka Lisbone intègre différentes formations montpelliéraines. De par son père, il hérite d’une passion pour la guitare, et de par son grand-père, celle de l’écriture. Naît alors Brazùk, son projet autour de la chanson française.
Puis, il y a Bruxelles, différents festivals, dont les fameux « Quand je pense à Fernande » à Sète, ou encore le « Montreux Jazz Festival » en Suisse, un passage par Paris puis un retour aux sources comme pour se retrouver.
D’autres projets naîtront mais Lisbone voit le jour en 2019 et deux ans après son EP éponyme.

On avoue que depuis le 5 mars, il n’y a pas un seul jour sans un titre de Lisbone en écoute. Les 6 titres qui forment cet EP entraîne l’auditeur, c’est-à-dire celui qui prend le temps d’écouter, dans une virée cinématographique. De notre côté, on pense à l’écriture de Florent Marchet avec Un loup pour l’homme, ou encore à Yves Simon lorsque la voix de Lisbone raconte Le Vietnam Sous La Neige.

Les sources d’inspiration

Lisbone est donc né il y a deux ans. Quel regard portez-vous sur votre passé musical ? 
Le passé est ce qui nous construit et nous porte. Je regarde dans le rétroviseur avec tendresse et bienveillance.

Le grand public a fait votre connaissance avec votre reprise de Voyage Voyage, qui donne à ce tube des années 80 un nouveau souffle. Cela permet de découvrir ses paroles..
C’était l’idée et le pari de cette revisite. J’avais à cœur de reprendre une chanson des années 80. En faisant le tour des chansons chantées par des femmes, parce que je trouve plus intéressant qu’un homme reprenne une chanson de femme, j’ai passé en revue les paroles et musiques de ces gros hits de cette période. J’ai trouvé que celle-ci était bien écrite, autant dans la composition que dans les textes. Elle s’est comme imposée à moi et c’est une chanson que j’écoutais étant petit.

Lorsque l’on écoute les titres de votre EP, on se pose la question des influences. Quelles sont vos sources d’inspirations en matière d’écriture et de musique ?
Mes inspirations conscientes sont dans la folk américaine indie. J’avoue, j’écoute peu de chansons françaises depuis ces dernières années, même si j’ai été biberonné à cela étant jeune ! Depuis 7-8 ans, j’écoute essentiellement des chansons anglophones, suédoises… Pas vraiment de chansons françaises pures. 

De ce fait, il n’y a pas d’envie de chanter en anglais ?
Chanter en français est une évidence depuis que j’écris des chansons. Je crois que j’écris pour que mes proches me comprennent et puisque mes proches sont tous francophones, je crois que cette langue s’est imposée naturellement. Et puis, je ne parlerais pas du fait que l’anglais ne soit pas mon copain (rires) !

Lorsque l’on écoute vos titres, on peut dire que votre écriture est cinématographique (on pense à Le Vietnam Sous La Neige notamment).
Merci c’est un beau compliment. Peut-être parce que j’ai regardé beaucoup de films en étant jeune.

Si ce n’est pas volontaire, c’est inconscient ?
Je reconnais que le cinéma m’a nourrit. J’ai dévoré des films durant des années et des années. Je crois que j’ai une vision quand j’écris une chanson. J’y vois beaucoup de scènes et d’images qui me viennent en tête. Ça m’arrive même de mentaliser des scènes avant d’écrire… Donc effectivement, ça parait naturel que ce soit ressenti comme ça.

Lisbone entre aujourd’hui et demain

Couverture de l’EP Lisbone

Nous rêvons tous de concerts depuis plus d’un an maintenant. Vous avez sorti votre EP début mars et qui dit sortie d’EP, dit concerts. Or, vous en êtes privé. Est-ce qu’il était logique de le faire paraître aujourd’hui ? 
À un moment donné, il faut que le train quitte la gare, comme on dit à la SNCF (rires). Cela faisait un moment qu’il était dans les tuyaux et j’avais besoin de le sortir pour avancer, pour écrire une nouvelle page.
Je suis actuellement à l’écriture de l’album que j’aimerai beaucoup sortir courant 2022. L’avenir est tellement incertain aujourd’hui que de se dire on attend que tout aille bien pour sortir l’EP aurait été un mauvais calcul. Sa sortie permet d’aller de l’avant. 

Comment va se poursuivre cette année 2021 ?
Elle est consacrée en grande majorité à l’écriture des morceaux. Il y en a quelques-uns qui sont dans la boîte autant musicalement qu’en paroles. Avec mes acolytes, nous étoffons le répertoire et on se prépare en formule trio pour les futurs concerts. 

Entre la sortie de cet EP et la sortie du LP pourra-t-on entendre d’autres titres ou bien ils seront tous réservés pour le long format ? 
On va faire vivre évidemment les 6 morceaux de l’EP qui vient de sortir mais nous avons prévu d’enregistrer un nouveau single qui paraîtra sur l’album. Nous allons faire une captation live de ce titre et la version studio avant cet été. C’est l’échéance que l’on s’est donnée. 
Le single sera donc sur toutes les plateformes et le public pourra découvrir sa version live en en vidéo. 

Quand on fantasme sur une carrière de chanteur, on se dit qu’il y a un passage obligé par Paris et que tout se passe à Paris ?
Je pense que c’était le cas il y a 15 ou 20 ans. D’être au quotidien à Paris, je pense que ce n’est pas nécessaire. Avec les réseaux sociaux, on arrive à avoir une vitrine importante. Après, on peut s’y rendre pour rencontrer des personnes, les médias nationaux. C’est vrai que nous en rencontrons plus à Paris. Mais je ne pense pas que d’y être pour travailler quotidiennement soit indispensable. En tout cas, j’ai essayé à un moment donné et j’en suis vite parti, le soleil manquant terriblement (rires).

Dans vos clips, on retrouve des paysages de notre sud. Il y a un réel attachement à votre région ou c’est juste pour le fun ?
Il y a un véritable attachement à cette région dans laquelle je suis revenu vivre. C’est un peu ma terre comme dirait Yannick Noah (sourires). Je m’y sens très bien, c’est la terre de mon enfance, l’endroit où j’ai grandi et où j’ai vécu un milliards de milles choses. Je ne pourrai pas vivre sans. 

Les plateformes et les vinyles

Parlons des plateformes. C’est un des moyens qui permet d’être découvert à une grande échelle. Vous avez également votre bandcamp. Si cela permet à l’auditeur d’écouter énormément de musiques, est-ce qu’un un artiste vit de ces plateformes ?
De mon expérience, je ne vis pas du tout de ces plateformes. Comme vous l’avez dit, cela permet une grande visibilité, mais de là à ce qu’elles permettent de payer notre folie, je crois qu’il faut avoir des milliards d’écoutes. Ce qui n’est pas encore mon cas, mais pour bientôt, on y croit (rires). Pour ma part, les plateformes ont été une grosse fenêtre et elles le sont pour tous les artistes émergents. Et quand on a la chance d’avoir fait partie d’une playlist d’Apple Music, de Deezer et autres ça permet d’être découvert par des gens qui ne nous connaissent pas à la base. 

Nous arrivons à l’instant promo (rires). Comment fait-on pour se procurer votre EP ? 
Si on le veut en physique, il existe uniquement en vinyle uniquement en commande sur Bandcamp. J’ai fait une série limitée parce que je suis moi-même collectionneur. J’avais à cœur d’avoir mon propre vinyle dans ma collection ! En plus, je trouve que le vinyle est un bel objet. Par contre, il n’y a pas encore de CD. Si la demande est forte, il pourrait y en avoir. Et ensuite, il s’écoute sur toutes les plateformes d’écoute et de téléchargement. 

La production d’un vinyle ne revient pas plus chère qu’un CD ?
Oui, et c’est pour cela que nous n’avons sorti qu’une série limitée de 200 exemplaires. C’est notre outil promotionnel. Je sais que des personnes l’ont acheté alors qu’elles n’ont pas de platines. Un vinyle reste un objet de déco également.
Ce qui m’intéresse dans le vinyle, c’est aussi dans la façon d’écouter de la musique. On parlait des plateformes tout à l’heure. Il y a plein de chansons que j’écoute et dont je méconnais le titre, l’artiste, et de quel album elles sont issues. C’est vrai qu’avec le vinyle, ça permet de mieux identifier l’artiste et de mieux consommer. C’est ma façon à moi de réfléchir sur cela. Il y a un rapport plus pur, plus responsable. Un côté respectueux vis-à-vis de l’artiste.

Puisque l’on parle vinyle et que vous avez dit être collectionneur, à combien se monte votre collection ?
Oh ! Je suis un tout jeune collectionneur ! Je vais avoir honte. J’en ai près de 300 ! C’est peu à côté de certains collectionneurs qui en ont 4000 et voire plus ! (rires).

Et quel est celui que vous auriez le plus écouté ? 
Sufjan Stevens avec Carrie and Lowell et Andy Shauf avec The Party. Ce sont ces deux-là que j’ai énormément cognés comme on dit ! Et il y en a beaucoup d’autres.
J’avoue avoir un côté obsessionnel. Quand j’aime un disque, je l’écoute énormément. J’ai besoin de l’écouter dans les moindres détails, c’est un peu maladif avec un côté passionnel, oui (sourires).

Propos recueillis par Laurent Bourbousson

Le dernier titre clipé en date de Lisbone, Michel. Titre que l’on retrouve dans notre playlist du mois de mars.

Générique :

L’EP Lisbone est sorti le 5 mars 2021.
En écoute sur les plateformes diverses et variées telles que bandcamp, soundcloud, la chaîne YouTube, Deezer, Music Apple, Spotify et bien d’autres

La page FB de Lisbone : par ici

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