[ITW] Mercedes Dassy pour i-clit

13 février 2019 /// Les interviews

La performeuse Mercedes Dassy présentera, jeudi au Théâtre des Doms, i-clit, son manifeste politique sur le féminisme. Interview.

L’été dernier, Mercedes Dassy a découvert Avignon. Nous étions en plein festival et elle était l’invitée du Théâtre des Doms suite à son prix Jo Dekmine, qui distingue un spectacle de la Fédération Wallonie-Bruxelles, tous genres scéniques confondus, de la saison en cours. Durant une semaine, elle a découvert l’effervescence du festival, rencontré des professionnels, vu des spectacles et a partagé des moments avec l’équipe du théâtre. Elle nous revient cet hiver, dans le cadre du Festival Les Hivernales, avec I-clit. Le public va la découvrir sur scène.

Si l’on présente I-Clit comme un manifeste politique, êtes-vous d’accord avec cela ?
Oui, assez, car il est impossible de parler du féminisme sans être politique. Mon objectif n’était pas de faire un mémoire sur le féminisme en posant les différents courants. Je suis dans la filiation de cette histoire. Aucune femme n’y échappe pas.

À partir de quels travaux avez-vous travaillé pour cette création ?
Je souhaitais parler de l’évolution du féminisme et comment ce courant s’adapte. Je suis dans des codes très contemporains. Et même si le public ne les détient pas, il y trouve une résonance. Le féminisme est un sujet très vaste et on ne peut pas tout exposer.

Quelle en serait votre définition ?
C’est toujours une question très compliquée car il doit exister une définition du féminisme par personne. Je pense que la réponse que l’on apporte est évolutive par rapport à ce que l’on vit, au moment où l’on répond.
Une définition du féminisme, que j’aime assez, se base sur la notion du choix : laisser aux femmes le choix de faire ce qu’elles veulent. Me vient à l’idée des exemples controversés tel que le fait d’être libre de se prostituer ou non, de porter le voile ou non… Je simplifie au maximum pour répondre à la question, mais tout ceci relèverait d’un certain féminisme où le choix en serait la règle principale.

Vous avez déjà présenté i-clit à Bruxelles. Quelles ont été les réactions du public ?
Il y a un certain enthousiasme qui vient du public féminin. J’allais dire de ma génération, mais pas que ! Ensuite, je pense qu’une partie du public est un peu interloquée. Ma proposition peut parfois secouer car certaines personnes ne savent pas comment se positionner par rapport à ce qu’elles voient. Et c’est ce qui me plaît, car à partir de ce moment-là, il y a une réflexion qui démarre pour celle ou celui qui regarde. Je savais qu’en faisant ce spectacle, on ne m’offrirait pas des fleurs à la sortie. [rires.] Il y a quelque chose de sensitif qui évolue en fonction de chaque représentation et du public. Tout va très vite, ça zappe.

Lorsque l’on visite le site de votre compagnie Cargo Collective, on voit que vous vous inscrivez dans le registre de la performance. Est-ce que vous vous sentiriez prisonnière d’une pièce chorégraphique avec ses comptes réguliers ?
Je crois que tout dépend de ce que l’on entend par prisonnière. Mais cela fait très longtemps que je ne danse plus dans des spectacles où je dois reproduire, à chaque représentation, au même moment, les mêmes mouvements. Par contre, il y a des spectacles, dans lesquels je danse, où la structure est extrêmement précise, et c’est le cas pour i-clit, qui a ses scènes et ses transitions dans une certaine ambiance visuelle.

Propos recueillis par Laurent Bourbousson
Photographie : Hichem Dahes

i-clit à découvrir dans le cadre du Festival Les Hivernales, au Théâtre des Doms, jeudi 14 février à 18h. Renseignements ici.
Dates à venir : 22 février, Centre Culturel Jacques Franck (Bruxelles) ; du 20 au 23 février, dans le cadre du Festival XXTime au Théâtre La Balsamine (Bruxelles).
Chorégraphie et interprétation Mercedes Dassy | Dramaturgie, regard extérieur Sabine Cmelniski | Création sonore Clément Braive | Création lumière Caroline Mathieu | Costumes, accessoires et scénographie Justine Denos et Mercedes Dassy | Diffusion France Morin & Jill De Muelenaere – Arts Management Agency (AMA)