[ITW] Sébastien Vion et Corrine en mode Bashung Drag

7 octobre 2025 /// Les interviews
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Sébastien, on vous présente en tant que comédien, auteur, performer, DJ, metteur en scène et chanteur de cabaret. Vous vous définissez comme un multi-artiste, poly-artiste ou artiste polymorphe ?
Personnellement, j’utilise artiste polymorphe régulièrement et ça me convient très bien parce que je suis passé par plein d’endroits différents, par plein d’arts différents. Avec mes spectacles, dans mes mises en scène, on retrouve du cirque, de la danse… J’essaie de faire des cocktails surprises ! Je n’arrive pas à me cloisonner à un seul endroit ou à une seule pratique. J’aime beaucoup travailler avec plein de personnes différentes, ce qui fait que je vais explorer les différentes pratiques rencontrées. De temps en temps, je suis DJ, de temps en temps je suis au cabaret… J’aime bien tout faire, en gros. 

Votre créativité se nourrit donc de vos diverses rencontres et explorations que vous menez ? 
Ça dépend surtout de ce que je vis. Je suis né à Chalon-sur-Saône où il y a un festival de spectacles de rue (Chalon dans la rue ndlr). C’est ici que j’ai commencé par le cirque et le théâtre de rue. J’ai rencontré des compagnies et j’ai travaillé pendant 7 ans avec une compagnie spécialisée dans le théâtre de rue. En parallèle, j’ai créé mon personnage de Corrine, j’ai rencontré des DJs, je me suis mis à mixer. J’ai rencontré également des compositeurs avec lesquels j’ai travaillé en tant qu’auteur…. Je chante également. C’est vraiment en fonction des rencontres et je me laisse un peu porter par tout ça.  

Vous ne vous mettez donc aucune barrière...
Non pas trop. Il n’y a que le porno où je ne suis pas encore allé. Rires. Je suis ouvert à tout mais je connais mes limites. Par exemple, je ne suis pas chanteur d’Opéra, donc je ne vais pas aller sur ce chemin, mais si on me propose d’en faire une mise en scène, je le ferai. 

Bashung en mode drag

Vous mettez en scène le cabaret Madame Ose Bashung, spectacle dans lequel on retrouve Corrine, votre personnage, en compagnie de Patachtouille et Brenda Mour. Quel a été le déclic pour la création de ce spectacle ? 
J’étais, à l’époque, dans un célèbre cabaret parisien où je suis resté pendant 5 ans. Il fallait chaque semaine, proposer un nouveau spectacle dédié à un chanteur ou une chanteuse. On retrouvait souvent Dalida, Gainsbourg, Madonna. C’était plutôt des artistes très connus et très mainstream. On m’a demandé un jour de mettre en scène quelque chose. Donc, j’ai proposé Bashung étant fan. Ça n’a pas accroché la première fois, mais à la seconde, ça a fonctionné. C’est comme ça que le spectacle est né. 

Comment avez-vous “rencontré” Bashung ? 
À 16 ans, je l’ai vu sur scène. Ca a été une grosse claque pour moi. C’est un chanteur qui m’a accompagné toute ma vie. S’il fallait que je rende hommage à quelqu’un, un chanteur, c’était lui directement. Ça aurait pu être Dominique A, mais en premier ça a été Bashung. 

Mais Bashung en drag, il fallait l’oser ? 
C’est bien pour ça que le spectacle a pour titre « Madame Ose Bashung ». Rires. Après, si vous voulez, les textes de Bashung sont tellement ouverts et laissent tellement la place à l’interprétation que tu peux en faire, qu’il y avait matière à projeter tous nos personnages dans ces chansons. J’ai tout de suite su les chansons qui pouvaient correspondre à l’univers de Patachtouille et Brenda Mour. Nous chantons les mêmes textes mais dit par des créatures, ça les amène ailleurs.  

Des titres comme une pluie de paillettes

Pour l’inconditionnel de Bashung que vous êtes, comment avez-vous fait pour choisir les titres ? 
Au départ, j’ai réécouté toute sa discographie. Pour moi, il fallait qu’il y ait un mélange de chansons connues et des moins connues. Certaines chansons méconnues ont un réel écho en moi. C’est comme ça que je reprends par exemple « Les petits enfants » . Il y a des chansons comme « La nuit je mens » que j’étais obligé d’inclure. J’ai aussi cherché des chansons pour mes collègues, pas forcément non plus très connues, mais il fallait qu’elles leur collent à la peau. Le spectacle évolue avec le temps puisqu’il a été créé il y a 5 ans. Ce ne sont pas les mêmes chansons qu’au départ. Au départ, il y avait ma chanson préférée qui s’appelait « Angora » que je chantais sur les quatre premières années et là dernièrement, il y a un et demi, j’ai enfin écouté l’album posthume et j’ai remplacé celle-ci par le titre « Montevideo » que je trouve incroyable. On a également remis la chanson « Volutes » avec un numéro de circassien. Toutes les chansons que nous chantons me plaisent, mais il fallait trouver différentes ambiances pour chacune d’elles, des choses drôles et moins drôles, proposer un mélange de tout cela qui peut désarçonner un peu mais qui amène le public dans différentes phases. 

Comment avez-vous travaillé les mises en scène de ces chansons ? 
Au départ, j’ai travaillé plutôt seul pendant un mois. J’ai fait appel à un collectif de vidéastes avec lequel je travaillais déjà pour mes performances électro. Nous avons tourné des petites choses en amont et puis après, on a tout ramené d’un coup d’un seul. Je me suis entouré de Christophe Rodomisto à la guitare, très fan de Bashung, qui a géré tout l’aspect musical du spectacle. J’ai également fait appel à un arrangeur qui a travaillé avec le quatuor avec lequel on partage la scène. Il y a eu pendant un mois tout ce travail en amont sans les deux autres créatures. C’est plutôt moi qui ai travaillé comme une petite fourmi. Après nous avons mis tout ceci en commun et le spectacle s’est amélioré au fur et à mesure des années, mais il est assez fidèle à ce qu’il pouvait être au début

Vous tournez depuis 5 ans avec la même équipe ?
Oui, et c’est cela qui est magnifique. Ça fait cinq ans que la même équipe se retrouve sur les tournées. Il y a des remplacements au sein du quatuor ou au piano mais rien de très bouleversant.
Cette même équipe nous a permis d’aller un peu plus en profondeur dans certains tableaux, d’améliorer les choses, de refaire les costumes… C’est un spectacle qui évolue sinon on se sclérose.

L’idée du quatuor s’est tout de suite imposée à vous ? 
Oui, parce que Bashung travaillait beaucoup avec des violons, notamment sur Madame Rêve. Avec l’arrangeur, nous avons vu que cela pouvait être possible à peu près partout. Il me semble que le quatuor n’est pas présent sur deux titres uniquement. Les versions symphoniques emmènent la musique assez haut. Je ne me voyais pas faire sans le guitariste, le quatuor et le pianiste. C’était mon postulat de départ. 

Sébastien Vion vs Corrine

Vous êtes donc en tournée actuellement avec ce spectacle. Mais quels sont les projets pour Sébastien ? 
Alors, Sébastien a du mal à se défaire de Corrine. Il y a beaucoup de projets Sébastien/Corrine. J’ai officié en tant que Maîtresse de cérémonie au Cirque Électrique (Porte des Lilas-Paris) pour deux spectacles et il est question d’un troisième, il y a des films qui vont sortir dans lesquels j’ai tourné en Corrine, ensuite, il y a le Cabaret Folle que nous avons créé en mai dernier à la Balise du Pays de Saint-Gilles-Croix-de-Vie que nous allons essayer de faire tourner sur la saison 2026-202, il y a également des chansons que je suis en train d’écrire, des DJ sets… Il y a pas mal de choses. Il y a du boulot, il y a du boulot. 

Mais est-ce que Corrine n’est pas trop envahissante ? 
Ça dépend des jours, ça dépend des jours. Rires. Mais on vit comme un couple. Donc parfois elle m’énerve un peu, des fois elle prend trop de place dans mon appartement. Elle met trop de paillettes dans mon lit. Rires. On arrive quand même à vivre ensemble. Étant comédien en tant que garçon, c’est peut-être ce qui me manque. 
Avec Corrine, je rend les gens heureux, je fais mon travail, je vis de mon métier, de ma passion, je ne vais pas m’en plaindre. ça me permet de faire plein de choses que je ne pourrais pas forcément me permettre en garçon, donc c’est un bon équilibre pour le  moment. Et le jour où elle n’énervera, je l’enverrai à la seine. Rires. 

Et que voudriez-vous dire à Corrine, ce soir (l’interview a été réalisée en début de soirée) ?  
Qu’est-ce que j’aimerais lui dire ?… Je ne sais pas… J’ai trouvé : « Tu peux me laisser dormir un peu plus, s’il te plaît ? ». Rires. Elle me répondrait que non car je dois travailler pour une présentation d’un show aux Folies Bergères. Elle dirait exactement : “Non, tu bosses, même si Sébastien n’a pas forcément envie de travailler. » Mais bon, on s’entend bien quand même, je ne vais pas la taper, elle ne va pas me taper. Rires.

Propos recueillis par Laurent Bourbousson 
Crédits photos : 1. Corrine ©Benoît Fatou / 2. Madame ose Bashung ©F. Beltran

Générique

Conception et mise en scène Sébastien Vion | Chant et interprétation Corrine / Sébastien Vion, Brenda Mour / Kova Rea, Patachtouille / Julien Fanthou | Piano Damien Chau | Guitare Christophe Rodomisto | Quatuor à cordes du Rainbow Symphony Orchestra Maryline Au, Adrien Legendre, Victor Barasoain, Vladimir Spach | Sangles aériennes Quentin Signori | Régie générale et régie lumière Gilles Richard | Régie plateau La Brosse | Régie son Mustapha Aichouche | Habillages et costumes Ninon Debernardi | Crédit photographique Benoît Fatou

Madame ose Bashung en tournée :

OCTOBRE : 08/10 au 9/10/25 – MAISON DE LA DANSE – LYON / 15/10/25 – 16/10/25 – SCÈNE DU GOLFE – VANNES
NOVEMBRE : 14/11/2025 – THÉÂTRE – LIBERTÉ – TOULON / 29/11/2025 au 30/11/2025 – LA BOUCHE D’AIR – NANTES
DÉCEMBRE : 06/12/25 – THÉÂTRE D’AUXERRE / 09/12/25 – L’AVANT SEINE – COLOMBES / 26 – 30/12/25 – THÉÂTRE DU ROND POINT – PARIS
JANVIER : 30 au 31/01/26 – THÉÂTRE MELUN SÉNART – SÉNART
FÉVRIER : 06/02/26 : HALLE AUX GRAINS – BLOIS
MARS : 14/03/26 – 15/03/26 : LES QUINCONCES – LE MANS
AVRIL : 25/04/26- LE CARRÉ – SAINTE MAXIME

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