Montpellier Danse : une 46e édition solide, populaire et tournée vers l’avenir
Avant de dévoiler les noms des artistes associées à Montpellier Danse 2027, la codirection dresse le bilan de la 46e édition de Montpellier Danse avec les mots consolidation, transmission et élan.
Dans une période marquée par les incertitudes pesant sur le financement de la culture, plusieurs prises de parole ont rappelé la nécessité du soutien public. Le festival, a-t-il été souligné, répond pleinement à des enjeux de politique culturelle. La lecture de la déclaration de Michaël Delafosse, Président de la Métropole et Maire de Montpellier, lue par Mme Agnès Robin, élue à la culture, a donné le ton. Du côté de la Région, la vice-présidence à la culture, Mme Claudie Faucon Méjean, a rappelé combien le festival participe au rayonnement de Montpellier comme capitale internationale de la danse et des nouvelles écritures chorégraphiques, tout en nourrissant la vitalité d’un écosystème artistique local et régional.
Montpellier Danse, une édition solide
Montpellier Danse boucle une 46e édition très solide. Avec 91 % de remplissage et 27 000 places vendues, le festival confirme son ancrage populaire sans renoncer à sa ligne artistique. La conférence de bilan a mis en avant un rendez-vous resté fidèle à son ADN – la création sur 15 jours – tout en élargissant son empreinte grâce à un prélude appelé à compter et à une présence renforcée dans l’espace public.
Dominique Hervieu, Jann Gallois, Pierre Martinez et Hofesh Shechter (en visio car en tournée) ont mis en avant un festival resté fidèle à son ADN – les créations, l’exigence artistique et l’attention portée aux publics – tout en affirmant plus nettement encore sa place dans le débat culturel et dans le territoire.
Sur le fond, le format du festival reste inchangé : un rendez-vous concentré sur 15 jours, auquel s’ajoute désormais un prélude qui s’impose déjà comme un marqueur important. Cette nouveauté élargit le temps du festival et renforce sa présence dans l’espace public comme dans le champ de la réflexion. Car Montpellier Danse veut aussi être un lieu de débats, de circulation des idées et de rencontres entre artistes, professionnels et spectateurs.
Une couverture internationale
Les chiffres confirment la bonne santé de cette édition. Le festival affiche 91 % de taux de remplissage, avec 27 000 places vendues. À cela s’ajoute une fréquentation importante des propositions gratuites : 10 200 spectateurs ont assisté à 20 événements gratuits dans l’espace public.
La programmation, elle aussi, témoigne d’un équilibre entre fidélité et renouvellement. Le festival a accueilli 39 compagnies pour 36 spectacles, dont 38 % de compagnies régionales. Fait notable, 52 % des compagnies invitées étaient programmées pour la première fois.
Autre signe d’ouverture, les espaces de convivialité et les propositions participatives ont trouvé leur public. Plus de 1 000 personnes ont fréquenté le nouveau Bar de l’Agora, tandis que 5 000 personnes étaient attendues place de l’Europe pour le spectacle participatif de MazelFreten. Le prélude a lui aussi donné une couleur particulière à cette édition, entre création mondiale, symposium universitaire international, rencontre nationale d’amateurs et workshop avec Hofesh Shechter.
La dimension professionnelle s’est nettement affirmée. Montpellier Danse a accueilli 430 professionnels, soit une fréquentation en très forte hausse, avec 84 internationaux issus de 22 pays. Des délégations de programmateurs canadiens et américains étaient présentes, illustrant l’attractivité du festival bien au-delà du territoire national. Cette édition confirme ainsi la place de Montpellier Danse dans les réseaux de circulation artistique et de coopération internationale.
La presse a également largement suivi le festival. 122 journalistes étaient présents à Montpellier, soit une hausse de 33 %, parmi lesquels 24 journalistes internationaux venus de 11 pays. 64 médias étaient représentés, du New York Times au Guardian, en passant par Haaretz, El Diario ou Le Soir.
Cap sur 2027 : Zoé Lakhnati et Sandrine Lescourant en artistes associées
Au-delà des chiffres, cette conférence de bilan a aussi laissé place à l’émotion. Hofesh Shechter est revenu sur les représentations de sa création The Brain en évoquant le caractère émouvant de présenter cette œuvre « à la maison ».
Jann, de son côté, a décrit cette édition comme une étape symbolique pour la codirection : l’aboutissement d’un travail mené dans un temps resserré, mais aussi un moment d’intersection précieux entre héritage et avenir. Dans ses mots affleure l’idée d’un festival traversé par la mémoire, tout en étant résolument tendu vers le futur, où la question de la jeunesse et de la formation apparaît comme un axe de développement important. C’est précisément sur ce point que Dominique a rebondi, en évoquant Boost. Le programme est ouvert aux autodidactes de la danse, âgés de 18 à 25 ans.
Enfin, quelques perspectives ont été esquissées pour Montpellier Danse 2027, avec la présence annoncée d’Esther Salomon et des artistes associées comme Zoé Lakhnati ainsi que Sandrine Lescourant. Autant de noms qui laissent entrevoir une prochaine édition attentive à la diversité des écritures et à la continuité du travail engagé.
Cette 46e édition apparaît ainsi comme un moment de passage réussi : un festival fidèle à sa structure, mais élargi dans ses formes ; attaché à son histoire, mais déjà projeté vers demain ; solide dans ses résultats de fréquentation, et plus visible que jamais auprès des professionnels, des médias et du public.
Et en ces temps troubles, nous ne pouvons que nous en réjouir.
Laurent Bourbousson