VU #OFF18 : Mais comme elle ne pourrissait pas... Blanche-Neige

VU #OFF18 : Mais comme elle ne pourrissait pas… Blanche-Neige

28 juillet 2018 /// OFF - VU #OFF

Claudia Lapisardi et Madalen Larvor présentent Mais comme elle ne pourrissait pas… Blanche-Neige d’Angélica Liddell. Une descente aux enfers suite à la prise d’otages de Beslan du 1er septembre 2004. Retour.

Pour la petite histoire, Claudia Lapisardi et Madalen Larvor se sont rencontrées au Cours Florent et une forte amité est née. Après avoir découvert ce texte, il était évident, pour toutes deux, d’en faire leur première création. Leur compagnie s’appelle Au temps pour moi.

Le texte d’Angélica Liddell

Il y a d’un côté le texte très fort d’Angélica Liddell construit comme un conte. En 8 scènes, on assiste aux pensées non pas d’un prince charmant mais d’un soldat et de Blanche-Neige qui, à défaut de dormir dans un cercueil de verre, erre dans un monde où elle demande « Qu’avez-vous fait de ma bonté ? » .
Revenant sur la prise d’otages dans l’école numéro 1 de Beslan par des terroristes séparatistes tchétchènes, ce texte révèle toute la cruauté dont est capable l’humain, et seule Angélica Liddell arrive à l’écrire et à la décrire. Les victimes sont des enfants devenant ainsi à leur tour des tortionnaires.

Une première mise en scène

Claudia Lapisardi et Madalen Larvor campent les personnages de cette tragédie de notre inhumaine humanité. Il s’agit ici de leur première mise en scène. Si le décor est apocalyptique, les pommes rouges nous ramènent à l’esprit du conte. Elles construisent de belles images (notamment celle d’un autel pour se recueillir en mémoire des défunts) mais peine, à certains moments, à dépasser les réflexes de travail acquis lors de leur trois années dans la célèbre école.
Le jeu de Claudia Lapisardi est à saluer. Il est juste, sans tomber dans une surenchère, ce que ne demande le texte. Madalen Larvor livre sa partition avec générosité, mais avec une justesse qui parfois lui échappe. Cependant, cette proposition est honnête et en ce sens, on ne peut qu’être bienveillant pour leurs futurs projets.

Les deux jeunes comédiennes signent ainsi leur début dans le monde du théâtre, avec un texte engagé, et c’est avec une forte curiosité que l’on attend la suite.

Laurent Bourbousson

Mais comme elle ne pourrissait pas… Blanche-Neige d’Angélica Liddell, jusqu’au 29 juillet, à 15h, au Théâtre des Amants.
Mise en scène et interprétation Claudia Lapisardi, Madalen Larvor

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