[VU] Le CCN d’Italie Aterballetto en 3 actes

15 avril 2026 /// Les retours
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La venue du CCN Aterballetto était plus qu’attendue au Théâtre des Salins (Martigues) par les amatrices et amateurs de danse. En 3 actes, les interprètes de la compagnie de Gigi Cristoforetti, fondée en 1977, ont fait la démonstration de leur savoir-faire en exécution. Une soirée qui est allée crescendo dans laquelle on se replonge.

Le programme s’ouvre donc sur Rhapsody in Blue, l’œuvre de George Ghershwin. Sur une chorégraphie de Iratxe Ansa et Igor Bacovich, duo de chorégraphes basés à Madrid, les interprètes s’élancent dans une variation tenue qui appelle à une joie de vivre et à une certaine légèreté. Les ensembles sont enlevés et manquent parfois de cohésion sans toutefois altérer la sensation que l’on peut ressentir devant les plus grandes comédies musicales. On peut penser à West Side Story sans hésitation. Les costumes de Fabio Cherstich donnent à cette création de 2024 un goût suranné appréciable. Le morceau de Bessie Jones, Begin’ The Blues, s’accouple à merveille à la musique de Ghershwin, tout comme la lumière d’Eric Soyer, qui donne un véritable sens dramaturgique à la pièce.

La pièce Solo Echo que l’on doit à la chorégraphe canadienne Crystal Pite, transmise à Aterballetto, est fascinante et captivante. Elle apporte une autre vision et une autre énergie que l’on a pu se faire du groupe d’interprètes. Sur deux sonates pour violoncelle et piano de Johannes Brahms, Solo Echo plonge le public au cœur de l’hiver lorsque les corps entrent en lutte. La chorégraphie de Crystal Pite fait jaillir l’émotion et donne aux danseurs une partition dansée au cordeau sur l’amour, la perte et l’abandon de soi pour continuer d’avancer. Le mouvement est précis et tend vers l’immobilisme sans aller jusqu’au point de rupture. La lumière de Tom Visser caresse les corps dansants et les accompagne dans une pièce à la maîtrise parfaite. Une belle interprétation.

La soirée se termine sur Glory Hall, pièce tel « un rite extatique où sensualité et spiritualité profane s’entrelacent » comme le public peut le lire dans la feuille de salle. Créée par le chorégraphe italien Diego Tortelli, la pièce est un exutoire pour les corps. Les musiques électros d’Oneohtrix Point Never, de Black Emperor ou encore de Godspeed You! viennent attiser les envies les plus débridées. Les mouvements maîtrisés en appellent aux lâchers-prises pour des danses sensuelles. Les corps, véritables bombes d’énergie de désir, muent, se réinventent et se régénèrent au fur et à mesure de la pièce. La lumière de Matthias Singer tout en clair obscur vient attiser cette énergie. On devine le sourire du chorégraphe quand au choix du titre et on ne peut qu’aimer. Une mention spéciale aux costumes de Sportmax est à souligner.

Laurent Bourbousson
Crédit photo : ©Christophe Bernard

Le porgramme Rhapsody in Blue / Solo Echo / Glory Hall a été vu le 18 mars 2026 au Théâtre des Salins (Martigues)

Générique

Rhapsody in Blue / Chorégraphie : Iratxe Ansa et Igor Bacovich – Musique : George Gershwin, Bessie Jones – Création en février 2024 – Durée : 25min
Solo Echo / Chorégraphie : Crystal Pite – Musique : Johannes Brahms – Reprise pour Aterballetto en février 2025 – Durée : 20min
Glory Hall / Chorégraphie : Diego Tortelli – Musique : Godspeed You! Black Emperor, Oneohtrix Point Never – Création en février 2025 – Durée : 30min

Site du CCN : https://www.fndaterballetto.it/

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