[ITW] Guilaine Dileva pour L’Autre Festival qui ouvre les livres

10 février 2019 /// Les interviews

Le premier festival de livres, qui se tiendra à Avignon du 14 au 17 février, va rassembler quelques 150 auteurs, comédiens éditeurs et journalistes, pour une centaine d’événements. Rencontre avec Guilaine Dileva, directrice de L’autre Festival qui ouvre les livres.

L’Autre Festival

Comment vous est venue l’idée de créer ce festival ?
Je suis en charge des relations publiques auprès d’Avignon destination Hôtels. Dans notre événementiel, nous avons eu un désistement et après réflexion, j’ai proposé un festival du livre. L’idée a séduit et nous nous sommes lancés sur ce projet comme ça.

Est-ce que vous vous doutiez à ce moment-là de l’engouement que ce festival allait provoquer auprès des auteurs ?
Nous avions l’idée d’inviter 60 auteurs et l’on trouvait que cela était déjà beaucoup. [rires.] Il est vrai qu’à l’arrivée, le projet en a séduit beaucoup plus. Nous les accueillons tous grâce à Mme Panattoni, propriétaire d’Avignon destination Hôtels et Avignon destination culture, l’association qui soutient L’autre Festival.

Comment expliquez-vous que ce nombre ait été multiplié par 3 !
En juillet, lors du Festival d’Avignon, Dominique Lhotte, l’attachée de presse du festival, m’a présentée des auteurs qui ont souhaité participer à ce premier festival. Eux-mêmes en ont parlé à d’autres, et ça a fait effet boule de neige. Tout s’est monté dans la fluidité. Peut-être que cela est dû que dans ce festival l’écriture et le livre sont mis en avant, tout simplement. Et nous sommes très heureux d’avoir Gérard Gélas comme parrain pour cette première édition.

Un festival ouvert à tous

Dans votre édito, on peut lire ceci « ce projet a pour but de réintégrer l’écriture et la lecture dans la société actuelle« . Que faut-il comprendre ?
Cela est sur un plan plus personnel. J’ai perdu une de mes filles, qui était handicapée moteur, en 2014. 9 mois après son décès, j’ai commencé à écrire, sans réfléchir… peut-être par peur d’oublier. Une amie a lu mon écrit et m’a demandé si elle pouvait le faire lire à d’autres personnes, pour avoir un retour. La grisaille de nos jours, son titre, n’est pas édité mais on le trouve sur Amazon. Je me suis rendu compte que l’écriture m’avait sauvée. Même si cette blessure est là à vie, je pense que cet écrit a aidé sa sœur jumelle à surmonter, également, cette perte immense.
Le livre peut être salvateur pour des enfants, des adultes, des adolescents. Il y a également le besoin de transmettre avec l’écriture. Écrire une lettre est souvent anodin, mais la conserver, y mettre son ressenti, puis la relire, permet de guérir certaines blessures ou états d’âme.

L’accès du festival en direction des personnes en situation de handicap relève de l’engagement pour vous. Il est très important.
Oui, et je mets un point d’honneur à inviter toutes les personnes en situation de handicap, et quelque soit leur handicap, à Novotel Avignon Centre pour découvrir ce festival. Il faut montrer à la société, aux politiques, que lorsque l’on veut inclure les personnes, on peut. Le handicap ne doit pas être un frein pour l’accès à la culture.

Votre programmation offre également une large place aux enfants, notamment avec des ateliers.
Oui, car l’écriture est au centre de ce festival. Sans écriture, rien n’existerait. Elle est essentielle. Il est vrai que les enfants sont très tôt connectés et j’ai la sensation que l’écriture et le fait de se faire soi-même sa propre opinion se perdent.
Pour moi, l’important est que les personnes, qui participeront, comprennent que les romans véhiculent des idées et permettent la compréhension d’événements… Je souhaite vivement mettre l’écriture au centre de nos réflexions.  
Les enfants pourront découvrir le spectacle de Bernard Sorbier, Je suis un enfant géant, le vendredi 15 février, au matin, au Novotel Avignon Centre.

Il faut souligner que tous les ateliers et lectures sont en entrée libre et gratuite.
On a souhaité créé un festival ouvert à tous, aux enfants, aux associations. On exposera des travaux des enfants de l’école Louis Gros, durant le Festival. On veut démontrer que, même si le Novotel centre est un 4 étoiles, il n’y a pas de barrière. Tout le monde est en droit de venir. Et oui, toutes les entrées sont gratuites.

Avec la mise en place du festival, vous dépassez les missions premières d’un hôtel.
Oui, on dépasse tout !

Le programme

Vous allez jouer sur la frustration du public avec votre programme.
Ce n’est pas voulu, mais c’est tout à fait ça. J’ai monté ce programme un peu comme le festival d’Avignon, avec ses lieux et ses horaires. Après, il faudra choisir. Je trouve que ce festival ressemble à Avignon, engagé et populaire.  
Dans la programmation, on retrouve Olivia de Lamberterie, une personne importante dans le milieux littéraire, aux côtés de Florian Bertaud, qui s’est auto-édité.
Le public pourra voir également Darina Al Joundi, Gilles Crépin, Colette Roumanoff pour la Fondation pour la Recherche sur Alzheimer, Nathalie Abrioli, Catherine Arditti, Gérard Gélas, une conférence de Thierry Beccaro sur la maltraitance. Il y a aura des débats, notamment un intergénérationnel…

Vous proposez également 3 soirées exceptionnelles.  
La force du festival, en journée, est sa gratuité. Ensuite, nous proposons 3 soirées exceptionnelles. Chaque soirée se fera en présence des auteurs. Ce sera l’occasion de les croiser, en toute simplicité.  
La première se passera dans la Salle du tinel au Palais des papes. La seconde sera la Soirée du terroir au Mercure avignon, durant laquelle Bernard Sorbier fera une lecture théâtralisée de son livre Des mots dans mon vin. Nous terminerons avec la Soirée de Gala qui regroupera 11 disciples d’Escoffier.
Il y a également les déjeuners et les goûters au Novotel centre et Mercure Pont d’Avignon, durant les 3 jours de L’Autre Festival.

Est ce que vous pensez déjà à la seconde édition ?
J’y pensais déjà cet été. [rires.]

On a noté dans notre agenda : la lecture d’Adieu, Alexis de Louise Caron par Sophie Millon (le 15/02 à 16h au Novotel Centre), Adrien Bosc (le 15 à 15h30 au Palais des Papes), Le jour où Nina Simone a cessé de chanter de et par Darina Al Joundi (le 16 à 14h au Novotel centre), la lecture de Mireille de Frédéric Mistral par Gérard Gélas (le 16 à 16h au théâtre du Chêne Noir), la table ronde Les mots au cinéma (le 16 à 15h30 au Palais des Papes), la lecture de L’Arlésienne d’Alphonse Daudet par Daniel Mesguisch (le 17 à 17h au Palais des Papes)… À vous de faire votre programme (vous pouvez télécharger le programme en bas de la page)…

Propos recueillis par Laurent Bourbousson
L’Autre Festival qui ouvre les livres, du 14 au 17 février 2019. Renseignements : page Facebook du festival : ici