[ITW] Isabelle Martin-Bridot : faire du festival Les Hivernales un lieu de fête
Hier, a débuté la 48e édition du festival de danse Les Hivernales à Avignon et dans les communes partenaires. Dans un environnement plombant l’ambiance, Isabelle Martin-Bridot, directrice du CDCN Les Hivernales, et son équipe entendent faire de cette édition un moment de partage et de fête, « même si certains spectacles portent des sujets difficiles et douloureux, politiques et engagés. » Interview.
À l’heure où paraissent ces lignes, le festival tant attendu de danse Les Hivernales a bel et bien débuté avec l’édition des HiverÔmomes, préambule pour le tout public au festival pour les plus grands. C’est dans la salle de l’Auditorium du Thor que les enfants scolarisés dans les écoles alentours ont assisté au spectacle L’Amoureux de Madame Muscle de Michel Kelemenis. Il faut dire que le festival Les Hivernales, porté par le CDCN du même nom, irradie sur les communes et structures voisines.
Pour cette édition des Hiverômomes, la programmation est « musclée » dirons-nous. Les enfants auront la chance de découvrir le travail de Sylvain Huc avec Le Petit Chaperon Rouge (le 4 février en séance tout public au CDCN Les Hivernales), « pièce incroyable pour les adultes également » souligne Isabelle Martin-Bridot ; celui de Christine Fricker avec Little Cailloux (le 8 février en séance tout public au Totem – Maison pour tous Monclar) mais également Euphoria de Caroline Breton (10/02) que nous attendons, particulièrement, avec une certaine envie (voir l’interview de la chorégraphe ici). Ce spectacle donné au CDCN Les Hivernales sera le point d’entrée dans le programme réjouissant de cette 48e édition.
Explorer les danses
Avec cette nouvelle édtion du festival Les Hivernales, c’est une exploration des danses qui est proposée au public. Si performances, déambulations et créations se succéderont dès le 10 février, elles seront également au rendez-vous avec la carte blanche donnée à Massimo Fusco et sa constellation d’artistes, carte blanche venant clore les 3 annnées pour l’artiste associé. Fabien Almakiewicz, Flora Détraz, Nans Pierson et Doria Bélanger se succèderont et ce sera l’occasion de voir la création de cette dernière, Nuit interieure (19/02) dont nous avions vu une sortie de résidence en 2024. « Ici, nous serons en mode immersif avec une vidéo très présente. Doria sera au cœur du dispositif. Placé tout autour, le public sera tantôt voyeur, tantôt spectateur. Il sera question du corps des femmes » nous commente Isabelle. « Puis, Massimo présentera en clôture de festival son Bal magnétique et un DJ set avec Gérald Kurdian » (21/02) ce qui nous réjouit au plus haut point.
Erika Zueneli, Julien Andujar, Marina Otero, Madeleine Fournier…
Parmi nos attentes, Erika Zueneli viendra présenter Le Margherite (18/02) après son passage au festival Faits d’Hiver (Paris). « Elle a mis en jeu toute une jeune génération de performeurs, de comédiens, de danseurs qui sont incroyables. Il y a une énergie dans l’écriture qui est hyper communicative. Il y a quelque chose qui se passe entre le public et eux » nous conte Isabelle. On notera que la chorégraphe belge a reçu en 2023, le Prix Maeterlinck Meilleur Spectacle pour LANDFALL.
La bombe Marina Otero pour Kill Me (13/02), pièce sulfureuse, « est importante » à ses yeux. Il faudra se rendre à La Garance (Cavaillon) pour la découvrir.
Si nous nous réjouissons de croiser la Tatiana de Julien Andujar (21/02), que nous avions râté lors du dernier Festival Uzès Danse, cette pièce semble avoir émue la directrice du CDCN. « J’ai été complètement bouleversée par ce garçon. Il est à la fois performeur, comédien, danseur. Je crois qu’il sait tout faire. Il fait des spectacles depuis qu’il est tout jeune, et on va dire, qu’il a ça dans la peau. Pour Tatiana, il fait un one man show au plateau. L’histoire peut sembler difficile au départ. Sa sœurTatiana fait partie d’un groupe de jeunes femmes disparues en 1995 à Perpignan dont on n’a jamais retrouvé le corps. Si on peut s’attendre à quelque chose d’un peu douloureux, d’un peu difficile, il transcende complètement cette histoire pour en faire un hommage lumineux. C’est parfois triste, parce qu’il arrive à nous faire pleurer, mais la seconde qui suit, il se reprend et là, on rit aux éclats. Cette pièce ne ressemble en rien à ce que j’ai vu jusqu’à présent. Elle est complètement nouvelle dans sa forme. » On retrouvera le danseur, chorégraphe et auteur au travail du coté des Hivernales pour son prochain projet, Marc, dans lequel il dialogue avec son frère disparu. À suivre.
Si on devait vous orienter, on noterait Madeleine Fournier avec Branle, « une artiste importante qui travaille sur la question du vocabulaire et de la danse traditionnelle depuis plusieurs années » souligne Isabelle. « Elle avait fait un premier solo qui s’appelait Labourer.Pour Branle, forme plus grande puisqu’ils sont 8 au plateau (6 danseur·euses et 2 musicien·nes ndlr), Madeleine déconstruit et remet au goût du jour le branle, une danse ancienne et traditionnelle. Elle en fait vraiment quelque chose de très différent notamment sur la question des affects et des émotions. Il y a quelque chose de très humoristique et de très drôle dans cette pièce. C’est une pièce un peu à part qui est à découvrir« .
On notera également la venue de Vânia Vaneau avec Heliosfera (17/02) et de Nacim Battou avec Notre dernière nuit (20/02) du côté de L’Autre Scène à Vedène que nous avons hâte de découvrir également. Cette pièce sera de retour cet été, dans le cadre de On (y) danse aussi l’été ! 2026 durant le Festival d’Avignon.
Des stages comme il se doit
Sans ses stages, les Hivernales ne seraient pas ce qu’elles sont, un festival de partage et de pratiques. Ils vont donc se succèder du 7 au 21 février et permettre aux pratiquant·es de tous niveaux d’épouver la danse. Parents et enfants pourront participer ensemble à un atelier, Nacim Battou proposera une exploration du mouvement, Rosa et Daniel Fusco vous entraîneront dans un atelier pour découvrir le tango et le chachacha… (tous les stages ici)
Jusqu’au 21 février, la danse se vit et se ressent du côté des Hivernales. Elle est une invitation à la fête, celle des émotions, des partages et des pulsations. Alors VIVONS !
Laurent Bourbousson
Crédit photo : Bal magnétique de Massimo Fusco ©Thomas Bohl
Tout le programme du Festival Les Hivernales sur le site hivernales-avignon.com