[VU] Avec ENSO – Boléro, Mickaël Le Mer calligraphie la métaphysique du cercle

4 décembre 2025 /// Les retours
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Dans sa nouvelle création, Mickaël Le Mer combine la spiritualité à travers l’ensō, figure du cercle zen, au « Boléro » de Ravel. Il fait appel à des imaginaires déconnectés de nos mondes.

Chez Mickaël Le Mer, les mains ont la parole

Ce sont sous des spots leds que des mains apparaissent. Elles dessinent dans l’espace des cercles à l’infini, des pleins et déliés d’un manuscrit en train de se faire. L’atmosphère plonge le public dans une attention particulière et dans un univers proche de la science-fiction. De ces mains, on imagine alors une matière, celle de l’être humain que l’on façonne, depuis le centre de la terre.
Le rond, puisqu’il en est question ici tout le long de la pièce, prendra différentes illustrations que ce soit par le corps ou par l’étrange ballet fascinant des spots, interprètes de ce ENSO – Boléro.
Mais pour l’instant, l’œil est dirigé dans un cadre restreint laissant apparaître au fur et à mesure les corps en mouvement.

Une danse à l’énergie douce

La lumière blanche éclaire enfin les 9 interprètes d’ENSO – Boléro. Elle aggrandit l’espace où chacun va parfaire la figure du cercle. L’écriture des mouvements, de lente à rapide, laisse voir la maîtrise du geste et tous apportent une vibration particulière à l’exercice. Les figures hip-hop sont au rendez-vous dans cette célébration de la vie et de l’unité retrouvée. Ces cercles explorent la matrice dans laquelle nous avons des rôles à jouer. Ils se font et se défont sur la musique de David Charrier, sont hypnotiques et donnent à voir les forces internes qui régissent chacun d’eux.
Aux 9 interprètes s’ajoutent bientôt un autre ballet, celui des spots leds, à la véritable écriture chorégraphique.

Des ballets organiques et mécaniques

ENSO – Boléro s’achève sur la musique du « Boléro » de Ravel dont le chorégraphe a un souvenir mémorable depuis sa plus tendre enfance quand il découvre la dernière scène du film de Claude Lelouch, « Les Uns et les Autres« . Il en propose ainsi une nouvelle version faite d’humains et de machines, dans laquelle l’organique et le mécanique sont créateurs d’émotions. Les cercles se dessinent à profusion et deviennent les cérémoniels de croyances profanes.

Proposition sincère qui se doit d’être ajustée, on devine la richesse et la grandeur de la dernière pièce de Mickaël Le Mer. ENSO – Boléro est une invitation à la spiritualité, à faire un pas de côté afin de voir le monde autrement. Une aubaine lumineuse en ces temps sombres.

Laurent Bourbousson
Crédit photo :

ENSO – Boléro a été vu au Festival de Danse de Cannes, le dimanche 30 novembre. À découvrir en tournée – dates ICI

Générique

CHORÉGRAPHIE Mickaël Le Mer / CRÉATION LUMIÈRE/REGARD EXTÉRIEUR Nicolas Tallec / DANSEURS INTERPRÈTES Evan Diguet, Fanny Mansot, Vanessa Petit, Ojan Sadat Kyaee, Bastien Roux, Tengis Jambaatsadmid, Chloé Wanner, Emma Rouaix et Guillaume Joly / COMPOSITION ORIGINALE David Charrier et « Le boléro » de Maurice Ravel / SCÉNOGRAPHIE Guillaume Cousin / COSTUMES Elodie Gaillard

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