[VU] Avec Je badine…, le chorégraphe Sylvain Riéjou questionne l’hétéronormativité

30 mars 2024 /// Les retours
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Sylvain Riéjou présentait le spectacle Je badine avec l’amour à Klap Maison pour la danse, dans le cadre du festival + de genres. Quand humour et questionnement sociétal font bon ménage sur un plateau. Retour.

Posons tout de suite un fait : la proposition de Sylvain Riéjou est une réussite. Les axes de recherche et de réflexion du chorégraphe sont multiples et autant de portes d’entrée dans cette pièce. L’humour sous-tend l’ensemble des axes de recherche du chorégraphe. Les points de vue, les mises en situations, le questionnement incessant sur l’acte créatif avec en filigrane la place du consentement ainsi que la question de genres et d’identité font partie de ce bel objet chorégraphique. Car oui, il est question de chorégraphies dans le spectacle, mais également de théâtre, d’Air movie pourrait-on dire lorsque les interprètes jouent la fameuse scène de Dirty Dancing entre Bébé et Johnny Castel. Le chorégraphe amène un nouveau regard sur l’hétéronormativité qui règne sur notre société.

En juillet dernier, lors de la présentation du premier chapitre dans le cadre de La Belle Scène Saint-Denis, à Avignon, nous écrivions ceci : « Le public croisera dans cette pièce dont le sujet est l’amour, un solo, un duo, un trio, un quatuor, Sophie Marceau, Bébé et Johnny échappés de Dirty Dancing, le douloureux processus de création de ce spectacle et bien d’autres choses. Les moments savoureux sont nombreux (on pense à Roland Petit, aux parcours des danseurs (coucou à ex.e.r.ce)…) et on ne peut tous les citer !
Je badine avec l’amour s’avère d’ores et déjà d’une vivacité à l’humour aiguisé. On a hâte de voir la suite. »

Je badine, une ode à la liberté d’être

Et nous n’avons pas été déçus ! En effet, bien plus profond qu’il n’y paraît, Je badine avec l’amour est un puzzle géant dont les pièces s’assemblent au fur et à mesure. Les scènes et les tableaux, qui sont drôles et savoureux, se répondent dans une forme de contrepoint et de va-et-vient incessants, que l’on soit homme, femme, trans, gay, hétéro, bisexuel ou pansexuel, non binaire… Le chorégraphe questionne depuis sa place, l’hétéronormativité dans laquelle la société est enfermée.

En effet, c’est un schéma de représentation qui prévaut malgré nous et qui nous échappe. Cette pièce est une ode à l’ouverture, à se libérer de nos représentativités restrictives et à laisser advenir l’autre dans toutes ses dimensions. Il est alors réjouissant de sortir de la salle avec le sourire aux lèvres et de poursuivre le questionnement du chorégraphe sur notre rapport à nos perceptions du genre.

Sylvain Riéjou entouré d’Émilie Cornillot, Julien Gallée-Ferré et Clémence Galliard, offre au public un vent de liberté. Chacun·e depuis sa place tente de faire progresser notre réflexion sur le sujet. Et c’est plus que réussi.

Laurent Bourbousson
Crédit photo : ©Jef Rabillon

Générique

Conception Sylvain Riéjou | Création et interprétation Julien Gallée-Ferré, Clémence Galliard, Émilie Cornillot et Sylvain Riéjou | Créateur sonore Emile Denize | Lumières et régie générale Sébastien Marc |
Production, développement Marion Valentine et Charles Eric Besnier – Bora Bora productions

Remerciements pour leur regard complice Joachim Maudet et Tatiana Julien

Production : Association Cliché (Le Mans)
Coproducteurs : Le Triangle Cité de la danse (Rennes) ; le Centre National de Danse Contemporaine (Angers), Le Carreau du Temple (Paris) ; TU-Nantes – scène conventionnée pour la jeune création ; Bora Bora productions ; les Rencontres chorégraphiques internationales de Seine-Saint-Denis ; Pôle Sud – CDCN (Strasbourg) ; L’Entracte, scène conventionnée (Sablé sur Sarthe), Charleroi danse (Belgique)

Accueil en résidence : Micadanses (Paris) ; Centre National de la Danse (Pantin) ; Espace Francine Lancelot Cie l’Éventail (Sablé sur Sarthe), Espace Pierre Cardin – Théâtre de la Ville (Paris), le Pavillon (Romainville), La Briqueterie CDCN du Val de Marne (Vitry-sur-Seine)

Extrait du spectacle programmé dans le cadre de La Belle scène Saint-Denis 2023, par le Théâtre Louis Aragon, scène conventionnée d’intérêt national, Art et création – danse à Tremblay-en-France

Avec l’aide du Plan France Relance / DRAC des Pays de la Loire et l’aide à la maquette de la Région des Pays de la Loire, et de l’aide à la création de la Ville du Mans.

Avec le soutien financier du mécénat de la Caisse des Dépôts.

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