[VU] Léonie Pernet sublime ses Poèmes Pulvérisés en concert

16 novembre 2025 /// Les retours
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Parmi le public, venu nombreux assister au concert de Léonie Pernet, on perçoit celles et ceux qui connaissent déjà l’artiste et celles et ceux pour qui l’idée d’un concert le samedi soir a séduit. Chez Ouvert aux publics, nous faisons partie des premiers et il est vrai que c’est avec une certaine fébrilité que je prends place sur mon siège.

En faisant simple, Léonie Pernet est une multi-instrumentiste de talent, une chanteuse qui sonde les âmes et les territoires dans son troisième album « Poèmes Pulvérisés ». Avant ce dernier opus, il y a eu « Crave » (2018) et « Le Cirque de Consolation » (2021), tous deux salués par la critique. Mais si vous n’avez pas écouté l’un de ces albums, vous avez déjà entendu du Léonie Pernet puisqu’elle a composé bon nombre de musiques de séries (dernièrement celle de la série Culte : 2Be3 sur AmazonPrime) ou de films (Magma de Cyprien Vial pour ne citer que ce dernier), à moins que ce ne soit encore en tant que batteuse pour le DJ Yuksek. Voilà pour les présentations.

Poèmes Pulvérisés, 1h30 de concert électro poétique

La lumière se baisse enfin dans la salle. Quelques cris se font entendre comme pour donner le top départ. C’est tout naturellement avec « Brûler pour briller« , le titre d’ouverture de l’album « Poèmes Pulvérisés », que débute le concert. Dans un noir le plus profond, la voix de Louise Chevillotte résonne tel un manifeste et l’on retient de ce titre les mots suivants : « Les hommes d’aujourd’hui, l’instinct affaibli / Perdent, tout en se gardant vivants / Jusqu’à la poussière de leurs noms« . Le ton est donné.

L’entrée de la chanteuse et de ses musiciens Jean-Sylvain Le Gouic, fidèle compagnon à qui l’on doit tous les arrangements des titres qui seront joués ce soir, et Yovan Girard, violoniste de talent, se fait sur l’outro. « Les rênes« , le titre suivant poursuit dans cette lancée. Les nappes électros couplées aux notes du violon et du synthé donnent un côté sacré à ce concert, tel une communion.

Le titre « Paris-Brazaville » est l’étincelle qui fait bouger les têtes avant que le titre « Touareg » n’électrise totalement le public. Léonie Pernet l’invite à se lever et c’est d’un seul corps que toutes et tous sont debouts. Le public goûte ainsi à la musique de l’artiste et fait corps avec les percussions.

La chanson d’amour « À rebours » de son second album redonne un calme certain au concert, avant que « Nymphéas » ne vienne recentrer le public sur l’univers de « Poèmes Pulvérisés ». Léonie Pernet prend place derrière le synthé avec Jean-Sylvain Le Gouic. La voix de sa grand-mère disparue résonne, les notes l’accompagnent et le chant offre un des beaux moments de ce concert. Il est un temps suspendu où l’on prend le temps d’écouter les paroles de ce titre « Au cœur de l′hiver j′ai marché parmi les miens / J’ai confié au désert un murmure orphelin / J′ai confié au désert mon plus beau chagrin. » Les titres « Je suis un souvenir » et « L’horizon ose » sont une suite parfaite et logique.

L’arrangement du titre « Le pas de l’au-delà » est à souligner et c’est de nouveau debout que le public accueille la poésie chantée : « Seras-tu là / Où je vais t’attendre ? / Ici-bas ou dans l’au-delà ? / Serais-je prêt ? / Qui peut m’apprendre / Le pas de l’au-delà ?« . Pour les deux derniers titres, avant rappel, la scène se transforme en club électro avec « Butterfly« , extrait de l’album « Crave », et « Les chants de Malador« , de l’opus « Le Cirque des Consolations », version hallucinante en live avec une Léonie Pernet électrisante à la darbouka.

Moment intense et politique pour une prière profane

Le public conquis en redemande. Pour le premier titre de rappel, Léonie Pernet prend place, seule, derrière la batterie. La frappe est forte sur le titre « Dispak Dispac’h », le plus politique frontalement du set dont les mots captés dans des manifestations de travailleurs sans papier, sont copieusement applaudis. En guise de second titre « Acid Niger » invite à la transe. En guise de conclusion, la chanteuse invite le public à faire corps autour d’elle pour une prière profane, celle de « Réparer le monde » : « Est-ce qu’il nous incombe / De réparer un peu le monde / Qu’est-ce qui au fond nous empêche » . Les mots sont une invitation à prendre en main les moyens pour panser les plaies d’un quotidien qui nous échappe pour le futur soit nôtre.

Léonie Pernet et ses musiciens font de ce concert un moment intense, poétique, électrisant et politique à l’énergie mesurée pour mieux nous préparer à nos demains incertains. Le passage à la scène de l’opus est une véritable réussite, tout comme le sont les lumières qui viennent habiller les titres chantés.

Laurent Bourbousson
Crédit photo : ©Ouvert aux publics

Léonie Pernet en concert a été vu à La Garance – Scène nationale de Cavaillon le samedi 15 novembre 2025. Dates à suivre : ICI


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