[ITW] Gregory Grosjean pour Du bout des doigts

17 mars 2025 /// Les interviews
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Comment est née l’idée de cette « initiation » à la danse à travers des danses de mains et de la vidéo ?
Avec Gabriella Iacono, nous nous sommes détachés du collectif Kiss and Cry (ndlr Anne Michèle De Mey et Jaco Van Dormael) pour créer ce spectacle sur l’histoire de la danse. Nous avons déjà réalisé une danse des doigts sur le Boléro de Ravel par Béjart dans un décor miniature. Nous avons eu envie de proposer une vulgarisation positive de la danse contemporaine qui est très codifiée. La danse des doigts et le cinéma permettent de toucher des publics non avertis : il y a l’idée de la main marionnette, de l’écran miniature et d’autres aspects qui permettent cette ouverture. Mais notre intention première était de s’amuser.

Quel est le rôle de chacun.e dans la réalisation du spectacle ?
On signe ensemble le spectacle, toutes les danses et les chorégraphies. On a établi l’idée de contextualiser les pièces originales dans leur environnement historique car cela nous paraissait très important. On passe par exemple de la danse marathon après la crise de 29 à Trisha Brown après la guerre du Vietnam, une manière d’apporter des liens dans l’émergence des mouvements chorégraphiques. J’ai personnellement passé beaucoup de temps dans la réalisation du décor. C’est un travail très artisanal.

Le choix des pièces est colossal, comment avez-vous procédé ?
La sélection a été faite par affinités. On s’est fait plaisir avec des danses que l’on a rêvé de danser : Le Boléro, le Lindy Hop ou Anne Teresa… Après, c’était la possibilité de les transposer à l’échelle de la main. On a sélectionné un panel représentatif de la diversité, des œuvres qui rebondissent les unes les autres, avec des rythmes, des musiques et des couleurs différents. 

Quand on regarde Du bout des doigt, on pense à Les Petits pains de Chaplin ou à C’était bien (au petit bal perdu) de Decouflé. Que représentent pour vous les mains ? 
Pour nous les mains sont universelles, c’est l’extension d’une marionnette de chair et d’os  mais sans tête, ni sexe ni bras. Cela peut être tout le monde.  Dans la main il y a un rapport très régressif, comme un jouet d’enfant. Quand elle est filmée et qu’on la coupe à l’échelle il y a quelques chose de direct qui se passe, un émerveillement possible. On ne travaille pas seulement avec la main, ce qui nous intéresse c’est le personnage qu’il y a dedans. Au bout d’un moment le spectateur voit par anthropomorphisme un personnage car on va chercher l’expressivité de la main autrement que comme une finition du mouvement du danseur. Chez nous elle est l’objet. 

Propos receuillis par Marie Godefrin-Guidicelli
Crédit photo : Gabriella Iacono et Gregory Grosjean© Julien Lambert

Générique

Chorégraphie et interprétation Gabriella Iacono, Gregory Grosjean / Images Julien Lambert / Lumières Julien Lambert et Pierre de Wurstemberger / Son Theo Jegat / Régie vidéo Denis Strykowski / Décor Grégory Grosjean, Stefano Serra / Responsable technique Denis Strykowski / Production diffusion madebyhands

Du bout des doigts, à voir mardi 18 mars à Théâtres en Dracénie
Lire le retour sur Du bout des doigts ICI

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